4 août 2020
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Interview exclusive de Philippe Trodétron ( comédien)

Philippe Trodétron : Je crois que vous avez déjà compris qu’il s’agit d’une simulation extrêmement périlleuse de simulation déstabilisatrice qui, quand elle fonctionne, peut mettre un adversaire à terre de manière irrémédiable. Ce travail a demandé des heures d’efforts et beaucoup de visionnages et d’analyses de vidéos

Le journaliste : En considérant les résultats qu’elle a obtenus, diriez-vous aujourd’hui qu’elle n’a pas assez travaillé cet exercice ?

Philippe Trodétron : Absolument pas ! Elle a été parfaite ! Et quand elle a prononcé l’expression « saine colère », tant de fois répétée au cours de nos séances de travail, même moi j’y ai cru ! Cela a été un grand moment de la gauche que j’aime. Malheureusement ce genre de technique nécessite des sujets porteurs qui doivent être parfaitement maîtrisés. Ce qui ne fut pas le cas.

Le journaliste : Lorsqu’elle a interrogé son adversaire au sujet de la répartition de l’énergie nucléaire, là encore, tous avons senti que c’était là le fruit d’une préparation et d’un travail de haute voltige. Y avez-vous participé ?

Philippe Trodétron : Oui …Il s’agit d’une autre technique peu utilisée dans nos cours habituels mais qui peut être d’une très grande utilité. Les anciens l’appellent la technique de l’inquisition ou « technique Torquemada ». Il s’agit pour le bateleur d’interroger son interlocuteur de manière violente et directe sur une question appelant une réponse claire et précise. Le ton doit être celui du maître interrogeant un mauvais élève. Et alors de deux choses l’une : soit votre interlocuteur vous répond correctement sans reprendre son souffle auquel cas il apparaît comme un dominé, un esclave servile se pliant à votre exigence, – et vous avez gagné- soit il commence à élaborer sa réponse ce qui vous permet de faire passer ce temps d’attente comme son incapacité à répondre. Vous pouvez alors l’interrompre pendant qu’il construit sa réponse oralement en lui disant par exemple : « Je vois que vous ne connaissez même pas la réponse à cette question » . – et là encore vous gagnez – Mais il vous faut instantanément embrayer sur un autre sujet afin de brouiller les cartes. C’est un exercice périlleux et Ségolène n’y était pas assez préparée. Il nécessite une condition irréductible : connaître soi-même parfaitement la réponse à la question posée, sinon le piège se retourne cruellement contre son instigateur et laisse entrevoir au public le secret du subterfuge.

Le journaliste : Ne vous sentez pas un peu responsable de son désastre ?

Philippe Trodétron : Je l’ai déjà dit, je ne suis pas un politique. Ségolène a été pour moi une élève exceptionnelle, et de loin la meilleure. Si elle a parfaitement maîtrisé les techniques et leur timing, le choix des sujets porteurs ne m’appartient pas. Ce n’est pas à moi d’en juger l’opportunité. Il existe pour cela des conseillers en désinformation. Je regrette aujourd’hui que l’organisation des campagnes ne nous a pas permis de travailler ensemble. C’est d’ailleurs une proposition que je vais soumettre au PS.

Le journaliste : Philippe Trodétron , je vous remercie.

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