15 avril 2021

Climatgate-suite

02 Mars 2010 : l'IOP, le prestigieux "Institute Of Physics" Britannique , qui regroupe la quasi totalité des physiciens britanniques et de nombreux étrangers, ne mâche pas ses mots dans un tout récent mémorandum transmis au Comité d'Enquête sur

UKparl

la Science et la Technologie du Parlement Britannique, au sujet du Climategate, (les documents du Climate Research Unit (CRU) de l'Université d'East Anglia), l'un des piliers du GIEC.

Il est assez rare que je donne la parole à une Institution toute entière dans cette page. Je fais une exception pour l'Institute Of Physics UK que j'ai souvent eu l'occasion d'apprécier. L'IOP est une vénérable (fondée en 1874) société scientifique à but non lucratif qui a pour mission "d'accroître la pratique, la compréhension et les applications de la physique". Elle gère la collection des revues "Journal of Physics A, B, C etc".. dont la réputation de sérieux est bien connue. Dotée de 36000 membres, elle est la soeur Britannique de l'American Physical Society (l'APS) qui en regroupe à peu près autant. Je vous rappelle que l'IOP avait organisé un débat scientifique public entre Richard Lindzen (sceptique) et T.Thorpe (GIEC)… dès Juin 2007. Saluons leur sens de l'objectivité scientifique pour avoir mis en place un tel débat… plus de 2 ans et demi avant nos timides tentatives.

Une lecture attentive du document déposé par l'IOP auprès du Parlement Britannique est recommandée pour les anglicistes. Pour les autres, voici une traduction en français du texte des 12 premiers points (sur 13) évoqués par l'IOP. Le 13ème point concerne l'indépendance des données de température du CRU par par rapport à celles du GISS et de la NOAA. Il est particulièrement technique et .. obscur.
C'est l'IOP qui parle …
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1. A moins qu'il soit prouvé que les emails sont des contrefaçons ou des adaptations, L'Institut est préoccupé par le fait que des

philjones

implications inquiétantes puissent affecter l'intégrité de la recherche scientifique dans ce domaine de recherche ainsi que la crédibilité de la méthode scientifique telle qu'elle est pratiquée dans ce contexte.

2. Les e-mails du CRU, tels qu'ils ont été publiés sur Internet apportent, de prime abord, l'évidence du refus concerté et déterminé, de se plier aux traditions scientifiques honorables et à la loi de liberté de l'information (NDT : FOI). Le principe suivant lequel les scientifiques doivent accepter d'exposer leurs idées et leurs résultats à une analyse indépendante et à la réplication par les autres, ce qui exige l'échange ouvert des données, des procédures et des matériaux, est vital. La non conformité [avec ce principe] a été confirmée par les résultats des enquêtes du Commissaire à l'Information. Ceci va bien au delà du CRU lui-même – la plupart des e-mails ont été échangés avec des chercheurs appartenant à un grand nombre d'autres institutions internationales qui sont également impliqués dans la formulation des conclusions du GIEC sur le changement climatique.

3. Il est important de réaliser qu'il y a deux catégories différentes de jeux de données qui sont impliquées dans les échanges de e-mails du CRU : Ceux qui résultent de la compilation des mesures instrumentales directes des températures des terres et des surfaces océaniques, telles que les jeux de données du CRU, du GISS et de la NOAA, et ceux qui concernent les reconstructions des températures historiques à partir des mesures issues d'indicateurs (NDT: proxys), tels que, par exemple, les anneaux de croissance des arbres.

4. La seconde catégorie relative aux reconstructions à partir des proxys, sert de base à la conclusion que le réchauffement du XXème siècle est sans précédent. Il est possible que les reconstructions qui ont été publiées, ne représentent qu'une partie des données brutes disponibles et peuvent être sensibles au choix qui est effectué et aux techniques statistiques utilisées. Des choix différents, des omissions ou des analyses statistiques peuvent conduire à des conclusions différentes. Cette possibilité était, à l'évidence, la raison pour laquelle quelques unes des demandes pour un complément d'information, ont été rejetées .

5. Les e-mails révèlent des doutes quant à la fiabilité d'un certain nombre de reconstructions et soulèvent des questions quant à la manière dont elles ont été représentées, telles que, par exemple, la suppression apparente dans des graphiques largement utilisés par le GIEC des résultats des proxys pour les dernières décennies qui ne sont pas en accord avec les relevés instrumentaux des températures contemporaines.

6. Il y a aussi matière à s'inquiéter de l'intolérance à la contradiction, mise en évidence dans les e-mails. Ceci fait obstacle au processus scientifique "d'auto-correction" lequel est vital pour l'intégrité du processus scientifique tout entier et pas seulement pour la recherche elle-même. Dans ce contexte, les e-mails du CRU relatifs au processus de revue par les pairs (NDT : peer-review) suggèrent la nécessité d'effectuer une enquête sur sa pertinence et sur son objectivité telle qu'elle est pratiquée dans ce domaine (NDT: des recherches sur le climat) et sur sa possible vulnérabilité vis à vis des biais ou des manipulations.

