Algérie : encore un effort pour être complètement abrutis !

Heureusement, grâce à la reforme imposée par le ministre de l’éducation nationale, le bien nommé Benbouzid, les écoles d’Algérie formeront maintenant des crétins unilingues. On n’arrête pas le progrès.

On se souvient que depuis 2002, un certain espoir s’était empare des « progressistes algériens » autoproclamés. C’est en effet cette année là que la commission de M. Benzaghou, avait rendu publics ses travaux et conclusions, très officiellement diligentés par le président Bouteflika. Benzaghou et ses collègues proposaient une réforme du système scolaire afin qu’il prépare enfin l’élève à s’adapter au monde moderne. Dans les grandes lignes, la commission demandait plus de matières d’éveil personnel (art et culture), plus de langues de communication internationales (anglais, français) et une baisse de l’influence de la religion sur les programmes.

Dans un premier temps, Abdelaziz Bouteflika a fait mine de suivre les recommandations de sa commission. La musique et le dessin ont été réintégrés dans les programmes scolaires, d’où ils avaient été chasses pas les islamistes. On évoquait la suppression du « baccalauréat option charia » et l’introduction du français plus tôt dans le parcours scolaire de l’enfant. Mais comme d’habitude avec le pouvoir algérien, toutes ces réformettes cosmétiques n’étaient mises en vitrine que pour appâter les gogos « moudirnistes » du « hizb fransa ». Le ministre Benbouzid vient d’annoncer le véritable contenu des reformes, et il y aurait matière à rire, si ce n’était pas si tragique.

Là où la commission Benzaghou demandait « plus de français et d’anglais », Benbouzid répond « plus d’arabe » (l’enseignement d’arabe passe de 1 554 à 1 740 heures dans le primaire). Quand Benzaghou dit « plus de sciences », Benbouzid rétorque « plus d’histoire » (doublement du volume horaire de l’histoire dans le primaire). Précision pour les naïfs : en Algérie, histoire ne veut pas dire étude critique et raisonnée du passé, mais embrigadement et bourrage de crâne nationaliste, où trône la Sainte-Trinité algérienne : Oqba ibn Naafa (pillard bédouin), Abd-el-Kader (goumier de luxe) et Houari Boumediene (dictateur stalinien). Et finalement, lorsque Benzaghou suggère à demi-mot la « désislamisation » de l’enseignement, Benbouzid annonce que l’instruction religieuse sera renforcée, au point de devenir une matière obligatoire au bac en 2008, même dans les filières scientifiques.

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Yidir Achouri

26/1/2006

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