21 septembre 2020
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M. SARKOZY NE SE VEUT “NI THATCHER NI REAGAN”

Il est cependant un autre fait, non moins avéré. Ce courant de ralliements et d‘engouements de sensibilités libérales et nationales n’a pas été exempt d’interrogations à partir de l’hiver, et notamment au moment de la crise du CPE.

Certains ingénus se sont étonnés alors de voir le même ministre se démarquer assez visiblement de la solidarité gouvernementale. De bonnes et opportunes raisons ont toutefois su calmer les états d’âme des plus inquiets : le CPE était indéfendable ; le chef du gouvernement s’enferrait maladroitement, etc. Pas possible par conséquent de plomber les immenses espoirs de myrifiques réformes dans un petit combat mesquin de cette nature pour une minuscule mesure technocratique elle-même vouée à l’échec.

En ce début de l’été, pourtant, le questionnement semble devenu plus profond et plus large.

Le 7 juillet, par exemple, dans les Quatre Vérités, M. Alain Mathieu, président de Contribuables associés publiait ainsi un article remarqué sous le titre : « Nicolas Sarkozy est-il réformateur ? » dont la conclusion tombait, terrible : « Après 25 ans de pratique de l’étatisme chiraquien, Nicolas Sarkozy est-il partisan de la « rupture » avec le chiraquisme ? On peut de plus en plus en douter. »

Le 30 juin, sur autre terrain, intervenant dans mon libre Journal sur Radio Courtoisie, Henry de Lesquen, président de La Voix des Français et dirigeant du Club de l’Horloge, était allé plus loin encore. Il évoquait le domaine où précisément Sarkozy passe pour un « dur à cuire », celui de l’immigration sauvage et de la lutte contre l’islamo-terrorisme. Dans un réquisitoire implacable, méthodique et ininterrompu de 45 minutes, Henry de Lesquen dressa la liste des complaisances systématiques, des concessions et même des connivences lourdes de l’action ministérielle et des propositions politiques de M. Sarkozy avec les deux dangers qu’il passe ordinairement pour avoir vocation et faire profession de pouvoir conjurer.

Pour ma part, et me situant sur un terrain peut-être artificiellement distancié, je me suis permis d’invoquer seulement une observation des évolutions de l’opinion, à commencer par celle des messages envoyés de manière surabondante à la radio. Je l’ai fait indépendamment du cours du débat où, courageusement Mme Catherine Rouvier, professeur de Sociologie politique à l’université de Paris-Sud XI Sceaux, et par ailleurs membre de l’UMP s’efforça de défendre son président.

Ma question en effet se formule de la sorte :
– depuis l’hiver 2005 tous les politologues, tous les sondeurs, tous les vaseux communicants raisonnent comme si les 3/4 de l’électorat identitaire et sécuritaire (soit les votes qui depuis 20 ans se portent sur MM. Le Pen, Villers ou Mégret et qui semblent bien, représenter durablement 15 à 20 % sinon 25 % des Français) devaient inéluctablement se rallier en 2007 à M. Sarkozy dès le premier tour, hypothèse à partir de laquelle on l’estime appelé à dominer largement tous ses concurrents à droite.
– qu’a-t-on fait, qu’ont vraiment donné à cet électorat les divers gouvernements où M. Sarkozy s’est trouvé en vedette américaine depuis 2002 ?

Je crois pouvoir répondre moi-même à ma propre question : on ne leur a pas donné grand-chose.

Certains parlent de « lepénisation » des esprits. D’autres décrivent l’action gouvernementale comme « ultralibérale ».

Certains prétendent qu’on aurait fait d’importantes concessions langagières et symboliques et que cela suffirait à séduire une population jugée très manipulable.

Certains demandent même que toute revendication libérale ou identitaire se taise dans la période actuelle afin de permettre aux grandes consciences agréées et grandes intelligences diplômées de débattre sereinement dans leurs enceintes protégées, aseptisées et insonorisées, à l’abri des bruits de la rue et des odeurs de l’escalier.

