6 février 2023

Fatale cécité gauloise

 Manuel Valls est le Premier ministre d’une nation qui vient de se voir abominablement défiée de l’intérieur par des Français se réclamant d’une religion, l’islam, qu’il ne faut surtout pas nommer pour soi-disant éviter tout amalgame susceptible de froisser les musulmans vivant en France.
 
    “Nous sommes dans une guerre contre le terrorisme. Nous ne sommes pas dans une guerre contre une religion, contre une civilisation” vient encore de déclarer l’hésitant Manuel Valls à l’occasion d’une réunion des préfets au ministère de l’Intérieur (analyse détaillée ici).
 
    Qu’est-ce donc que le terrorisme, cette hydre confuse, insaisissable, douée du don d’ubiquité capable donc de frapper à tout instant et en tous lieux en inspirant un effroi irrépressible aux innocentes populations visées par des loups opérant désormais en meute et armés en guerre ?
 
    Un instrument forcément au service d’une cause apparaissant toujours légitime aux yeux de ses instigateurs sans que les moyens employés, consistant à semer une terreur aveugle pour parvenir à ses fins, soient pour autant recevables et moins encore justifiables ! 
 
    Ainsi, dans ses voeux (en P.J.) à la ville de Maisons-Laffitte dont il est député-maire, Jacques Myard n’a pas manqué d’évoquer la féroce attaque menée contre Charlie Hebdo qui n’est autre qu’un nouvel épisode sanglant de la guerre totale déclarée aux nations éprises de liberté.
 
    Jacques Myard : “Dans un ouvrage remarquable, Michel de Jaeghere, “Les derniers jours”, relève que l’empire romain au moment de sa chute ne comptait plus de soldats citoyens alors que les clercs prêchaient la patience et la pusillanimité face aux barbares. Toute similitude avec le monde d’aujourd’hui ne pourrait être que fortuite, j’en suis certain et vous aussi ! Nous sommes prévenus, N’ayons aucune illusion, C’est de nous et de nous seuls que dépend note destin (…) Il n’y a de fatalité que notre propre faiblesse (…) C’est à nous et à nous seuls de faire face”.
 
    La présence désormais institutionnalisée de l’islam en France par la création du Conseil français du culte musulman (CFCM) en 2003 ne devrait-elle pas donner lieu, au 21ème siècle, à une clarification des enseignements du Prophète et du Coran par les musulmans eux-mêmes ?
 
    En effet, le 6 mai 2014, l’actuel président égyptien Al-Sissi interviewé [ICI] par deux chaînes égyptiennes associées pour l’occasion a déclaré (entre autres) ce qui suit :
 
    “Allah, le coran, la sunna et notre discours islamique il y a 1.400 ans ont certainement pris en compte l’évolution continue du monde, et bien évidemment le niveau de progrès que nous avons atteint. Comment est-il possible qu’ils entrent en collision avec le monde actuel ? Non, il y a certainement une erreur quelque part; l’erreur n’est pas dans le progrès humain mais dans notre lecture à nous”.
 
    En second lieu, dans un discours (ICI) prononcé à Al-Azhar le 28 décembre dernier, le président Al-Sissi s’est à nouveau exprimé en ces termes confirmant alors en tout point son interview du 6 mai 2014 :
 
    “Il est inconcevable qu’en raison de l’idéologie que nous sanctifions, notre nation dans son ensemble soit source de préoccupations, de danger, de tueries et de destruction dans le monde entier. Il est inconcevable que cette idéologie… Je ne parle pas de “religion” mais d’”idéologie” – l’ensemble des idées et des textes que nous avons sanctifiés au cours des siècles, à tel point que les contester est devenu très difficile. On en est arrivé au point  que (cette idéologie) est devenue hostile au monde entier. Peut-on imaginer qu’1,6 milliard [de musulmans] tuent une population mondiale de 7 milliards pour pouvoir vivre [entre eux] ? C’est impensable (…) Je le répète : nous devons révolutionner notre religion”.
 
    Nous aurions donc grand tort de lancer l’anathème sur l’ensemble du monde arabo-musulman qui, semble-t-il, commence à prendre conscience de la nécessité vitale pour la pensée islamique de retrouver le chemin de la raison après tant de siècles de léthargie armée.
 
    Je me permets alors de penser que, peut-être, les révolutions arabes qui ont amené un Abdel Fattah al-Sissi au pouvoir en Egypte n’auront finalement pas été si négatives dans le sens où, semble-t-il, l’idée d’un inévitable aggiornamento s’impose petit à petit, certes, mais au prix fort.
 
    Au risque d’en faire hurler (avec les loups) plus d’un, je crois de la même façon que l’Histoire finira par rendre justice à George W. Busch agissant en état de légitime défense en réponse aux attentats du 11-Septembre : les répliques qui se suivent après le séisme du 9/11 n’auront alors pas été vaines. 
 
    Enfin, une ère nouvelle pour l’ensemble du monde est sans aucun doute en train d’éclore, malheureusement dans les pires conditions possibles; les Etats régis par l’état de Droit* doivent donc à tout prix sortir vainqueurs d’une guerre totale qui leur a été imposée et dont dépend le sort de tous les hommes.
 
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* l’état de Droit avec un petit e et un grand D relève d’un ordre supérieur à celui qui tend ordinairement à désigner le droit (quelque peu usurpé) des Etats à produire leurs propres lois : l’Etat de droit.

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