L’esprit des “Lumières” s’efface donc de plus en plus à bas bruit, remplacé par un catéchisme prétendument “éveillé”. Certains (comme toujours) ne cherchent pas la “vérité” (exactitude logique et éthique de la Raison politique) ; “ils” préfèrent tordre le réel pour l’ajuster à leurs propres grilles idéologiques. C’est le triomphe absolu du nihilisme affairiste, cynisme du Masque celui de l’Ange) et du double standard, où les donneurs de leçons s’avèrent implacables avec les faibles, mais étrangement dociles face aux véritables totalitarismes.
1. Le déni de Trappes : Quand le terrorisme nihiliste est indexé uniquement à la race
Il est stupéfiant par exemple de constater à quel point les commentateurs et les institutions peinent en France à nommer la nature exacte de l’attentat de Trappes et de La Verrière. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est empressé d’y apposer le sceau exclusif du « crime raciste », balayant d’un revers de main la dimension surtout nihiliste de cette fusillade “randomisée” à caractère néanmoins “xénophobe” au dire même de l’assassin. Pourtant le profil bigarré de l’assaillant (propalestiniste) et le fait qu’il ait tiré tout d’abord indistinctement (“Valentin, 17 ans, s’est retrouvé sur sa route. En pleine leçon de conduite, son véhicule est criblé de balles.”), démontrent surtout une volonté de destruction aveugle qui dépasse la “haine raciale”. Nier ce nihilisme intrinsèque, c’est refuser de voir que le terrorisme contemporain s’est aussi métastasé en une pulsion de mort globale, déconnectée des schémas politiques traditionnels comme on a pu le voir avec les attaques quasi militaire à Sainte Soline, Notre dame des Landes, et tout le long du 17 octobre à Limoges, Marseille, Lyon, Nantes…
2. Procès du RN et Cour de cassation : La géométrie variable de la pureté parlementaire
De même l’acharnement médiatico-politique autour du procès des assistants parlementaires du Front National/Rassemblement National est tout aussi révélateur. En martelant l’idée, ourdie, que la Cour de cassation scellera l’inéligibilité de la candidate du RN, le système tente de valider par anticipation une sentence politique sous couvert de droit. Ce qui est passé sous silence, c’est l’hypocrisie de structure : des formations comme La France Insoumise (LFI) ou le MoDem ont, eux aussi, traversé des turbulences judiciaires similaires pour l’usage d’assistants dans un cadre strictement national et non européen. Pourquoi ce deux poids, deux mesures ? Parce que le simulacre démocratique a besoin d’un coupable sacrificiel pour masquer sa propre corruption morale.
3. De Flávio Bolsonaro à l’Ukraine : L’indignation sélective et géopolitique
Le traitement de l’actualité internationale obéit à la même mise en scène. À peine la défaite de Flávio Bolsonaro (candidat faisant la course en tête mais étrangement battu au Brésil avec un écart de plus de dix millions de voix) est-elle consommée que la machine judiciaire et médiatique s’emballe pour l’accuser de corruption et de blanchiment. En revanche, l’immense corruption structurelle qui continue de secouer l’Ukraine, pourtant largement documentée, est prudemment occultée ou minimisée au nom de la « cause supérieure ». La moraline occidentale choisit ses cibles : elle condamne les corrompus qui nuisent à son récit global, mais absout ou ignore ceux qui servent ses intérêts géopolitiques du moment ; oubliant également que l’effacement des frontières et le guichet social ouvert au monde entier (une sorte d’hélicoptère money) poussent nombre d’acteurs tiersmondistes à tenter le diable ailleurs que dans leurs dictatures exsangues.
Aussi vouloir interdire tout débat en France sur la remigration (alors que celle-ci est discutée officiellement dans les pays nordiques) de même qu’attaquer toute réunion festive du Canon Français dévoile également l’envie nostalgique de toujours s’accaparer les feux banquets républicains des années 1847-1848 et a contrario de leur volonté profondément paradoxale d’incarner à eux seuls toute notion de République et, “en même temps”, de vouloir la détruire ; c’est pourquoi cette frange dite “progressiste” est devenu le bras armé de la secte affairiste avide de transformer les nations et leurs patrimoines en vastes terrains vagues ouverts à qui veut ; du moins si l’on accepte les rites nihilistes et sectaires de la décroissance morbide et la construction de micro-narco-néo-Etat- esclavagiste dont l’île d’Epstein fut le modèle mais cependant bien trop voyant car la Bête de l’Evènement sait faire aussi l’ange auprès de “ceux qui ne sont rien”.
4. L’affaire Mbappé et la secte néo-maoïste : Génuflexion devant le totalitarisme marchand
Et en matière de soumission, le cas de Kylian Mbappé réprimandé pour avoir qualifié Mao de « dictateur » offre une parfaite illustration de la lâcheté des dits « progressistes » occidentaux. Alors qu’un joueur de football ne fait qu’énoncer une vérité historique banale face à un mème internet, la machine publicitaire et les instances s’inclinent face aux exigences de Pékin. Les donneurs de leçons de l’Occident, si prompts à traquer la moindre micro-offense chez eux, se couchent face à la censure d’une dictature néo-maoïste pour préserver leurs parts de marché. Être fort avec les faibles, faible avec les puissants : telle est la devise du « progressisme » marchand.
5. De la régression seigneuriale au binarisme arriériste : Les trois âges trahis
Au fond, ce monde actuel se gargarise d’être « moderne », alors qu’il n’en a que les attributs superficiels. En vérité, il véhicule des idéologies simplistes et strictement binaires, figées dans un axe unique : dominants contre dominés. Les dits « progressistes » refusent catégoriquement la notion d’interaction, celle-là même qui permet l’affinement constant des conditions de développement par une participation de plus en plus horizontale et active des citoyens.
