Toute colonisation est-elle un crime contre l’humanité ?

Néanmoins, le comparer à l’esclavage ou à la déportation de populations en faisant abstraction du contexte historique dans lequel il a pris forme ne témoigne pas d’un réel souci d’objectivité.

Tout le monde s’accorde pour dire que la guerre est une calamité ; ce n’est pas pour autant que l’intelligentsia bon chic bon genre condamne le terrorisme, puisqu’elle s’évertue à cautionner mensongèrement celui qui prend prétexte du désespoir. Il faut se prémunir des insidieuses acrobaties intellectuelles dont on perçoit de plus en plus qu’elles tendent à imposer une opinion à des fins politiques n’ayant aucune accointance avec la morale.

C’est un non-sens que de condamner le colonialisme sous une forme plutôt qu’une autre, comme ça l’est de ‘grandiloquer’ pour introduire abusivement la notion de crime contre l’humanité.

Au départ, l’arrière-pensée colonialiste n’est jamais innocente et, cela va de soi, personne ne songe à contester l’argument qui consiste à dire qu’on n’émancipe pas les peuples contre leur gré. Faut-il pour autant inventer le crime pour pouvoir se mettre un criminel sous la dent ?

En effet, n’est-il pas fantaisiste de sauter allègrement le pas en assimilant à de vulgaires colons les observateurs qui ne font que constater les résultats positifs non-négligeables de la colonisation ? Dire que « c’est une ineptie de s’en glorifier pour des marges d’actions positives résiduelles à l’intérieur du système criminel », c’est faire un procès d’intention, déformer la réalité et puiser sans vergogne dans les slogans usés d’un syndicalisme démodé.

Selon le petit Robert qui ne se mouille pas de trop, le mot colonisation signifie :

1 – Peupler de colons ;
2 – coloniser un pays pour le mettre en valeur, en exploiter les richesses.

On peut coloniser un terre désertique ou faiblement peuplée, ce qui, en substance, relativise les notions de crime et d’humanité.

Par ailleurs, il est prouvé que, dans beaucoup de cas, le colonisé a un passé de colonisateur et vice et versa. Les descendants des Juifs qui s’établirent en Algérie pour fuir les persécutions chrétiennes en savent quelque chose, eux dont les ascendants furent colonisés à deus reprises, par les Arabes, puis, par les Français.

Enfin, il est n’est pas incompatible de haïr l’idée qu’on puisse être amené à tuer quelqu’un (quelle horreur !) et de considérer que prendre une arme pour défendre son pays est le devoir sacré de tout citoyen. Autrement dit, je peux, à mon corps défendant, favoriser une forme de colonialisme de par ma seule appartenance à un groupe que je n’ai pas choisi, ce qui ne fait pas de moi un responsable tout désigné.

S‘il n’y avait pas de guerre, il n’y aurait pas de colonialisme tel que nous l’avons connu jusqu’ici. Nous ne pouvons revenir sur ce qui a été mais rien ne nous empêche de tirer les leçons de l’histoire.

D’aucuns parlent de déportation pour des raisons ethniques ou politiques mais, (est-ce un oubli ?) il s’avère que souvent l’auteur omet la déportation pour raison d’extermination qui a pour nom génocide ou ‘Shoah’. Les expulsés de Gaza l’ont été pour des raisons ethniques et politiques, doit-on pour autant comparer leur sort à celui de ceux qui sont partis en fumée ? La portée du mot déporté n’est donc pas la même selon que…

Venons-en à l’esclavage lequel est également mentionné dans maints « papiers » en tant qu’élément de comparaison : on milite dans ce cas et plus naturellement en faveur de l’abolition de l’esclavage pour des raisons morales indiscutables. Ce que cette pratique a de foncièrement mauvais « servitude, captivité, chaînes » provoque l’horreur et ne tolère aucune ambiguïté. Mais, encore une fois, comparaison n’est pas raison car, il est des cas où l’on peut être amené à investir des territoires pour se défendre de la même façon que l’on peut (c’est nouveau, ça vient de sortir) déplacer des populations entières dans une tentative d’établir les conditions d’une paix, aussi hypothétique soit-elle !

