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Les violences sociales cachent un manque de Politique

Il paraîtrait, aux dires de Ségolène Royal sur RTL le jeudi 23 avril, que le saccage de la sous-préfecture de Compiègne a permis l’organisation d’une réunion tripartite, pouvoirs publics, syndicats, dirigeants de l’entreprise Continental, réunion demandée depuis cinq semaines sans succès ; cette information est gravissime, parce qu’elle indique d’une part que l’Etat ne fait plus son travail de médiateur, d’autre part qu’il faut casser pour se faire écouter.

Royal disait en même temps que ce type de problème à la fois social et industriel était bien mieux géré dans les autres pays de l’U.E, en particulier les pays du Nord de l’Europe, parce que les problèmes de mutation et de formation y étaient mieux anticipés, et que le dialogue social semblait permanent. 

Ces propos ne sont pas quelconques et dénotent bien que la social démocratie, lorsqu’elle se rend compte qu’il ne sert à rien de courir après les radicaux néoléninistes (parce qu’elle sera éliminée par eux de toute façon), souligne bien mieux que les nationaux-conservateurs (dont certains espèrent qu’une "révolution" puisse les remettre en selle, tel de Villepin) la nécessité d’articuler et non d’opposer le rôle pondérateur de l’Etat et la dynamique de la société civile en attente d’un réel équilibre entre liberté et justice. 

Nous sommes évidemment loin du compte, d’où les limites de la social démocratie, comme du national conservatisme, et aussi d’une vision libertarienne qui confond Etat de droit et bureaucratisation, nécessaire séparation des pouvoirs et contrôle étatique, or, il est fort possible d’avoir des instances de régulation indépendantes, des entreprises privées ayant des mandats de service public, sans pour autant opposer bien commun et bien privé ; c’est là toute la discussion entre néomodernes d’une part et vrais libéraux, sociaux-démocrates, d’autre part, débat qui écarte d’emblée tous les conservatismes et extrémismes décidément de plus en plus "out" sinon dans la rêverie d’un 19ème siècle revisité, de Besancenot à de Villepin en passant par tous les croisements rouge-brun-verts actuels qui sont autant d’impasses. Sauf que parfois l’Histoire repasse les plats sous forme de farce disait Marx et qu’il est fort possible que, comme en 68, ce soit les plus archaïques qui tiennent au début du moins le haut de la rampe parce qu’ils sont les mieux organisés, parce que, comme une montre cassée, ils peuvent donner l’heure exacte au moins deux fois dans la journée. L’idée serait de profiter du laps de temps entre ces deux moments pour tenter de montrer que le débat doit plutôt avoir lieu entre les réels réformateurs de la puissance publique se mettant au service de la société civile au lieu que cela soit le contraire comme le veuillent également  au fond les extrêmes avides de voir l’Etat régimenter encore plus qu’aujourd’hui nos vies et nos âmes.

Iris Canderson 23/4/2009

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