2 février 2023
Non classé

Qui est antijuif en France ?

En fait la lecture du texte fait apparaître que toutes les personnalités visées qui sont citées sont juives (Rony Brauman, Joseph Cohen-Sabban, et Jérôme Clément d’Arte qui est d’origine juive), comme quatre des six personnes ciblées pour les enlèvements. Il y en a peut-être d’autres, qui sont vraisemblablement des personnalités juives également : si on avait une victime non juive, gageons qu’ils se seraient empressés de la citer.

Certaines personnalités et certains médias ont déclaré que, jusqu’à preuve du contraire, ces actes n’étaient pas antisémites, notamment parce que 2 des 6 tentatives de rapt concernaient des personnes qui n’étaient pas juives. C’est le travers de ma bosse des maths : je me suis livré à un exercice de mathématiques.

Considérons une population F francilienne de N individus, parmi lesquels n individus sont juifs, sachant que n/N vaut 2%. On effectue un tirage aléatoire de 9 individus (six cibles d’enlèvements et les trois noms publiés par Reuters pour tentative d’extorsion). Quelle est la probabilité que 7 parmi les 9 choisis de façon aléatoire soient juifs ?

Cette probabilité est égale à 4,608 10-11, soit moins de 5 chances sur 100 milliards. Les professionnels des statistiques considèrent que de tels d’évènements ne se produisent jamais au premier tirage. Mais les barbares ont gagné du premier coup. Il semble donc qu’en France, personne ne soit antisémite, seul le hasard est antijuif.

La dépêche poursuit et titre : « ANTISEMITISME EN TOILE DE FOND ». J’ai trouvé cet aveu très intéressant, et m’y suis donc attardé. J’ai lu deux passages particulièrement captivants :

Dans tous ces cas, l’antisémitisme n’est pas absent mais ne semble pas le mobile principal, a précisé à Reuters un magistrat parisien.

Il semble donc que « l’enquête avance » … Mais la lecture de la suite de la dépêche semble révéler que cet « aveu » n’en était pas un, il servait à introduire la suite.

Les juges d’instruction chargés de l’affaire Halimi, Baudoin Thouvenot et Corinne Goetzmann ont retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme.

Le parquet et les enquêteurs sont en désaccord. Pour eux, un crime est juridiquement raciste plutôt quand l’antisémitisme est le mobile unique des faits et non quand il constitue une toile de fond.

Tout le monde n’avait donc pas bien compris la loi française qui interdit la discrimination antijuive. Examinons donc cette loi, avec cet « éclairage » nouveau apporté par nos lumières du Barreau.

Au regard de cette loi « contre » l’antisémitisme, le médecin français qui dénonçait son concurrent à la Gestapo n’était pas antisémite : il voulait éliminer un concurrent, et l’antisémitisme n’était donc pas son seul mobile ;

Au regard de cette loi « contre » l’antisémitisme, le français qui dénonçait son voisin juif pour récupérer ses meubles ou son appartement n’était pas antisémite ;

La Gestapo qui violait les jeunes filles juives n’était pas antisémite : sa motivation était sexuelle ; La Gestapo qui se défoulait sur les juifs n’était pas antisémite : c’était la recherche du défoulement ; La Gestapo qui pillait les juifs n’était pas antisémite : elle était motivée par un mobile crapuleux ;

Hitler, qui considérait que l’économie allemande était paralysée par la réussite trop fréquente des juifs n’était pas, au regard de la loi française, un antisémite ;

Les ecclésiastiques français, dont le rituel consistait à brûler le Talmud sur la place publique, et à conduire les juifs au bûcher n’étaient pas antisémites : ils cherchaient à propager la foi chrétienne, par la dissuasion, et à maintenir leur autorité sur leurs ouailles par l’exemple et l’aveuglement.

Le Parquet de Paris, en proposant une lecture de la loi qui fait de l’antisémitisme une notion virtuelle ne serait pas antisémite : il pourrait être motivé par une compétition trop rude avec des avocats juifs trop nombreux.

Qui donc est antisémite en France ?

Visiblement, si l’on écoute le Parquet, vous pouvez dormir tranquille, personne n’est antisémite. A part le hasard qui, en France, semble s’acharner sur les juifs.

Mais si l’on écoute le bon sens, et les jugements rendus récemment sur d’autres affaires de discrimination, il semble que ce soit la loi française qui est antisémite.

