Une autre tactique : Rien de sacré

Même les instruments de diagnostic les plus pointus de la psychologie clinique ne peuvent expliquer pourquoi les Juifs – peu importe le mal qu’ls subissent – ressentent que c’est à eux de se racheter et de faire des concessions de façon à gagner dans une certaine mesure un semblant d’acceptation de la part de leurs ennemis inconditionnels. Seuls les Juifs doivent payer et renoncer à ce qui est naturel et inaliénable pour tous les autres.

Des malades mentaux juifs doivent expier le fait qu’ils ont pu surmonter des attaques infâmes et empêcher leur propre massacre ou nettoyage ethnique. Ils sont poussés à rendre des territoires à des assaillants implacables dans l’espoir de décourager le zèle génocidaire de leurs éliminateurs en puissance. Aucune autre nation – en particulier aussi agressée qu’elle – n’a jamais cédé volontairement des biens stratégiques à des ennemis encore viables ou invaincus.

Tout ce qui nous appartient qui pourrait être perçu comme significatif ou sacré pour les Juifs, est une cible pour le dénigrement – que ce soit la patrie, la foi, la culture ou l’histoire. Rien n’est sacré – pourvu bien sûr que ce soit juif. Seuls les Juifs n’ont pas le droit à quoi que ce soit d’inviolable.

Voilà Pourquoi Israël a chaleureusement approuvé le nouveau stratagème de la Croix Rouge pour mettre fin à 56 ans de boycott de l’Etoile de David : prétendre qu’elle n’existe pas, en la remplaçant par une forme  » neutre  » de diamant rouge dénommée par euphémisme  » Cristal « . A l’intérieur, l’étoile rouge peut figurer officieusement, mais du point de vue de la fédération, ce symbole juif choquant restera invisible.

Sans la manifestation externe, critiquable, au moins outre-mer, de l’emblème juif, le MDA peut savourer une affiliation formelle longtemps convoitée. Comme c’est vraiment emblématique !

C’était la solution pour sauver la face sur laquelle le gouvernement d’Israël et la MDA ont donné leur accord. Mais cela n’a sauvé que la face de la fédération, lui permettant d’échapper à des accusations éminemment méritées de préjugés antisémites tout en ne faisant rien pour véritablement se débarrasser de ces préjugés. L’arrangement même, cependant, crache au visage des Juifs. Recevoir favorablement un décor qui facilite le rejet continu du vénérable vieux symbole juif, voilà la servilité qui, nous espérions avait disparu à jamais de la psyché juive.

Nous aurions mieux fait de nous tenir à l’écart quels que soient les avantages apportés par l’appartenance à la Croix Rouge, plutôt que de gagner cette adhésion sous des conditions honteuses. Nous nous sommes fort bien débrouillés en dehors de la Croix rouge. Nous pouvions continuer aussi bien sans elle.

Quand Israël demanda à adhérer pour la première fois en 1949, on lui enjoignit d’adopter soit la croix soit le croissant musulman pour être admis. Un Etat d’Israël tout juste né, incomparablement plus vulnérable et appauvri rassembla son courage pour affirmer que les premiers services d’Urgence de l’Etat juif ne sauraient opérer sous des emblèmes historiquement ou actuellement inamicaux pour les Juifs.

L‘Etat juif assiégé de naguère, combattant littéralement pour sa survie, eut aussi la volonté et la résolution de faire de Jérusalem sa capitale.

L’Israël d’aujourd’hui, plus fort et florissant, vacille sur Jérusalem et collabore à la classification de l’étoile juive comme un symbole paria, qui doit être camouflé ou emprisonné dans un  » cristal  » ignominieux. Ce ne serait pas indigne si la croix et le croissant y étaient également confinés, mais Chrétiens et Musulmans ont droit à leurs propres symboles. Seuls les Juifs – à l’origine du monothéisme – n’y ont pas droit. Jusqu’à l’arrivée du régime de l’ayatollah en 1980, la Croix rouge ne trouvait même rien à redire au Lion rouge et au Soleil du shah d’Iran.

Israël doit avoir perdu la raison pour participer au complot qui son emblème au second rang au mieux (voire pire) dans sa quête servile pour être comptée au rang des nations, près de six décennies après avoir conquis son indépendance. Il n’y a pas d’ignominie à ne pas appartenir à une fédération qui accorde la pleine adhésion à des bienfaiteurs de l’humanité tels que la Corée du Nord, l’Iran, la Syrie et le Soudan.

La Croix Rouge est la dernière organisation par laquelle Israël devrait être humilié, ou pour laquelle des Juifs devraient sacrifier le moindre sou de respect de soi. Il s’agit après tout de l’organisation qui est restée fermement à distance du massacre des Juifs pendant l’Holocauste. Le directeur des archives du Comité International de la Croix Rouge [ICRC, en anglais,ndt] George Willemin a remis des documents de la seconde guerre mondiale à Yad Vashem en 1997 et déclaré :  » l’ICRC admet qu’il est resté silencieux… C’est le cœur de sa défaillance morale « . L’historien suisse Jean-Claude Favez a mis en avant dans son livre  » Une mission impossible ?  » que si la Croix rouge avait dénoncé l’extermination des Juifs, les Alliés n’auraient pas pu aussi facilement rejeter des supplications angoissées de bombarder les voies ferrées conduisant aux camps de la mort.

 » La Croix Rouge a d’abord servi la politique suisse, affirme-t-il. La Suisse a bénéficié d’une croissance bien grasse pendant que les Juifs périssaient « . Déjà avant la seconde guerre mondiale, la Suisse avait proposé que les nazis tamponnent les passeports des Juifs allemands avec un ‘J’ rouge vif pour qu’on puisse leur refuser l’asile de façon plus expéditive.

Le  » cristal  » moderne – symbole dernier cri ‘made in Switzerland’ de ségrégation des Juifs – incarne un ostracisme permanent. Ajoutant l’insulte à la blessure, il souligne le fait que l’identité juive demeure ‘non grata’. Il trahit ouvertement l’animosité. Le président de l’ICRC alors en place en 2000, Cornelio Sommaruga s’est exclamé :  » si nous acceptions l’Etoile de David, pourquoi pas la swastika ? « .

L’acquiescement docile de la bureaucratie israélienne à cette substitution scandaleuse et son empressement à conclure des accords à tout prix – y compris en mettant en péril Jérusalem – n’est pas du pragmatisme. Se compromettre sans honneur n’est pas forcément avisé. Il claironne simplement au monde que nous n’avons pas de fierté, que notre tête ne va bien.

Sarah Honig, THE JERUSALEM POST

Adaptation française de Simon Pilczer, relue par Cathy Joss.



27/1/2006

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