7. De manière fondamentale, nous considérons qu'il serait inapproprié, pour ce qui concerne la vérification de l'intégrité du processus scientifique, de le rendre dépendant des appels à la législation sur la Liberté d'Information (NDT ; FOI). Néanmoins, il a été montré que le droit d'y faire appel, s'avère nécessaire. Les e-mails (NDT: du CRU) sont une illustration de la possibilité de constituer des réseaux de chercheurs de même opinion qui excluent efficacement les nouveaux venus. L'exigence que les données électroniques soient rendues disponibles à tous, au moment de la publication, éliminerait cette possibilité.

8. Dans une démarche qui viserait à rétablir la confiance dans le processus scientifique et qui conduirait à une meilleure transparence dans le futur, les bureaux éditoriaux des journaux scientifiques devraient travailler à instaurer l'obligation, pour les auteurs, de fournir des archives électroniques des données, lors de la publication. L'avis des experts (issus des bureaux éditoriaux) serait requis pour déterminer la catégorie de données qui devraient être archivées. Beaucoup de données 'brutes" exigent un étalonnage et un traitement à l'aide de codes (NDT : informatique) faisant appel à l'interprétation à des niveaux variés ( NDT: Autrement dit : le traitement des données brutes se fait avec une certaine idée du résultat "attendu").

9. Quand la nature de l'étude suppose une vérification directe par l'expérience, tel que dans le cas de mesures dépendantes du temps effectuées sur le terrain, il est important que les exigences incluent l'accès à toutes les données originales brutes et à leur provenance, de même qu'aux critères qui ont été utilisés pour cela ainsi que leurs conséquences, de même que toutes les sélections subséquentes, les omissions et leurs ajustements. Le détail de toutes les procédures statistiques nécessaires pour la vérification indépendante et la reproduction, doit aussi être inclus. En parallèle, il doit être satisfait aux exigences d'une ouverture minimale aux codes informatiques de modélisation par ordinateur.

La terminologie de référence et les objectifs de l'Enquête Indépendante annoncée le 3 décembre 2009 par l'UEA (NDT ; L'université d'East Anglia, la tutelle du CRU ) sont-ils satisfaisants ?

10. L'objectif de l'enquête par l'UEA est, de manière inappropriée, limité aux allégations de mauvaise conduite scientifique et à la non conformité avec la loi de Liberté de l'Information (NDT : FOI Act). Or, la plupart des e-mails ont été échangés avec des chercheurs d'un grand nombre d'institutions clefs, impliquées dans la formulation des conclusions du GIEC sur le changement climatique. Dans la mesure où ces scientifiques ont été complices des fautes professionnelles alléguées, il est nécessaire de mener une enquête plus étendue sur l'honnêteté du processus scientifique dans ce domaine.

11. Le premier des termes de référence de l'examen est limité à "…manipulation ou suppression de données contraires avec la pratique acceptable de la science…." . Le mot "acceptable" n'est pas défini et il gagnerait à être remplacé par "objective".

12. Le second des termes de référence de l'enquête devrait aller plus loin que l'examen de la politique du CRU et de ses pratiques, afin de savoir si l'infraction est le fait d'individus (NDT : isolés), tout particulièrement en ce qui concerne leurs relations avec d'autres sortes d'écarts à la pratique de la science objective, tels que, par exemple, la manipulation du processus de publication et du système de revue par le pairs ou en permettant à des conclusions préconçues de prendre le dessus sur l'objectivité scientifique.
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The Institute Of Physics
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Quelques remarques : Si on connaît bien le milieu scientifique et notamment le sens de la rigueur et de l'objectivité qui règne parmi les physiciens de l'IOP dont les déclarations sont toujours soigneusement mesurées, on imagine que ce document a dû exiger un grand nombre de discussions de la part des responsables de cette honorable Institution. De manière générale, ce genre de processus conduit inévitablement à des textes consensuels, relativement édulcorés, typiques de "l'understatement" anglais.

C'est pourquoi, il est très surprenant que l'IOP ait rédigé un texte terriblement acéré et littéralement destructeur pour le CRU de l'Université d'East Anglia et, de manière plus générale -c'est répété à deux reprises dans le mémorandum- pour tous ceux "qui sont également impliqués dans la formulation des conclusions du GIEC sur le changement climatique".
Tout y est : La constitution de réseaux de "copains" ("culture tribale" avait dit Mike Hulme) ou de "chapelles", le refus de communiquer les données brutes et les méthodes d'analyse redoutant que d'autres découvrent des manipulations, la dissimulation des données montrant le désaccord des mesures dendrochronologiques et des mesures réelles pour la période récente, l'action concertée et organisée contournant et invalidant le processus de peer-review, la manipulation du processus de publication, les doutes sur la régularité de l'utilisation des proxys et des statistiques (crosses de hockey), les écarts à la pratique de la science objective, etc.. ainsi que je l'avais signalé dans cette page d'analyse des e-mails du CRU.
Et de fait, je constate que le mémorandum rédigé par les instances de l'IOP est nettement plus critique que ma propre analyse sur le sujet.

