11 août 2020

A Messieurs Frédéric LEFEBVRE, porte-parole UMP et Dominique PAILLE, porte-parole adjoint

Permettez-moi de vivement m’étonner du contenu du communiqué que vous avez signé conjointement, en date du 11 mars dernier, sur le prétendu scandale (dixit Laurent Wauquiez) dont le groupe Total se serait rendu coupable. A l’instar d’une large majorité de politiciens toutes tendances confondues, vous reprochez donc à Total de profiter de la crise pour restructurer certaines de ses activités sans prendre en compte la dimension sociale de cette action. Sous prétexte que Total aurait engrangé près de 14 milliards d’euros de profits (horresco referens) en 2008, vous le blâmeriez volontiers d’anticiper et d’assurer ainsi son avenir au nom d’une hypothétique morale politique de confort. Selon vous, en effet : "Une société comme Total dont le succès repose sur les besoins en produits pétroliers des entreprises et ménages français doit rendre à la collectivité ce que l’économie française lui a apporté".
 Sincèrement, n’êtes-vous pas conscients qu’un tel raisonnement moralisateur dans lequel, d’ailleurs, les termes de l’échange sont biaisés, relève plus du sophisme que de la pratique économique telle que les entreprises la vivent en tous lieux du monde ?
 Vous reconnaissez vous-mêmes que "Total a souhaité préciser aujourd’hui que la suppression annoncée de 555 postes se ferait sans licenciements, par recours à des départs en retraite et préretraites volontaires ainsi que par la mobilité interne (…)". Mais tout cela, pour vous, n’est pas encore assez puisque vous enjoignez Total :
 
    1/ "d’annoncer des investissements dans les énergies alternatives et de participer ainsi à la croissance verte qui est créatrice d’emplois.
 
    2/ "de présenter un bilan très précis du plan annoncé en termes d’emplois. Ce bilan devra démontrer très clairement que la restructuration envisagée par Total et sa stratégie d’investissements soient créatrices nette d’emplois; que les emplois ainsi créés seront des emplois directs et pérennes au sein du groupe Total dont les conditions salariales seront comparables à celles des emplois détruits". Dont acte.
 
     Et pour justifier cet interventionnisme effréné vous écrivez : "Aux yeux des Français, un bilan financier positif appelle un bilan social au moins aussi positif. Total, 1ère entreprise française se doit d’être exemplaire". Ce qui, hélas, n’est manifestement pas le cas de l’Etat et ce, depuis des lustres ! 
 
    Le 13 mars dernier, François Fillon a déclaré : "Je ne fais pas partie de ceux qui se livrent au sport national qui consiste à dénigrer une des plus belles entreprises françaises, une de celles qui rapporte le plus de richesses à la France". Franchement, il était temps que quelqu’un sauve l’honneur !
 
    Messieurs les porte-parole, croyez-moi, fichez donc une paix royale à ceux dont le métier est de créer des richesses et faites plutôt en sorte, à la place éminente qui est la vôtre, de rendre à la France ses lettres de noblesse.
 
    Respectueusement.

Librement !
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