« 7 millions d’Arabes en Israël now! »

Les média et l’administration des USA complotent de nouveau avec la direction politique de la Gauche israélienne pour renverser le gouvernement Netanyahou.

 Au cours de la semaine écoulée, deux auteurs ont publié des éditoriaux dans des journaux étrangers. L’un a reçu une couverture élargie en Israël. L’autre a été complètement ignoré. Le sort opposé des articles explique comment comprendre les principaux défis à l’ordre démocratique en Israël.

Vendredi dernier, Saeb Erekat, le négociateur en chef de l’Autorité Palestinienne avec Israël, a publié un éditorial de couverture dans le ‘Guardian’ britannique dans lequel il a déclaré une guerre éternelle à l’Etat juif. Il l’a fait en affirmant que tout accord de paix entre Israël et les Palestiniens qui ne permettra pas l’immigration de quelques 7 millions d’Arabes étrangers en Israël sera « complètement intenable ».

Jusqu’à présent, pour le négociateur en chef présumé modéré, un accord de paix dans lequel Israël cèdera la Judée et la Samarie et Jérusalem aux Palestiniens   comme le désire la Gauche israélienne ne sera pas suffisant pour les Palestiniens.

A moins qu’Israël ne soit aussi d’accord pour commettre un suicide national en acceptant 7 millions d’Arabes étrangers comme citoyens, les Palestiniens continueront de mener leur guerre. Ainsi, avec ou sans Etat palestinien, aussi longtemps qu’Israël existera, les Palestiniens continueront de chercher à le détruire.

Le second article était le dernier éditorial de Tom Friedman dans le ‘New York Times’. A travers son interminable carrière, Friedman s’est identifié avec la Gauche radicale israélienne et a été le fléau de tous les gouvernements non situés à gauche.

Dans sa dernière épître, il a comparé le Premier ministre Benyamin Netanyahou à quelqu’un au beau milieu d’un ‘trip’ au LSD. Friedman a harangué Netanyahou pour n’être pas parvenu à convaincre son cabinet à en venir à un accord sur l’exigence du gouvernement Obama d’abroger les droits de propriété juive en Judée, Samarie et à Jerusalem pour 90 jours de plus. Il mit en avant que ce faisant, Israël – avec une certaine participation palestinienne – détruit toute chance de paix.

Ainsi, d’un côté, le chef négociateur palestinien a déclaré une guerre éternelle. Et de l’autre côté, Friedman a condamné Netanyahou – pour la énième fois.

De façon caractéristique, les media israéliens ont fait l’impasse sur l’article d’Erekat et donné à l’épître de Friedman une couverture répétée sans cesse pendant 24 h.

Malgré leur hystérie, les media n’ont pas trompé le public. Le peuple israélien n’a pas besoin d’entendre la déclaration de guerre d’Erekat pour savoir que le parti Fatah soi-disant modéré est autant engagé dans la destruction d’Israël que le Hamas. Les Israéliens savent que la majorité des attaques terroristes réalisées par les Palestiniens depuis 2000 ont été conduites par le Fatah. Ils savent que les services de sécurité palestiniens formés et financés par les USA et l’UE ont ordonné le jihad palestinien entamé en 2000. Ils savent que le Fatah est derrière la plus grande part de la guerre menée aujourd’hui contre Israël à travers le monde.
 
La disparité entre le public et les media est démontrée très clairement dans un sondage publié la semaine par ‘Brookings Institution’. Seulement 8 % des Israéliens croient qu’Israël et les Palestiniens parviendront à une paix durable dans les cinq prochaines années. 91 % des Juifs israéliens et 88 % des Arabes israéliens pensent soit qu’il faudra plus de temps ou bien qu’il n’y aura jamais la paix. 

Malgré les sentiments du public, il y a une classe de dirigeants israéliens qui agissent comme si la paix était au coin de la rue et que le public attendait qu’ils la leur apportent. Comme Friedman, pour leur plus grande part, ces politiciens mettent en avant que le gouvernement israélien porte soit seul la responsabilité, ou bien la part du lion de la responsabilité pour l’absence de paix. Par conséquent, ils avancent que tout ce qu’il faut pour parvenir à la paix, c’est un dirigeant israélien voulant faire ce qu’il faut pour que cela advienne.

A la fin de semaine, la dirigeante de l’opposition Tzipi Livni et le ministre de la défense et chef du Parti Travailliste Ehud Barak étaient à Washington pour le conclave du processus de paix au Moyen Orient au Forum Saban de l’Institution Brookings.