Ce refus trahit la véritable nature de leur projet : un arriérisme de la décroissance, qui s’apparente à une régression seigneuriale de type néo-esclavagiste. Sous la féodalité historique, il subsistait au moins un respect mutuel entre féaux, sédiment de l’Âge monarchique qui a permis le surgissement de « nations » transcendant les classes autour de l’idée d’un bien commun (Commonwealth). Certes, la thèse de Jean Bodin sur la souveraineté absolue n’avait pas anticipé que l’absolu du Vrai — l’exactitude logique et l’éthique de la Raison — se corrompt inévitablement lorsque le pouvoir est tenu dans une seule main. C’est précisément pour cela que Locke et Montesquieu ont introduit l’esprit modernisateur des contre-pouvoirs, fondation de notre Âge démocratique.
Mais cet Âge démocratique, succédant à l’Âge aristocratique de l’Antiquité (dont les percées républicaines grecques et romaines s’étaient perdues dans les sables de l’hubris), balbutie encore. Il n’a que quatre siècles. Et il convient de remarquer qu’il fut affaibli dès sa naissance en France lorsque Olympe de Gouges fut guillotinée pour avoir exigé une réelle démocratie pluraliste.
Aujourd’hui, les partisans du néoléninisme queer et de l’affairisme nihiliste réactivent cette violence conceptuelle. Déjà, Auguste Comte dénonçait dans le communisme de son temps — version abâtardie du Bien commun — l’obstacle majeur à l’approfondissement de ce qu’il nommait l’Etat positiviste. Il faut ici entendre ce terme au sens grec d’une fondation véridique (à la fois logique et éthique du terme de “réel”), et non pas dans un sens scientiste qui prétendrait imposer une modélisation totalisante du monde comme s’il se confondait avec le réel lui-même. Car le réel est toujours « quelque chose en plus », ainsi que l’avait entrevu Immanuel Kant et que l’a rigoureusement démontré le théorème d’incomplétude de Kurt Gödel.
Or par un « illibéralisme » de plus en plus accentué, ces clercs arriéristes défendent les intérêts de leurs sectes idéologiques, rejetant la complexité du réel des peuples qui souhaitent pourtant affiner la République (politeia). Ils s’évertuent à maintenir une société artificiellement divisée en deux blocs, une posture que John Rawls critiquait sévèrement en pointant ses impasses. En agissant ainsi, ils réactivent le piège philosophique que Karl Marx dénonçait dans sa troisième Thèse sur Feuerbach : postuler une coupure de la société en deux parties, dont l’une s’arroge le droit d’être supérieure à l’autre. Dès lors, la question resurgit avec une ironie cinglante : qui va éduquer les éducateurs ?
6. Métaphysique de la rupture dite “post-moderniste” : devenir “les meurtriers du Sens“
Pour saisir pleinement la racine de cette “dérive” (seule issue, seule meurtrière pour Lyotard et à travers laquelle il faut mettre au jour le moteur métaphysique de la dite « meurtrière » : la destruction. Loin d’ouvrir les voies de l’avenir, cette mouvance incarne au contraire un arriérisme radical. Comme le théorisait déjà Jean-François Lyotard dans La Condition postmoderne, ses adeptes fantasment un retour en arrière — idéalement avant 1492 — dans l’espoir absurde de retrouver une sorte de virginité mythique de « la » Nature, voire du langage lui-même, qui n’auraient pas été souillés par l’action transformatrice de l’Homme.
Cette tentative de meurtre anthropologique procède d’une rupture funeste du dualisme cartésien. Chez René Descartes, l’humain est une articulation subtile qui distingue sans jamais séparer l’Âme et le Corps. L’Âme y est le lieu de la ressemblance, une sphère du Parfait guidée par l’Intuition et arrimée à l’exigence d’exactitude rationnelle.
La régression dite “post-moderne” s’est engouffrée, meurtrie, dans une lecture figée et radicalisée, presque pathologique, de la «volonté de puissance » nietzschéenne, prolongée par l’existentialisme heideggérien. Pour ces courants, le Corps — réduit par eux à la la force pulsionnelle inconsciente, le désir brut, la revendication identitaire segmentée — prétend s’émanciper de manière autonome en s’affranchissant des cadres universels de la Raison (éthique et politique) pour relégitimer viols et pillages.
Ainsi une telle volonté de puissance en dérive permanente, coupée de tout affinement positif, ne libère rien elle bascule inévitablement dans le cannibalisme intellectuel et le totalitarisme de la secte pouvant éployer une extrême violence.
C’est la trahison du Sapere Aude et le triomphe de 2+2=5.
Au fond, nous y sommes. Le monde contemporain a définitivement glissé dans l’univers d’Orwell de la guerre perpétuelle. Le relativisme culturel et le nihilisme ambiant ont tant sapé les fondements des Lumières qu’ils ont perverti le célèbre Sapere Aude (« Ose penser par toi-même »). Ce principe approfondissait pourtant le Je pense donc je suis, rappelant que le sujet ne peut s’accomplir que si sa puissance d’agir est constamment affinée positivement sous la gouvernance de la Raison.
Faute de cet affinement, la vérité factuelle s’effondre face au simulacre. Si le pouvoir ou la doxa décrète que deux et deux font cinq (ou trois, ou six selon les nécessités narratives du moment), le citoyen est sommé d’acquiescer sous peine d’excommunication sociale. Pour tous les citoyens attachés à la politeia, il est plus que jamais temps de réhabiliter le courage de dire le réel et de faire face à l’encontre de cette tyrannie du faux.
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