2 février 2023
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La responsable du service étranger de France Info fait du villepinisme

Cette responsable médiatique du service public raisonne toujours de façon mécaniste, tiers-mondiste, marxiste-léniniste, behavioriste en fait, indiquant que l’on devient islamiste semeur de mort, y compris sur les marchés et lors des enterrements, par réaction à la misère. Ou par sursaut patriote. On a beau rétorquer que dans ce cas en Afrique et dans les favelas brésiliennes (où le nombre de morts journaliers par balles est supérieur à celui existant en Irak) le “vivier” est tel qu’il devrait “produire” du kamikaze au mètre ; pourtant ce n’est pas le cas : pourquoi ?…

A Gaza les palestiniens s’entretuent et certaines rumeurs font écho du désir de certaines franges de la population à voir entrer l’armée israélienne pour rétablir l’ordre. La formule intellectuelle du vivier, ici, marche évidemment puisque tout est la faute d’Israël, absolument tout, répète la nouvelle responsable de l’OLP à Paris à un autre journaliste de France Info qui a tout de même la force de lui signaler que c’est un peu court, mais rien n’y fait, la théorie du vivier bat son plein et absout les dénommés gentils, configurés en haut lieu par l’intelligentsia parisienne.

Celle-ci s’est construite un monde imaginaire depuis les années 60 : tout est de la faute des USA et donc du libéralisme point final. Et puis c’est à cause du colonialisme que les pays dominés par l’arabo-islamisme ne décollent pas alors qu’ils sont indépendants depuis bientôt cinquante ans : presque un demi-siècle, qui a vu des pays sous développés comme l’Irlande, l’Espagne, le Portugal, en sortir, et maintenant, depuis quelques années, la page semble tournée dans nombre de pays du Golfe, en Afrique, en Asie, malgré les tentatives désespérées des tyrans et de leurs affidés des beaux quartiers parisiens berlinois londoniens séouliens newyorkais.

Mais l’on sentait autre chose dans la voix de cette responsable du service étranger de France Info : elle ne voulait pas voir s’écrouler son monde imaginaire sympa et pacifié roulé façon couscous épicé et thé à la menthe pris à la Mosquée de Paris en passant par l’Institut du Monde Arabe et quelques émissions où l’on vante depuis cinquante ans l’Andalousie et les découvertes mathématiques incommensurables des ” Arabes”qui, sans les Croisades, seraient au faîte du monde. Et pour la bonne cause. Ils domineraient, certes, mais mille et une fois fois mieux que l’Occident. Pourquoi ? Et comment en est-on si sûr ? Peu importe, la guerre en Irak a tout cassé. Résultat: nous avons le “choc des civilisations” qui, toujours selon cette apologue de Villepin, n’a pas d’autre issue que la mort. Comme si ce choc était décidé d’Occident ! Alors que la théorie du choc est défendu dans les milieux artistiques afin de faire prendre conscience qu’il existe un autre monde hors du rêve et que même certains l’appellent la réalité. Autrement dit, il n’était plus possible qu’un Saddam fasse planer l’espoir d’une reconquête djhadiste avec l’instauration d’un nouveau califat comme il avait tenté de le faire en envahissant le Koweït en 1990.

Il est dommage que le service public de la radiodiffusion fasse plutôt du discours magique depuis des dizaines d’années. Sans que la contestation d’aucune sorte ne soit autorisée sinon par inadvertance au fil d’une interview alibi. Un changement de direction n’y suffira pas de toute façon et même aura l’effet inverse. Il faudrait peut-être juste proposer de nouvelles émissions, de nouvelles têtes, de nouveaux sons de cloche : un peu de discrimination positive que diable : dans une équipe de quinze ultra gauchistes pro palestiniens ce serait bien le diable s’il n’y avait pas moyen de glisser un vrai journaliste à qui l’on ne demanderait même pas d’être ultra-libéral pro israélo-bushiste ; on lui proposerait juste de faire son boulot, honnêtement, c’est tout.

Et il ne s’agit pas seulement de France-Info à vrai dire, tous les médias, exceptés quelques plumes indépendantes, et qui l’ont payé de leur poste pour certaines, ont entretenu l’idée que le totalitarisme islamiste est né de la misère et a été amplifié par la guerre en Irak. C’est devenu un leitmotiv, une obsession, car cela remet tellement de choses en cause, voire d’intime teinté d’orientalisme ouaté qu’exposer le contraire s’avère insupportable. Or, c’est précisément là dans ce refus de nommer l’ennemi que gît l’incohérence et en même temps l’expression de ce progressisme scientiste made in 19-20ème siècle qui reste persuadé que l’homme n’est que le produit des circonstances, qu’il n’a pas de liberté de choix, qu’il n’est qu’un jouet de structures qui le dépassent et donc que le totalitarisme issu du tiers-monde est contre-nature, n’est qu’imitation. D’où l’idée de se mépriser, de se haïr, doublement, plutôt que de reprocher à l’autre d’être aussi travaillé par la volonté de puissance et le mal. Mais comme ceux-ci ne sont qu’un effet de la culture dominée par le règne de la propriété privée, supprimons celle-ci ou jugulons là à l’eau de rose et tout rentrera dans l’ordre et connaîtra la paix.

Voilà le coeur de l’idéologie scientiste et romantique tout à la fois qui anime nos médias. Les méchants, les vrais, peuvent en rire et ils ont bien raison puisqu’ils portent en permanence le masque des gentils, quoi qu’ils fassent.

Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

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