Je crains qu’avec notre « justice » et l’aveuglement de nos « juges » notre société ne sombre encore plus vite dans la violence.

Jacob Ouanounou

Texte intégral de le dépêche de Reuters

Reuters le 25/02/2006 18h09

Le “gang des barbares” aurait visé des personnalités

LE “GANG DES BARBARES” AURAIT ESSAYÉ D’EXTORQUER DES FONDS À DES PERSONNALITÉS

PARIS (Reuters) – Le gang mis en cause dans l’enlèvement et la mort du jeune Ilan Halimi est soupçonné d’autres tentatives d’extorsion de fonds auprès de personnalités française en 2004, apprend-on de source judiciaire.

Un lien a pu être établi par les enquêteurs avec des tentatives avortées d’extorsion de fonds exercées sur Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, Me Joseph Cohen-Sabban, un avocat pénaliste, ou encore Jérôme Clément, le P-DG de la chaîne de télévision Arte, a-t-on précisé de même source.

Toute ces “cibles” habitaient sur les communes de Sceaux et de Bourg-la-Reine, proches de Bagneux, où le gang aurait détenu et torturé pendant plus de trois semaines, a-t-on ajouté.

Me Cohen a confirmé avoir reçu une lettre réclamant une rançon accompagnée d’une cassette vidéo montrant un homme cagoulé en train de jeter une grenade dans un jardin.

Le groupe réclamait des rançons de centaines de milliers d’euros que les victimes devaient transmettre par la Western Union. Il signait ses demandes, entre autres, du sigle d’Armata corsa, un groupe armé corse.

Les policiers ont établi un lien entre un suspect arrêté dans l’affaire Halimi et une photo versée au dossier de l’affaire de 2004 montrant un jeune homme dans un cybercafé où il relevait les courriers de “cibles”.

La police avait déjà établi un lien entre le groupe impliqué dans l’affaire Halimi et des tentatives de racket ayant visé des médecins à Paris fin 2004 et début 2005. Des personnes se faisant prescrire des arrêts maladies de complaisance exerçaient ensuite un chantage.

Dans certains cas, la violence était déjà présente. Une grenade a explosé devant le cabinet d’un médecin parisien en 2005 et des coups de feu et des cocktails motolov ont visé la résidence de Rony Brauman en 2004.

ANTISEMITISME EN TOILE DE FOND

L’ensemble de ces dossiers n’est pas encore juridiquement regroupé mais devraient l’être en début de semaine à Paris. Les faits visant les personnalités étaient jusqu’alors instruits à Nanterre (Hauts-de-Seine).

Dans tous ces cas, l’antisémitisme n’est pas absent mais ne semble pas le mobile principal, a précisé à Reuters un magistrat parisien.

Comme pour Halimi, le gang semble s’en être pris en 2004 à des Juifs et en 2005 à certains médecins dont les noms avaient une consonance juive, en supposant qu’ils avaient de l’argent.

“Ce qui m’inquiète, c’est ce caractère antisémite s’il est avéré”, a déclaré sur Arte Jérôme Clément, qui a raconté avoir reçu plusieurs courriers signés Armata Corsa et une cassette vidéo montrant des gens cagoulés tirant en l’air.

“Moi je suis d’origine juive et on peut se demander s’il n’y a pas complot ou menace sur la communauté juive. Il faut être extrêmement vigilant”, a-t-il ajouté.

Les juges d’instruction chargés de l’affaire Halimi, Baudoin Thouvenot et Corinne Goetzmann ont retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme.

Le parquet et les enquêteurs sont en désaccord. Pour eux, un crime est juridiquement raciste plutôt quand l’antisémitisme est le mobile unique des faits et non quand il constitue une toile de fond.

Dans l’affaire Halimi, 14 personnes sont mises en examen, dont douze en détention. La France va demander à la Côte d’Ivoire l’extradition de Youssef Fofana, chef présumé du gang. Son retour pourrait prendre plusieurs semaines.

Trois personnes devaient être présentées aux juges en vue de leur mise en examen samedi: un homme et deux femmes soupçonnées d’avoir été recrutées comme “appât” dans le sud de la France.

Un dernier suspect arrêté en Belgique est visé par un mandat d’arrêt européen.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


%d blogueurs aiment cette page :