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À Bordeaux, un imam agressé par deux fondamentalistes


Lu sur le site du Figaro : "L’Imam Mahmoud Doua serait-il la première victime du débat sur la burqa ? Ce membre de l’UOIF (mouvement des Frères musulmans) s’est fait agresser dimanche à la sortie d’une salle de prière de Talence (Gironde) par deux salafistes (tenants de l’islam rigoriste, NDLR) qui lui reprochaient de «n’avoir pas bien défendu les musulmans». Une allusion, croit-il, à sa prestation dans l’émission «Mots croisés», sur France 2 en début de semaine. Cet enseignant, vacataire en anthropologie du monde arabo-musulman à l’université de Bordeaux, s’était pourtant opposé à l’interdiction de la burqa : «Une telle loi ne serait pas pédagogique.» «En cas d’oppression caractérisée, des services sociaux existent. Il y a en outre là un risque de stigmatisation de la communauté musulmane», avait plaidé cet imam réputé strict. Ses arguments ont visiblement déplu à ces agresseurs qui l’ont fait chuter d’un coup de pied. «Ils habitent le même quartier que moi. Pour eux, nous avons un discours trop intégré, trop républicain», a expliqué Mahmoud Doua au journal Sud-Ouest. Une enquête est en cours pour identifier les deux jeunes gens. Mais Tareq Oubrou, également imam à Bordeaux, redoute d’autres incidents «car ces salafistes sont des jeunes déstructurés». Ces groupes, qui s’en remettent souvent à un gourou étranger, s’avèrent difficiles à contrôler.

 

Auditions d’experts

Sur la burqa, le Conseil français du culte musulman (CFCM) préconise la pédagogie. À défaut d’adopter une position claire. Car les débats restent vifs au sein de l’institution. Le président Mohammed Moussaoui, tenant d’un islam du «juste milieu», rappelle que la burqa «n’est pas un précepte coranique». Le RMF (Rassemblement des musulmans de France, mouvement majoritaire), émanation de l’islam consulaire marocain, approuve. Tandis que, pour ne pas s’aliéner les salafistes, l’UOIF rappelle que certains savants prônent la burqa. Tous refusent que l’État s’en mêle, mais n’osent pour autant émettre un avis religieux qui prohiberait la burqa en France. Pour l’imam Abdelali Mamoun, «cet avis serait pourtant important, car les salafistes doivent se plier à l’autorité religieuse de leur pays, lorsqu’elle existe».

Mais le CFCM reste trop divisé pour trancher. Lors du débat sur les signes religieux à l’école, l’institution avait louvoyé, prônant finalement le respect de la loi. Paradoxalement, le débat actuel lui donne l’occasion d’affirmer que, si la burqa est excessive, le voile, lui, est une «obligation coranique». Un principe qui n’avait pas été affirmé avec autant de vigueur lors de la première polémique sur le voile où l’on en était encore à s’interroger sur la façon de transposer des préconisations datant du VIIe siècle dans l’Occident moderne. Depuis, les positions se sont raidies.

À l’Assemblée, les députés de la mission d’information auditionnaient mercredi leurs premiers experts pour mieux cerner le phénomène burqa. Prudents, ils semblaient désireux d’extraire le débat du religieux pour mieux invoquer l’égalité hommes-femmes, les problèmes de sécurité ou encore les risques de dérive sectaire ".

Article de C.Gabizon

 

 

Voir aussi :

Femme brûlée à Lyon

» À Vénissieux, terre d’expansion de la burqa

Qui sont les femmes qui portent la burqa en France ?

» Sarkozy : «La burqa n’est pas la bienvenue»

» DÉBAT – Faut-il une loi interdisant la burqa ?

Shirley Loral 9/7/2009

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