16 septembre 2021

François Hollande doit-il démissionner?

Le 1er Ministre Grec a eu cette dignité et surtout l'honnêteté politique d'admettre qu'il n'avait pas été élu pour appliquer une politique aux antipodes du mandat qui lui avait été confié et en plus confirmé lors du dernier référendum. François Hollande, lui, applique une politique si contraire à son mandat sur lequel il a été élu que le Parti Socialiste vient de décider de ne pas inviter (idem en 2014) le ministre de l'économie Emmanuel Macron à son Université d'été : cherchez l'erreur.

François Hollande préfère finasser, faire le gros dos, en attendant que la situation économique se retourne alors que c'est pratiquement impossible puisque contrairement à ce qui est dit l'obstacle majeur qui freine ladite "croissance" en France reste surtout structurel et non pas seulement conjoncturel. Prenons deux exemples, l'un du point de vue de l'offre, l'autre du côté de la demande :

1/les crédits impôts ne servent à rien si en même temps les charges sociales restent au niveau atteint en particulier pour les PME, car même si les marges augmentent cela reste insuffisant pour payer décemment et en même temps embaucher, surtout sur les marchés saturés technologiquement ;

2/ même si le pouvoir d'achat est augmenté par diverses baisses, les salariés préfèrent économiser pour leur retraite car, outre les incertitudes sur leur avenir et autres projets conjoncturels, de plus en plus d'entre-eux ne veulent pas voir amputer leur pouvoir d'achat de 50% lors de leur mise à la retraite : ils préfèrent donc se créer une espèce de retraite par capitalisation différée, ce qui en tout cas freine la consommation et donc les carnets de commande.

Donc il est faux d'expliquer qu'il s'agirait essentiellement de problèmes conjoncturels qui pourraient être contrecarrés par des phénomènes massifs de relance, d'investissements publics etc, cette politique ne marche pas, surtout à elle seule, comme on le voit au Japon, et en Europe, y compris aux USA malgré des chiffres positifs (mais gonflés artificiellement) si elle ne s'accompagne pas d'une réelle restructuration dynamique du tissu économique et social en ce sens qu'il ne s'agit pas par exemple d'investir lourdement dans de l'industrie lourde s'il n'existe pas d'industrie légère : investir massivement dans la fibre, certes (et cela aurait dû être fait depuis trente ans au lieu du plan câble) mais cela ne sert à rien si son accès n'est pas investi en aval par diverses structures comme la formation continue, l'enseignement, la nouvelle économie de partage ( la "geek economy").

Concrètement cela signifie que pour faire des conférences vidéo à plusieurs pour apprendre à tricoter, pour créer des TV locales, mettre en ligne des cours de tous niveaux, faire faire sa comptabilité par des logiciels experts à distance, tout cela doit s'inscrire dans une atmosphère, une attitude, une ambiance, qui n'ont rien à voir au fait de penser à taxer les smartphones ordinateurs et tablettes pour accroître la redevance TV afin de financer un service public de plus en plus aux antipodes des demandes du public d'ailleurs (hormis quelques émissions comme C dans l'air).

François Hollande fait mine de comprendre toute cette complexité, mais propose seulement des rustines ou des solutions annexes (comme la libération des autocars) avec des politiques de relance, certes, mais qui ne font que viser une main d'oeuvre peu qualifiée (d'où le fait de financer par le crédit impôt les grandes structures en priorité) alors que nous sommes paraît-il dans une société où la qualité et le profilage des consommations priment de plus en plus sur la production indifférenciée.

En un mot, non seulement Hollande (et la classe politico-intellectuelle dans son ensemble) n'est pas au niveau, mais ils trompent leurs électorats et audiences en saupoudrant des mesures inefficaces puisqu'elles s'appliquent dans un cadre inopérant : à quoi cela sert-il de moderniser un tableau de bord alors que la mécanique date de plusieurs décennies.

Mais si Hollande démissionne, y aurait-il non pas une politique de rechange, il y en a une (et même plusieurs) mais des personnes/des partis capables de la porter ? Voilà la question. D'autant que l'aspect économique n'est pas le seul à aborder à l'évidence, surtout en situation d'implosion des structures étatiques tiers-mondistes qui ont vécu sur la captation de richesses basée sur la rente des matières premières et du tourisme, rente qui s'effondre sous les coups de buttoir conjugués des totalitarismes néo-léninistes et néo-islamistes en train de fusionner comme on le voit au Venezuela, en Afrique du Nord et subsaharienne au Proche et Moyen Orient.

L'Allemagne veut ainsi profiter de l'occasion des migrants venant de ces pays pour se ressourcer démographiquement, d'autant qu'elle est en bonne situation économique (certes avec un salaire horaire moindre sauf que les loyers sont bien moins chers qu'en France, sans parler des soins etc) mais ce n'est pas le cas de la France, d'où la nécessité de voir autrement dans ce pays cette politique d'ouverture des frontières tant que les problèmes d'intégration et de formation ne sont pas repensés en profondeur.

Tout se tient. De même que cette volonté absurde de forcer les populations venues d'Afrique (du Nord) de rester absolument dans "leur" religion en construisant des établissements religieux sur des fonds (fonciers aussi bien) publics comme s'il s'agissait d'une caractéristique génétique alors qu'il conviendrait mieux de renforcer l'intégration en multipliant les zones franches en ouvrant les expérimentations scolaires comme celle de Free, en donnant une large autonomie aux structures locales pour qu'elles ouvrent le maximum du temps ; il y a en fait toute une réorganisation de ces structures à accomplir comme le font transversalement nombre d'associations qui ont décidé de se passer des politiques tant beaucoup de ceux-ci ne cherchent qu'à se faire réélire, même s'ils ne le veulent pas d'ailleurs tant le système mis en place pousse à cette perversion.

Mais ne préjugeons de rien. Si François Hollande démissionne, cela permettrait sans doute de voir émerger une situation nécessairement nouvelle et sans doute riche de surprises positives, y compris pour Hollande lui-même d'ailleurs puisqu'il aurait alors tout loisir de rallier autour de lui un centre élargi…Les différentes offres pourraient alors apparaître clairement et la France pourrait enfin avoir un débat digne de ce nom.

Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

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