Barak a rejeté de façon éhontée la politique du gouvernement dans lequel il siège en appelant à la division de Jerusalem dans le cadre d’un accord de paix final avec Israël.

De même Livni ne manifesta aucune retenue pendant son séjour dans la capitale américaine. Durant une apparition conjointe sur l’émission ‘This Week’ d’ABC cette semaine avec le Premier ministre non élu Salam Fayyad, Livni a attaqué brutalement le gouvernement Netanyahou.

Livni a critiqué Netanyahou pour son refus d’accepter l’appel d’Obama d’abroger le droit de propriété juive. Elle l’attaqua pour ne pas former un gouvernement de Gauche avec Kadima et le Parti Travailliste. Elle fit savoir clairement qu’elle ne croit pas que Netanyahou soit intéressé par la paix.

Faisant écho à l’affirmation de Barak au forum Saban : « être Sioniste signifie soutenir un Etat Palestinien », Livni affirma qu’en cédant aux Palestiniens, et en agréant toute exigence des USA, Israël fait progresser ses propres intérêts existentiels.

Sur la prétendue question des réfugiés palestiniens, tout en stipulant qu’Israël ne pourrait pas accepter l’immigration d’Arabes étrangers à travers ses frontières tronquées, elle n’a rien dit sur l’article d’Erekat dans le ‘Guardian’. Et elle n’éleva aucune objection quand Fayyad laissa entendre qu’un compromis palestinien sur cette question n’est pas envisageable. Du point de vue de Livni, le seul acteur de mauvaise foi, c’est Netanyahou.

Le comportement de Barak et Livni n’était pas mauvais simplement parce qu’il est honteux d’attaquer la direction élue de votre pays quand vous êtes à l’étranger. Il était mauvais parce que en se comportant comme ils l’ont fait, ils ont démontré un extraordinaire manque de respect pour les 92 % d’Israéliens qui ne partagent pas leur opinion affirmée que la paix est au coin de la rue.

Alors pourquoi étaient-ils à Washington ? Pourquoi ont-ils adopté les opinions de seulement 8 % de l’électorat en traitant avec mépris 92 % de leurs compatriotes ? Et pourquoi ont-ils choisi de lancer leur agression depuis Washington ?

En vérité, Barak et Livni suivaient tout simplement ce qui est devenu la procédure d’opérations standard des politiciens de Gauche au cours des 20 dernières années.

Ils s’adressaient à deux groupes de partisans qu’ils prisent davantage que le public.
Ils s’adressaient au gouvernement des USA et aux media israéliens.

Barak est un vieux filou dans ce jeu. Pendant le premier mandat de Netanyahou comme Premier ministre, Barak utilisa le président d’alors Bill Clinton pour faire tomber le gouvernement de Netanyahou et être élu à sa place. Après que Barak eût démontré qu’il serait infiniment plus accommodant avec Yasser Arafat que Netanyahou, Clinton fit tout son possible pour diaboliser et isoler Netanyahou. Il mit la pression sur les partenaires de la coalition de Netanyahou pour abandonner son gouvernement.

Et quand le gouvernement de Netanyahou tomba finalement, Clinton envoya se stratèges politiques de haut vol James Carville, Stanley Greenberg et Robert Schrum pour mener la campagne de Barak.

Depuis que Netanyahou l’a nommé ministre de la défense, Barak a cumulé quantité de points d’usager fréquent sur la ligne Tel-Aviv Washington. Barak voyage à Washington au moins une fois par mois. Etonnamment, il revient toujours avec des recommandations en résonance avec les caprices du gouvernement américain.

Livni a été de même richement récompensée pour sa volonté de s’attaquer à Netanyahou en siégeant près de Fayyad à la télévision américaine. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a traité Livni comme le politicien le plus estimé en Israël. Clinton a fermement ignoré le fait que 91 % des Israéliens pensent que les avis de Livni sont de pures absurdités. Et après avoir accusé Netanyahou de manquer de courage pour adopter la cause de la paix, Clinton a reçu avec ostentation Livni en privé pendant une heure entière.

Le Parti Kadima de Livni est une création médiatique. Alors que tous les autres Partis politiques en Israël ont été formés par des citoyens qui ressentaient le besoin de s’organiser politiquement pour donner une force à leurs voix, Kadima a été la grande idée des media : ceux-ci ont comploté avec des dirigeants du Likoud désenchantés par leurs électeurs.

