30 septembre 2022
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Valeurs occidentales: l’épreuve islamiste

(C’était il y a 7 mois : cet article n’a pas pris une ride -NDLR- : )

L‘Occident tout entier aurait du donc répondre fermement afin de signifier au monde islamique que la liberté d’expression est un acquis immuable de sa civilisation. Malheureusement la peur des représailles, appuyé en ce sens par le relativisme culturel et la bien pensance, a ébranlé la volonté et le courage de nombre de dirigeants, gouvernements et intellectuels.


Louons tout d’abord la bravoure du premier pays concerné, le Danemark, dont le premier ministre Anders Fogh Rasmussen a défendu corps et âme la liberté d’expression contre la fureur du monde islamique. En comparaison, l’attitude du journal danois à l’origine de la polémique contraste radicalement. La rédaction ayant en effet proposé à un journal iranien de publier des caricatures négationnistes sur l’Holocauste afin de s’excuser, trahissant ainsi le courage de feu le roi Christian X, qui avait courageusement endigué la déportation des Juifs de la péninsule danoise vers les camps de la mort nazis.


La Norvège, seconde cible des islamistes, a quant à elle adopté un comportement ambigu. Si le premier ministre de ce pays scandinave a affirmé que sa nation ne s’excuserait pas car “dans un pays comme la Norvège, qui garantit la liberté d’expression, l’on ne peut s’excuser de ce qu’imprime un journal“, il s’est ensuite excusé à titre personnelle et l’aile gauche du gouvernement, en la personne du ministre des affaires étrangères Jonas Gahr Støre, s’est empressée de condamner ces “marques d’intolérance et d’irrespect“.

Les pays anglo-saxons ont quant à eux fait preuve d’une certaine lacheté, condamnant la plupart du temps les caricatures de Mahomet au mépris de la liberté d’expression, engagement irakien oblige.

Ailleurs en Europe, la tendance gouvernementale a plutôt été à la “modération“, tentative maladroite de “concilier tolérance et liberté d’expression“. Le président français Jacques Chirac a dénoncé ce qu’il a qualifié de “provocation“, tandis que le premier ministre polonais Kazimierz Marcinkiewicz a déclaré que “les limites de la liberté d’expression bienséante [avaient] été dépassées“.

Cependant, comme le souligne Charles Krauthammer dans un éditorial du Washington Post, il est nécéssaire de dénoncer l’hyprocisie et le danger que représentent ces “modérés” européens qui se moquent allégrement de la religion mais font preuve d’une soudaine et étonnante sensibilité quand il s’agit de l’islam. Quant aux “modérés” du monde islamique qui condamnent les caricatures de Mahomet et partagent la rage de la rue musulmane, on leur accorde le mérite de récuser les attaques contre les ambassades et les représentations consulaires. Mais ont-ils jamais exprimé une quelconque opposition à la diffusion continue d’emissions antisémites, judéophobes ou christianophobes sur les canaux radiotélévisés locaux? Pis encore, loins d’être de potentiels alliés qui permettraient d’atténuer la furie devastatrice de leur coreligionnaires, ils constituent au contraire une menace bien plus insidieuse. Car bien que ne recourant pas aux moyens utilisés par ces derniers, mises à sac et destructions, ils poursuivent toutefois le même objectif; instituer le délit de blasphème et limiter de fait la liberté d’expression occidentale.

L‘attitude de l’Occident, majoritairement marquée par cette insupportable “modération” et caractérisé par une apathie abérrante devant l’attaque de ses ambassades, serait-elle un premier signe de capitulation civilisationnelle? Si dans l’esprit de la majorité des “modérés” occidentaux cette perspective peut paraître absurde, ce n’est certainement pas l’avis des islamistes qui ne manqueront pas d’y voir un signe évident et encourageant de faiblesse. Car il ne faut pas se leurrer, le monde musulman est bel et bien en train d’éprouver la détermination et le courage de nos démocraties à défendre leurs valeurs essentielles. Et que constate-t-il? Pusillanimité et débilité. La plupart des pays européens se sont peu à peu désolidarisés du pays “fautif” au lieu de le soutenir. “C’est lui, pas nous!” semblent crier les démocraties du Vieux Continent à l’attention du monde musulman, espérant ainsi être épargné par la furie islamiste, tandis que manifestent sur son sol, comme à Londres, des fondamentalistes appelant à “égorger ceux qui insultent l’islam“.

L‘Europe paraît espérer des jours meilleurs en attendant passivement que l’orage frénétique se dissipe, la vie politique et diplomatique pourra alors reprendre son cours normal. Mais les Européens semblent oublier que ce qu’ils ont mis des siècles à obtenir, ces valeurs dont le Vieux Continent est, à raison, si fier, peut leur échapper en une respiration historique. Aussi formidable soit il, aucun édifice n’est à l’abri d’un écroulement rapide. A fortiori lorsque ses gardiens, persuader de l’invincibilité de la structure, laissent vermine et climat la fragiliser lentement mais sûrement.

Source: Ordre 66

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