26 janvier 2022

Sauver le soldat Assad

Sur Israëlnfos : "L'assassinat de la Famille Fogel, près de 70 roquettes tirées sur le sud d'Israël, un attentat à Jérusalem…
Il est extrêmement prématuré …

de se demander si ces actes sont coordonnés, et à qui les attribuer réellement – si tant est qu'on y arrive un jour, au-delà des revendications.

Et même le gouvernement israélien qui, en ripostant, exerce un droit de légitime défense ne s'y trompe pas, et dépit des déclarations des uns et des autres.

Benjamin Netanyahou et quelques uns de ses ministres savent que les ripostes ont peu de chances de toucher les vrais coupables; à défaut, elles détruisent des infrastructures du Hamas, ses bases d'entrainement, les tunnels qui lui permettent de faire rentrer de l'armement dans le territoire qu'il contrôle. On peut cependant se demander à qui profite le crime.

Il est un acteur régional qui, depuis quelques jours, sent un vent mauvais lui arriver: assis sur le trône de la tyrannie héréditaire de Syrie, Bachar El Assad, qui déclarait, il y a encore quelques semaines au Wall Street journal, que son "hostilité aux sionistes" le mettait à l'abri de toute contestation, voit celle ci s'amplifier et se durcir dans le pays.

Comme en Libye, la capitale, tenue par le pouvoir, n'est pas touchée mais plusieurs dizaines de milliers de manifestants à Deraa, dans le sud du pays, comme dans d'autres villes provinciales, demandaient la démocratie et le départ d'Assad.

Comme en Libye, la police a tiré et on dénombrerait plus de 100 morts entre mercredi et jeudi.

Or la stratégie des Assad, père et fils, est simple : exister, durer, et déstabiliser pour régner; et comme tout dictateur qui se respecte, il a besoin de calme et de discrétion pour réprimer.

Pour cela, la seule solution est de concentrer l'attention sur Israël en poussant son gouvernement à une situation dans laquelle il n'aurait pas d'autre choix que de déclencher une opération d'envergure contre Gaza, cristallisant l'attention et les condamnations de l'opinion publique internationale.

Le fracas des révolutions du monde arabe, ou les répressions qui s'y dérouleraient, ne mériteraient alors plus qu'un entrefilet en page 32 du Monde.

Or Assad est LE maillon qui ne doit pas tomber : une Syrie démocratique, et les vrais dirigeants du Hamas devraient prendre la poudre d'escampette pour trouver un refuse plus sur.

Le Liban ne pourrait pas les accueillir : sans la Syrie, plus de Hezbollah, ou un Hezbollah très affaibli, qui perdrait sa principale source d'armement.
Sans Hezbollah, sans base arrière en Syrie, le Hamas ne survira ni politiquement, ni militairement.

Et si ces pions sortent du jeu, l'Iran, parce qu'en fin de compte, c'est de lui qu'il s'agit, verra sa zone d'influence réduite à une peau de chagrin, et son isolement véritablement renforcé.

En moins de dix jours, on a assisté à la saisie, par Israël, du Victoria, chargé d'armes iraniennes, en provenance de Syrie, la saisie par l'Egypte d'un bateau chargé d'armes pour Gaza après une escale en Syrie, et l'interception –sous la pression – par les autorités turques, d'un avion iranien chargé d'armes à destination de la Syrie.

Assad est la clé de voute de ce dispositif; sa disparition clarifierait le jeu géopolitique de la région et provoquerait, à terme, l'effondrement des organisations islamistes qui tiennent Gaza et le Liban.

Alors comme le soldat Ryan qui a perdu ses frères, il faut sauver Assad; et le meilleur moyen pour cela est de pousser Israël à la confrontation".

Gerard Fredj

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