Faut-il interdire Dieudonné ?

Ces derniers jours, le sujet vedette n’est autre que la décision de Dieudonné de présenter des listes à sa couleur aux élections européennes du mois de juin 2009. Une couleur nauséeuse qui ne propose aucun programme politique hormis celui de « débarrasser la France du Sionisme ». Des listes antisionistes, qui auront comme autres parrains Alain Soral (ex-front National) et  Yahia Gouasmi musulman chiite aux ordres de l’Iran, que Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, désire interdire si la loi actuelle l’autorise.
 
Coup de pub ou opération politique de l’UMP !? Il n’empêche que la question d’interdiction qui taraude le microcosme politique est de taille.
 
Pour Claude Guéant, il est impensable que l’on puisse « se présenter aux élections avec un programme ouvertement antisémite (…) Dieudonné est antisémite tout le temps, c’est absolument odieux ».
 
Pour Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP : « Quand des gens portent le message de la haine, du racisme, et de l’antisémitisme et qu’ils en font le seul point de leur programme, on ne peut pas rester sans réagir ».
 
Laurent Fabius, ancien Premier ministre socialiste s’est dit « évidemment révulsé » par « les thèses pas acceptables » de Dieudonné.
 
A la lecture de ces quelques réactions, il est une évidence qui s’impose. L’antisionisme est dans l’esprit majoritaire des hommes politiques français, mais pas seulement, le paravent de l’antisémitisme. Il est donc une question qui vient naturellement sur les lèvres de tout quidam un tantinet réfléchi. Pourquoi en est on arrivé à cette situation ? Qu’est-ce qui a autorisé la création publique d’un parti antisioniste puis le désir de le soumettre au suffrage des électeurs aux élections européennes ?
 
On ne peut douter que les raisons principales ne sont autres que les effets de la politique arabe de la France initiée par le Général de Gaule par le besoin de pétrole et des pétrodollars. Mais pas seulement. Cette situation est due également aux lâchetés successives des hommes politiques face aux réactions prévisibles des territoires perdus de la république. Ainsi, tel parti, charge le Sionisme de ‘’colonialisme’’. Tel autre envoie son porte-parole porter la bonne parole aux Israéliens dénonçant « la politique criminel de leur pays » ainsi qu’aux habitants de la bande de Gaza. Tel Président parle de « réaction disproportionnée ». Tel media publie un reportage accusant Israël d’avoir commis un « massacre de ‘’Palestiniens’’ » à Djénine ou ailleurs et minimise la publication des démentis. Tel autre désigne le Ministre des Affaires étrangères nouvellement nommé « d’ultranationaliste » quand ce n’est pas de «controversé, sulfureux ou d’’extrême droite» sans pour autant permettre la lecture réelle de son programme politique. Tel intellectuel parle du « plaisir d’humilier les palestiniens ». Telle Ong appelle au boycott économique, universitaire ou diplomatique. Etc.….
 
Toutes ces postures, ces critiques systématiques, peu représentatives du répertoire varié qui achalande le ressentiment et qui n’ont jamais subi le moindre rappel à l’ordre, ont chargé la mule du Sionisme à faire haïr le Juif par le plus paisible des citoyens. Un Sionisme qui n’est rien de plus que le vœu le plus cher du peuple juif de vivre sur la terre ancestrale afin de se doter d’un refuge et qui a vu, plus d’une fois, une multitude haineuse défiler librement dans les rues de France en criant « Mort aux Juifs », « Mort à Israël » et brûlant sans encombre policière ou juridique le drapeau de cette démocratie qui fait envie.
 
Dieudonné, bien qu’ayant plus d’une part dans cette animosité, ne fait que surfer sur cette vague qui porte. Mais la responsabilité première est à attribuer aux politiques de droite comme de gauche -sans oublier les extrêmes-, aux intellectuels qui ont démissionné et aux médias qui spéculent sur la vente de leur papier et/ou leur idéologie au détriment des valeurs universelles mais aussi de la raison.
 
Si l’image de marque d’Israël et du peuple juif en pâtit sûrement, il est patent que l’odeur nauséeuse qui parfume actuellement la France, mais aussi l’Europe, n’est que la partie visible de l’iceberg. C’est donc lorsque cette portion invisible émergera des profondeurs que l’occident aura à se méfier du retour de bâton. Car la haine qu’elle contient se retournera contre l’occident faute de pouvoir atteindre les Sionistes Israéliens et ses soutiens juifs qui sauront où immigrer.
 
Victor PEREZ ©: http://victor-perez.blogspot.com

Victor Perez 5/5/2009

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