29 janvier 2023
Non classé

LA GUERRE EN DENTELLES

Autant je ne me fais aucune illusion sur la capacité des Européens et surtout des Français à surmonter leur aversion pour une Amérique qui gagne, autant me paraît-il de notre devoir le plus sacré de nous opposer à la dictature d’une pensée unique profondément destructrice du génie français.

Depuis les dernières guerres subversives dites de libération, les Français connaissent un état de paix apparent néanmoins fragilisé par les soubresauts d’un monde ouvert à tous les vents. Ainsi sommes-nous confrontés à des défits inédits dont les conséquences, d’avance, s’annoncent imprévisibles et même incalculables.

Tous ceux qui, depuis quarante ans, ont eu la chance de n’avoir connu aucune guerre, sous quelque forme que ce soit, devraient néanmoins faire l’effort salutaire d’écouter les anciens qui, eux, ont subi cette expérience traumatisante et qui savent bien que le monde n’est et ne sera jamais exempt de dangers.

Guantanamo représente l’une des conséquences obligées de la guerre totale qui nous a été officiellement déclarée, le 11 septembre 2001, par les tenants enragés d’une grande religion se trouvant aujourd’hui confrontée à une irruption universelle de la Liberté à laquelle, pour son malheur, elle n’a pas été préparée.

Sur un plan plus bassement matériel, on ne fait pas la guerre en dentelles si l’on désire vraiment la gagner. De plus, il faut bien comprendre que l’actuelle guerre mondiale à forte connotation terroriste qui a plongé la planète dans un bain de sang n’obéit plus forcément, aujourd’hui, aux mêmes lois de la guerre qu’hier.

En effet, l’objectif privilégié des terroristes n’est-il pas de semer la terreur en multipliant les attaques contre les victimes innocentes que sont les civils ? cette façon-là de faire la guerre, où l’inhumanité n’a d’égale que la lâcheté du procédé employé, peut-elle encore et toujours relever de la Convention de Genève ?

Nul ne saurait ignorer que bien des actions dites de “commandos” menées au cours de la Seconde Guerre mondiale et, par la suite, de plus en plus sur tous les théâtres d’opérations, n’obéissaient déjà plus stricto sensu aux règles classiques de la guerre puisque leur succès dépendait, avant tout, du secret bien gardé.

Pour Yves Roucaute : “Le secret ? il permet d’obtenir des informations sans que l’ennemi ne s’en doute, ne sachant qui est pris, ni quand. Il permet des infiltrations, des substitutions de personnes, des dévoilements de complicités, des jeux de désinformation”. Qui le contestera ?

Ce qui n’empêche nullement Dick Marty, qui dirige l’enquête européenne sur les vols secrets de la CIA de clamer : “Il est désormais clair (…) que les autorités de plusieurs pays européens ont activement participé, avec la CIA, à des activités illégales, que d’autres les ont ignorées en connaissance de cause, ou n’ont pas voulu le savoir“. Oui, et alors ?!

Les belles âmes doivent jubiler de voir mises au jour les turpitudes américaines grâce aux travaux inquisitionnels d’un vertueux justicier européen ! Nos grandes consciences aveugles, en appelant ainsi leur propre camp à se découvrir, font acte de trahison passible, en temps de guerre, de 12 balles dans la peau !!

Enfin, les médias français, en phase avec les télévisions arabes, se gardent bien de mettre en avant les mérites de l’armée américaine dans l’élimination physique du sanguinaire Abou Moussab al-Zarkaoui : car les horribles américains, pour avoir ainsi la peau de Zarkaoui, ne se seraient-ils pas livrés à un nouvel acte de guerre illégal ?

Librement !


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


%d blogueurs aiment cette page :