26 septembre 2020
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Premier tour : des raisons d’espérer

Étant nommé assesseur, j’ai participé au dépouillement au bureau de vote de ma commune dont le maire communiste n’a pas hésité à afficher publiquement son soutien à la candidate communiste Me Buffet. Au début de la soirée, j’étais comme un intrus perdu en territoire hostile. Puis une sorte d’intronisation larvée a opéré au fur et à mesure du dépouillement, c’est l’équipe en place qui s’est trouvée gênée. D’autant que le public était venu surveiller les opérations, se montrant plutôt suspicieux vis-à-vis de l’équipe municipale en place, corrigeant le moindre écart et surveillant la moindre faute.

A l’annonce des résultats de notre bureau de vote, le maire et ses adjoints étaient figés dans un silence glacé. Sarkozy faisait mieux qu’au niveau national, se démarquant nettement des autres candidats avec un taux de participation proche de 90 % ; Le Pen dépassait Bayrou ; Buffet ne parvenait pas à décoller ; et les antilibéraux récoltaient zéro bulletin. Voir cette équipe se décomposer à mesure qu’ils prenaient conscience de l’effondrement de la gauche fut une source de bonheur intense comme on n’en connait rarement dans la vie. Tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont fustigé le libéralisme, avec une complicité plus ou moins avouée des médias locaux, étaient renvoyés aux oubliettes qu’ils n’auraient jamais dû quitter.

Je tire à chaud trois grandes leçons de ce premier tour :

1. Malgré l’audience médiatique des candidats farfelus que les médias jugeaient plutôt « sympathiques », tous plus anti-libéraux les uns que les autres, ces candidats sont renvoyés à leurs chères études par les français qui en ont ras le bol d’être pris pour des ignares. J’espère que ces candidats auront la lucidité et la dignité de se retirer de la vie politique aux vues de leurs scores lamentables plutôt que d’entonner le refrain aigri de la revanche non légitime. Ceci prouve qu’il ne suffit pas de parader dans les studios de télévision pour faire de la politique, ce qui devrait méditer tout libéral soucieux de rendre efficace son action et légitime son engagement.

2. Alors que les médias nous expliquaient que le clivage gauche/droite n’était plus pertinent, les français ont rappelé que le centre n’est pas tenable en France : au moment le plus crucial de la vie politique de notre pays, il faut savoir choisir son camp et on ne peut pas être mi-gauche ou mi-droite. J’espère que M. Bayrou ne prendra pas le risque d’organiser le retour d’une gauche archaïque et revancharde et je forme le vœu que les libéraux qui se sont laissés séduire par les sirènes des sondages seront retrouvés la seule troisième voie qui soit viable pour notre pays.

3. Avec un taux de participation record, le résultat est sans appel et la légitimité de Sarkozy ne peut être contestée. Aucun troisième tour dans la rue n’aurait de légitimité. Les français veulent clairement une rupture, un changement, mais ils ont pris soin de ne pas se jeter dans les bras d’un vote contestataire totalement contre-productif.

Le peuple français m’a fait plaisir. Ainsi, les français tournent le dos à l’impasse et revendiquent une espérance. Il appartient aux libéraux de se détacher des calculs politiciens. Ils ne doivent plus être tentés par un anti-sarkozysme qui était devenu primaire et indigne du débat politique. Les français attendent des réformes et ils ont exprimé leur ras-le-bol du tout social, du socialisme, de l’assistanat et du politiquement correct.

Une nouvelle dynamique est enclenchée à laquelle toutes les forces réformatrices d’inspiration libérale doivent s’associer.

Perpignan, le 24 avril 2007
http://caccomo.blogspot.com/

PS : A partir de ce jour, mes chroniques de résistance deviennent des chroniques d’espérance

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