19 octobre 2021
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Nous défendrons ensemble, avec les Juifs, la civilisation contre la barbarie

Dans la série des grands entretiens d’intellectuels, homme politiques et artistes réalisés par David Reinharc*, Philippe de Villiers a accepté de se préter au jeu des questions-réponses.
David Reinharc : Vous sortez actuellement : « les mosquées de Roissy » (Albin Michel) dans lequel vous utilisez des notes des services secrets français marqués du sceau du secret-défense. A en divulguer le contenu, ne craignez-vous pas d’ être poursuivi par le gouvernement français ?

Philippe de Villiers : Le principe du secret défense, c’est de protéger la « défense nationale ». On parle en droit du secret de la défense nationale. Je ne publie pas des documents classifiés de bon gré, mais contraint par une situation gravissime, où le pouvoir politique, informé par des notes d’alerte nombreuses et inquiétantes depuis près de dix ans, n’a pris aucune mesure pour protéger justement, la « défense nationale ». Faudra-t-il un 11 septembre en France pour que des mesures drastiques soient prises ? Il était de mon devoir de publier de tels documents. L’état d’infiltration et d’islamisation du pays a atteint un degré inacceptable, si nous laissons la table pourrir encore quelques mois, le premier qui frappera du poing la verra s’effondrer. Je veux éviter d’en arriver là.

DR : Vous révélez l’islamisation de Roissy. Les Israéliens ou les Français voulant se rendre en Israël peuvent-ils continuer à prendre l’avion, dans les structures aéroportuaires parisiennes, en toute sécurité ? Ou vaudrait-il mieux faire un détour par Londres, Madrid ou un aéroport de Province…?

PdV : Il y a en moyenne huit vols par jour en partance de Roissy à destination d’Israël. Ce qui représente environ 3000 vols par an décollant de Roissy pour atterrir en Israël. A la lecture de mon livre, vous découvrirez malheureusement qu’un vrai risque pèse sur l’ensemble des vols mondiaux, tant l’infiltration est profonde. Plusieurs islamistes en relation avec des organisations terroristes comme le GSPC ou Ansar al Islam travaillent par exemple dans des sociétés de bagagistes, qui mettent vos bagages dans les soutes, que dans les sociétés qui font le ménage dans les avions ou dans les sociétés de sécurité privées qui contrôlent les passagers lors de l’embarquement… En ayant laissé la situation s’aggraver par peur d’une inflammation –un rapport d’audit du ministère de l’intérieur français parle de Roissy comme, je cite, d’une « poudrière »- les politiques français sont responsables d’une menace qui pèse sur l’ensemble des destinations.

DR : Si je brosse votre portrait en ayant recours à la citation du titre du beau livre de Jünger, le Traité du rebelle, est-ce que vous en acceptez l’appellation?

PdV : Si être rebelle c’est avoir seul le courage de dénoncer l’islamisation de la France, alors oui, je suis un rebelle. Je me rebelle contre cette classe politique française lamentable de mensonges et de démagogie, qui alors qu’elle dispose de remarquables services de renseignement qui l’ont informée d’une situation intolérable et dangereuse, est terrorisée à l’idée d’une prise de mesure. La France se couvre de voiles à mesure que la classe politique se voile la face sur l’islamisation profonde du pays…

DR : On constate, de plus en plus, des transferts du FN vers le MPF. Etes-vous, par ce baiser de la mort, en train de faire perdre la bataille des signatures à Le Pen ?

PdV : Cette bataille ne m’intéresse pas. Je ne suis pas un politicien mais un patriote, ceux qui nous rejoignent sont les bienvenus d’où qu’ils viennent. Et puis en se positionnant en faveur de la bombe atomique islamiste iranienne, Jean Marie Le Pen s’est durablement décrédibilisé. En 2007 les français jugeront…

DR : On connaît les dérapages de Le Pen sur la Shoah et sa complaisance envers les négationnistes.
Quel est votre position à l’égard des « assassins de la mémoire » et faut-il selon vous, punir ceux qui, s’auto-proclamant historiens, nient la Shoah ?

PdV : Je suis comme vous le savez fils d’un médaillé de la résistance qui a été emprisonné et torturé par les nazis au camp de Lübeck. Le négationnisme est une abomination et je considère évidemment qu’il doit être puni. Quant aux historiens autoproclamés, l’histoire les jugera mieux que la loi… Mais vous savez, il y a un triste parallèle entre la situation actuelle et la manière dont, en 1938, les élites avaient la tête ailleurs, fredonnant face au péril qui montait la mélopée de « l’apaisement ». Quand aux intolérables dérapages de Le Pen, ils ne m’ont malheureusement jamais surpris venant de lui…

DR : Votre position face à nucléarisation de l’Iran ?

PdV : Aujourd’hui un danger grave, demain, si rien n’est fait, un drame historique… La bombe nucléaire aux mains des islamistes est la pire chose qui puisse arriver au monde dans les années à venir. Mais malheureusement, l’Iran n’est pas la seule menace, je m’inquiète d’ailleurs particulièrement de la situation du Pakistan après Musharaf…

DR : Dans la guerre contre l’axe du mal formé par les islamistes du Hamas, de l’Iran et les Syriens, et contre l’alliance islamo-progressiste antichrétienne, antioccidentale, antiaméricaine et antisémite, Israël vous paraît-il un allié naturel ?

PdV : Tout en nous gardant de tout messianisme, nous devons agir avec pragmatisme en nous attaquant aux véritables menaces. Aujourd’hui, la grande menace internationale est le terrorisme islamiste qui sévit dans les bus ou les restaurants israéliens mais aussi dans les grandes capitales européennes. Dans cette perspective, l’alliance des opposants à cette nouvelle barbarie est une évidence. Elle doit dépasser les clivages, quelques chefs d’Etats arabes luttent efficacement et honnêtement contre le fanatisme islamiste, eux aussi sont des alliés potentiels.

DR : Distinguez-vous l’antisémitisme d’extrême-droite néo pétainiste et celui issu des discours islamo-progressistes ?

PdV : Les deux sont terrifiants, mais je crois que ce nouvel antisémitisme des banlieues est une menace immédiate alors que l’antisémitisme d’extreme-droite est le fait de quelques groupuscules néonazis en voie d’extinction. Dans ces banlieues, il y a une augmentation frappante des agressions à caractère antisémites. Il est devenu impossible à un juif de sortir muni de sa kippa sans risquer d’être insulté ou frappé. Mon équipe et moi-même recevons de nombreux témoignages de juifs excédés par cette menace qui pèse sur leur vie ou sur celle de leur famille.

DR : Comment interprétez-vous cette « villiérisation » d’une partie de plus en plus grande de la communauté juive ?

PdV : Je suis heureux de voir que beaucoup de gens de la communauté juive de France se retrouvent dans mon combat contre ce fléau de l’islamisation. Mes relations avec la communauté juive ont pour autant toujours été chaleureuses. Les juifs de France sont les premiers touchés par ce phénomène et ils savent qu’ils peuvent compter sur ma détermination pour les défendre. Nous défendrons ensemble la civilisation contre la barbarie.

Retrouvez la suite de l’interview dans le dernier numéro d’Israël Magazine.

Site Officiel d’Israël Magazine

* David Reinharc : directeur litteraire, responsable d’Israël Magazine en France, journaliste. david.reinharc@yahoo.fr. Texte libre de droits si sont cités la source et l’auteur.

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