Les drames est hélas que cette stratégie ne réussit, de toute manière, jamais.

« On », c’est-à-dire le ministre de l’Intérieur avait ainsi l’occasion, le 5 juillet dernier de donner une toute petite bouffée d’air respirable, à très peu de frais, aux Français nationaux. Ils ont « failli » être autorisés, pour la première fois depuis 1962, — ou plus précisément ils l’ont été, puis ils se sont vus notifier au dernier moment leur interdiction – d’honorer les morts de la tragédie occultée des centaines de Français assassinés ou enlevés, et torturés, par le FLN, après les accords d’Évian et singulièrement les victimes de la tragédie d’Oran du 5 juillet 1962. (1)

Peut-on rappeler à ce sujet que l’hommage au Soldat Inconnu n’avait jamais été empêché jusqu’alors et que les Français d’Algérie ont quelques titres à s’y rendre (2).

Sans doute est-il nécessaire de faire ici trois remarques :

1° Certains modernistes écervelés croient, ou affirment en feignant d’y croire, qu’il serait définitivement nécessaire de renoncer à toute évocation du passé. On ne construit pas l’avenir, soutiennent-ils, avec un rétroviseur. Il ne s’est rien passé, disait l’un d’entre eux, avant l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Répondons-leur qu’en effet nous serions plus heureux sans le matraquage permanent des mensonges historiques : par conséquent, que les marxistes et autres tribus de coupeurs de têtes commencent.

2° D’autre part, on ne saurait conduire une automobile pas sans une observation de certains dangers venant précisément de l’arrière, d’où l’utilité, et même l’obligation de l’équipement automobile dénigré par les modernistes écervelés.

3° Dans l’affaire évoquée, précisons aussi que depuis quelque temps ce sont les algéro-cocos, M. Bouteflika et ses relais de complaisance en France, qui agissent et redopublent d’initiatives et de discours agressifs. Ils attaquent à nouveau la France et les Français, dans le but évident de faire payer les contribuables hexagonaux pour retarder la faillite de l’économie algérienne.

La manifestation de l’Étoile du 5 juillet était organisée par l’Allo, Association strictement apolitique des anciens du lycée Lamoricière d’Oran, dirigée par M. Jean-Pierre Rondeau (3). Celui-ci est un ancien élu local UDF de Seine Saint-Denis.

Or, qui a mis en branle les réseaux de l’interdiction ?

– Rosa Moussaoui, 28 ans, membre de la Direction du Mouvement des Jeunes communistes, membre élu du Congrès du Parti communiste, journaliste à l’Humanité et correspondant d’un journal algérien (Le Soir d’Algérie).

– Mouloud Aounit, président du Mrap qui a cru pouvoir demander l’interdiction d’une manifestation dans une lettre menaçante (4) écrite au ministre Hamlaoui Mekachera.

C’est à ces gens-là, c’est-à-dire en clair à l’appareil du parti communiste que M. Sarkozy a cédé le 5 juillet.

Le 6 juillet, lors d’un meeting de plein air à Ballan-Miré aimable bourgade à la lisière de la Touraine et du Poitou M.Sarkozy déclarait : “Je ne suis pas un idéologue. Je ne suis l’otage de personne. J’ai une mission de rassemblement. Rassembler les libéraux, les gaullistes, les centristes, les Européens, les souverainistes. Je dois assurer la cohérence de l’ensemble. (…)”. Et il déclarait plus significatrivement encore “Je ne suis ni Mme Thatcher ni M. Reagan, je suis Nicolas Sarkozy.”

De cela, certes, personne ne doute.

Mais il va falloir très vite qu’il précise à quel camp il appartient, celui du marxisme étatiste ou celui de l’économie de liberté, celui des journalistes de L’Humanité, des flics de Bouteflika et des potes de Pol Pot, ou celui des Français.

L”Insolent

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