La guerre des 6 jours illustre très bien le premier cas : les armées arabes sont massées aux frontières d’Israël et font monter la pression à son paroxysme. L’attaque est imminente mais c’est à Israël que la France prodigue des conseils de modération. Le monde retient son souffle. Est-ce la fin de l’entité juive ? Toute la stratégie de cette dernière repose sur l’attaque du fait même que soutenir un siège au-delà de quelques semaines peut lui être fatale. Prenant l’initiative, Tsahal défait les armées ennemies en quelques jours et les repousse aussi loin que possible de ses frontières.

Colonialisme ?

Passant outre ses droits ancestraux sur la terre d’Israël qui vient de repasser sous souveraineté juive, Israël propose généreusement la paix contre les territoires. Les trois fameux ‘NON’ de Khartoum (fait historique le plus occulté par les médias occidentaux pour des raisons évidentes de ‘fauxculterie’) mettent fin aux espoirs les plus fous. Les Arabes ne veulent pas d’Israël dans la région et se lancent dans la guerre dite d’usure.

Colonialisme ?

Sharon envahit le Liban pour déplacer le champ de bataille sur le territoire ennemi et tenter d’en chasser les combattants palestiniens. Là encore, c’est la France qui vient sauver Arafat en lui permettant de se réfugier en Tunisie.

Colonialisme ?

Le gouvernement Israélien fait aujourd’hui des concessions douloureuses en vue de l’établissement d’un second état palestinien. La situation n’a fait que se détériorer depuis….

L’exemple de l’expulsion des Israéliens de Gaza illustre l’autre cas où le gouvernement israélien fait évacuer par la force ses citoyens établis depuis plusieurs générations sur ce territoire au nom biblique, occupé pour certains, disputé, pour d’autres.

Colonialisme ?

C’est comme on veut quand on sait qu’il faut être Israélien pour concéder aussi douloureusement, juste histoire de fantasmer un tant soit peu sur les atours d’une paix qui ne viendra pas…

On peut donc conclure que :

- Si le colonialisme du passé est bien plus qu’un vilain mot, il est souvent né de la conjugaison d’évènements historiques difficilement maîtrisables; Il n’est pas superflu d’ajouter qu’en ce domaine plus qu’en d’autres, dés qu’elle est impliquée, la nature humaine est bel et bien un phénomène aggravant.
- Si le colonialisme du passé a incontestablement pillé les richesses de nombreux pays, il est des exemples comme celui de l’Algérie où, sans nier les atteintes aux droits des ‘derniers colonisés’, sans nier les droits des Français d’Algérie qui ont aimé cette terre comme on aime son pays natal, sans passer outre l’horreur de la guerre, sans prétendre être au fait de tout ce qu’il faut savoir pour se prononcer en spécialiste, je ne pense pas faire offense au peuple algérien en me félicitant du fait qu’il lui a été fructueux d’hériter d’un pays tout entier engagé dans la modernité avec, cerise sur le gâteau, la bénédiction des nombreuses et solides amitiés qui ont vaillamment résisté au temps.

N’est-ce pas à porter au crédit de la France, pays qui a opéré un tournant décisif répondant au voeu du plus
grand nombre ?

Consulté sur sa perception du colonialisme de papa, un éminent analyste m’a adressé ce commentaire qui a le mérite de parfaitement relativiser la notion de ‘crime’:

« La France s’est construite par annexion des différentes régions autrefois autonomes. C’est loin mais l’histoire est faite de ces conquêtes qui sont la grandeur pour les uns (les vainqueurs) et la honte pour les autres. L’homme est par nature un colon, il a colonisé la planète…Puis quand la planète sera devenue trop petite, il colonisera d’autres mondes… »

Pour finir, j’invite les bonnes âmes à se pencher sur le danger, ô combien plus grave, que représentent les nouvelles formes du colonialisme; plus pernicieuses car moins voyantes, elles sont de natures économique, démographique, idéologique, culturelle et cultuelle. Il serait judicieux d’en démonter les mécanismes pour mettre à jour le niveau de sophistication des moyens dont elles disposent aujourd’hui pour prendre le contrôle d’un parti, d’un quartier, d’une ville, d’un pays, d’un continent, voire, de la planète !

30 janvier 2006

29/10/2006

Discuss this articleDiscuss this article

Imprimer ce texte Imprimer ce texte

3 610 vues

Tous les articles de

Share/Save/Bookmark

Trackback

Posted in: Non classé

 


Comments • comment feed