Les émules de Haaretz, Yediot Aharonot et Channel 2 ont convaincu ces politiciens du Likoud de rejoindre les forces de dissidents du Parti Travailliste, qui considéraient aussi leurs électeurs avec mépris.

Comme l’a montré clairement la venue de Barak au pouvoir en 1999, la tentative des media de diaboliser la droite et de saper l’alliance d’Israël avec les USA dans l’espoir de ramener la Gauche au pouvoir n’est en rien nouvelle. Mais cette semaine, une sirène dirigeante des media a été assez aimable pour montrer la stratégie complète des media destinée à priver le public de son droit électoral.

L’éditorialiste senior du ‘Haaretz’ Akiva Eldar a accompli ce service dans deux articles publiés mardi dans le ‘Guardian’ et ‘Haaretz’.

Eldar a cosigné son article du Guardian avec son camarade Carlo Strenger. C’était leur réponse à la déclaration d’Erekat sur la guerre éternelle. Le principal message d’Eldar était qu’Erekat ferait mieux de garder ses plans pour lui-même. Il ne devrait sûrement pas vendre la mèche à ce sujet en un lieu où le public israélien pourrait le voir. Cela pourrait faire couler tout le plan des media pour discréditer le gouvernement.

Eldar et Strenger grondaient : « l’article d’Erekat est décevant ».

Ce n’est pas simplement un citoyen privé, mais le négociateur en chef de l’Autorité Palestinienne, et il connaît très bien Israël et sa dynamique interne. Il sait que soulever le « droit au retour » en ce moment joue en faveur de l’aile droite d’Israël… ils pourront dire : « Nous vous l’avons toujours dit : la solution à deux Etats n’est qu’un complot palestinien pour incorporer l’Etat juif dans le Grand Etat de Palestine ». Mais alors de nouveau, comme Eldar l’a montré dans son article de Haaretz, Erekat n’a pas besoin de se faire le moindre souci. Eldar et ses camarades maintiendront le public israélien dans l’obscurité sur la détermination d’Erekat de détruire Israël.

Ignorant totalement ce qu’Erekat a écrit, l’éditorial d’Eldar dans le Haaretz a commencé là où celui de Friedman s’est achevé. Il a mis toute la faute pour l’absence d’un processus de paix sur les épaules de Netanyahou. Il a accusé Netanyahou de détruire l’alliance d’Israël avec les USA en n’adoptant pas la dernière requête d’Obama d’abroger le droit de propriété juive en Judée, Samarie et à Jerusalem. Puis il prétendit que du fait du comportement de Netanyahou, le gouvernement Obama a décidé de suivre les mesures de l’Administration Clinton et de renverser son gouvernement.

Comme Eldar l’a formulé : « Quand Clinton a invité récemment la chef de Kadima Tzipi Livni à une réunion privée, cela signifiait l’annonce officieuse que le compte de Netanyahou à Washington a été fermé ».

Il poursuivait : « Il y a douze ans, quand le mari d’Hillary Clinton a réalisé que… Netanyahou n’avait pas l’intention d’honorer sa signature (sur l’accord de Wye River avec Yasser Arafat), ce fut le dernier arrêt de Netanyahou avant d’être renvoyé dans sa villa de Césarée ».

Alors voilà toute l’affaire. Les media et l’administration des USA complotent de nouveau avec la direction politique de la Gauche israélienne pour renverser le gouvernement Netanyahou. Ils ignorent délibérément à la fois la volonté des électeurs israéliens et l’engagement déclaré de leurs Palestiniens « modérés » favoris pour combattre Israël jusqu’à sa destruction, de façon à rejeter la faute de l’absence de paix sur Netanyahou.
 
Ce jeu-là peut être stoppé. Mais deux choses doivent d’abord advenir.

Le gouvernement Obama et l’establishment de la politique étrangère des USA qui le soutient doivent payer le prix pour chercher à saper le gouvernement élu du plus important allié stratégique des USA dans la région. Et les électeur israéliens – qui ont donné davantage de mandats à Kadima à la Knesset qu’à tout autre parti lors des dernières élections – doivent abandonner Livni et son parti du style « Paris Turf ». 
 
A moins que cela ne commence à se produire, nous pouvons nous attendre à ce que nos media continuent de comploter avec leurs partenaires américains, avec Livni et Barak, pour miner la volonté du public.

 

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=199813
 
Adaptation française de Sentinelle 5771 ©

caroline@carolineglick.com

 

Caroline B. Glick 17/12/2010

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