18 juin 2021

G. W. Bush prononce un discours à l’hôtel Reine-Élizabeth à Montréal

« Non, je ne regrette rien. » Voilà comment il est possible d’intituler le discours courageux du 43e président des États-Unis, prononcé  ce jeudi  29 octobre à l'hôtel Reine Elizabeth, à Montréal.

 

Dans son allocution de 45 minutes, et dans la discussion de 45 minutes qui a suivi avec le nouveau délégué général du Québec à New York, John Parisella, George W. Bush a surtout défendu la guerre au terrorisme qui a caractérisé ses deux mandats.

« J'ai pris les décisions qui devaient être prises », a-t-il dit, martelant à plusieurs reprises qu'il n'avait jamais dérogé à ses principes, au risque d'être impopulaire. « À chaque jour, je me demandais comment protéger notre territoire. »

Il a, au passage, remercié les Canadiens qui paient un tribut qu'il a qualifié de « disproportionné » en Afghanistan. « Mais cela en vaut-il la peine? Oui » a-t-il répondu à sa propre question.

« Je n'ai jamais fait campagne pour être président en temps de guerre », s'est-il défendu, faisant allusion aux attentats du 11 septembre 2001, là où tout a commencé. Et il a raconté une anecdote qui fera partie du livre qu'il est en train de rédiger.

Ce jour fatidique, il a reçu un appel téléphonique du premier ministre japonais d'alors, Junichiro Koizumi, l'assurant de son appui et de son amitié dans cette épreuve. « Moins de 60 ans auparavant, mon père combattait le Japon. C'était notre ennemi juré. Aujourd'hui, c'est notre allié contre le terrorisme. »

Cet exemple montre, selon M. Bush, combien les idéaux de démocratie et de liberté peuvent se répandre. Il a ajouté avoir confiance que ces idéaux domineront, un jour, au Moyen-Orient et que la région cessera d'être un terreau fertile aux extrémistes.

Dans l'échange qui a suivi le discours, John Parisella a demandé à l'ex-président républicain à quoi ressemblerait le monde si l'invasion de l'Irak n'avait pas eu lieu. Selon George W. Bush, on aurait assisté, en ce moment, à une dangereuse course à l'arme nucléaire entre l'Iran chiite et l'Irak sunnite. Toujours selon M. Bush, le gouvernement de Saddam Hussein aurait mis sur pied des organisations armées sunnites, à l'instar de l'Iran qui finance le Hezbollah.

Dans son discours, l'ex-président a également défendu le libre-échange. C'est en dénonçant la clause Buy American du plan de relance de l'actuel président Barak Obama qu'il a déclenché les applaudissements les plus nourris dans l'auditoire, composés d'un millier de gens d'affaires montréalais et d'Américains vivant dans la métropole.

Il a aussi appelé l'administration Obama à se retirer le plus rapidement possible de l'industrie automobile. « Les mesures temporaires doivent être temporaires. Le secteur privé est le moteur qui va nous sortir de là », a-t-il ajouté, en parlant de la crise économique qui continue de sévir aux États-Unis.

Cette crise, selon lui, n'a pas été causée par la cupidité, mais par une exubérance incontrôlée des marchés financiers.

Il a admis qu'il ne comprenait rien aux produits financiers qui étaient mis au point ces dernières années. « Et je m'y connais, en finance », a-t-il ajouté.

Il a indiqué que, pour redémarrer, l'économie américaine avait besoin d'énergie bon marché. Il a provoqué d'autres applaudissements en disant qu'il préférait le pétrole canadien à celui de pays « qui nous détestent ».

Il s'est également félicité du fait que le Canada exportait de l'uranium vers les États-Unis. L'énergie nucléaire sera un élément important du « cocktail énergétique » de l'avenir dans son pays. « Et ça n'émet pas un iota de gaz à effet de serre », a-t-il ajouté.

Sur une note plus personnelle, l'ex-président a fait rire l'auditoire en parlant de sa nouvelle vie de « regular Joe », d'homme ordinaire. « En me rendant dans une quincaillerie, l'autre jour, un homme m'a abordé en me disant que je ressemblais drôlement à George W. Bush. Je lui ai répondu qu'on me dit ça tous les jours! Et il a dit: "Oh! Ça, ça doit vous fâcher!" »

Il a également surpris par sa candeur. John Parisella lui a demandé ce qu'il regrettait le plus de ses huit années à la présidence: « Ma gestion de [l'ouragan] Katerina, a-t-il admis. Mes échecs dans la réforme de la sécurité sociale », a-t-il ajouté.

Dans les dernières minutes de la prestation, il a commis un intéressant lapsus en parlant d'un discours qu'il a livré le 1er mai 2003 à bord du porte-avions Abraham Lincoln. L'ex-président a dit regretter « m'être rendu sur ce porte-avions en disant "Mission impossible" ». Son message, en fait, ce jour-là, était plutôt: mission accomplie.

Le millier de personnes qui s'étaient déplacées pour l'occasion ont payé 400 $ le couvert. Tous les invités ont dû passer au détecteur de métal avant d'être admis à l'intérieur de l'hôtel  Reine Elizabeth  pour voir l'ex-président Bush à Montréal.

 Au niveau de sa politique étrangère , l’histoire n’oubliera pas que le 43e président des États-Unis  est parmi ceux qui ont  contribué à faire progresser les idées de liberté dans le monde musulman. Pour les 28 millions d’Irakiens, pour les 31 millions d’Afghans mais aussi, à plus long terme, pour des centaines de millions de personnes vivant au Moyen-Orient, ce qui s’ébauche ici, c’est une révolution civilisationnelle d’envergure inouïe, révolution dont on n’a pas pris (ou dont on ne veut pas prendre) encore la mesure.

 

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