Connaissant l'estime que les Anglais portent à l'IOP qui bénéficie d'une réputation d'intégrité jamais démentie, on peut penser que le mémorandum de l'Institute of Physics pèsera d'un grand poids dans les conclusions des représentants du Parlement Britannique.

Tout comme d'ailleurs le mémorandum transmis par la Royal Society of Chemistry (46000 membres) qui, quoique moins précis que celui de l'IOP, critique vertement le refus de l'équipe de Phil Jones de transmettre ses données à la collectivité pour vérification. D'autres mémoranda ont également été transmis au Parlement Britannique pour l'enquête en question.
Ainsi, il semble bien que l'enquête diligentée par le Parlement Britannique s'effectue avec le plus grand sérieux et qu'elle ait des chances réelles d'aboutir à des conclusions qui seront rendues publiques et qui se révéleront, sans doute, désatreuses pour les pratiques des institutions regroupant le petit noyau de chercheurs qui a rédigé l'essentiel des travaux du groupe I du GIEC. Lequel, comme vous le savez, est à la base de toute cette affaire. Cela va de pair avec les graves critiques portées sur le travail du groupe II (Himalayagate, malariagate, nederlandgate, africagate, amazongate etc…) du GIEC.

On perçoit aussi aux Etats-Unis, les effets de la vague croissante des critiques envers le GIEC et ses pratiques. Ainsi, l'APS, l'American Physical Society vient d'envoyer à tous ses membres (dont je fais partie) un message de son président indiquant que " I am writing to request your attention to an important matter regarding the 2007 APS Statement on Climate Change." Soit : "Je vous écris pour attirer votre attention sur une affaire importante qui concerne la déclaration faite par l'APS en 2007 sur le changement climatique".
Je rappelle que l'APS comme la grande majorité des sociétés savantes, avait enfourché le cheval de bataille du réchauffement climatique anthropique, sans effectuer la moindre consultation auprès de ses membres. L'insistance et le nombre croissant des physiciens sceptiques, ainsi, sans doute, que la prise de position très nette de la société soeur anglaise (l'IOP), ont décidé le bureau de l'APS a effectuer (enfin !), une enquête auprès de l'ensemble de ses quelques 40000 membres. J'en connais beaucoup qui seront heureux de s'exprimer à cette occasion et qui pourront, enfin, faire savoir ce qu'ils en pensent.

Ainsi, manifestement, le vent a nettement tourné, d'ailleurs de pair avec les opinions publiques anglophones (chez nous ?): Le GIEC, ses conclusions et ses contributeurs, sont dans la tempête.

Chez nous, alors que le Parlement Britannique a lancé une investigation approfondie sur cette grave question de détournement de la science par les membres du groupe I du GIEC, alors qu'un nombre croissant d'erreurs sont relevées dans les travaux du groupe II du GIEC, alors que l'UNEP de l'ONU vient de décider de lancer une enquête sur Pachauri, les médias et la grande presse nationale (le "Journal de Référence", Libé) continuent de faire la sourde oreille et à minimiser tout cela. Pourtant, les choses évoluent à grand vitesse au plan international, au point qu'il est fort prévisible que des évolutions importantes vont bientôt survenir visant à restructurer en profondeur la "science climatique" mondiale. Sans nul doute, pour le bien de la science et pour le bien de tous.

Notre presse écrite, loin d'analyser sereinement la situation nouvellement créée et d'en informer ses lecteurs, persiste à lancer des campagnes de presse aussi venimeuses que dérisoires à l'encontre de ceux qui osent émettre le moindre doute sur la Bible du Réchauffement Climatique vue par le GIEC, et notamment sur la célébrissime crosse de hockey. Ce n'est, hélas, que le triste révélateur de l'état dans lequel se trouve une grande partie de la presse quotidienne et nationale française. Je précise bien "française" parce que certains de nos amis journalistes francophones étrangers et notamment Belges, semblent s'en sortir avec compétence et élégance…La presse Allemande et Néerlandaise aussi, semble-t-il. La presse Anglaise, cela va de soi.
La grande presse quotidienne française aurait-elle décidé de faire du réchauffement climatique son Fort Alamo ?

PS : Vous trouverez d''autres détails sur Agoravox… qui m'a grillé de peu sur cette affaire (Tempête oblige, mais bravo JC !)

 

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