9 mai 2021

Sémite ou c’est mythe?

" Cela a été amplement démontré par de très sérieuses études anthropologiques et génétiques.[1] Ces études ont aussi prouvé, entre autres, que ce qu'on appelle (de façon erronée) les "palestiniens" ne sont pas des arabes mais, pour la plupart, des descendants d'hébreux qui furent arabisés (ou plutôt "arabophonisés") lors de la conquête arabo-musulmane au 7ème siècle de l'ère chrétienne.[2]

 

Mais s'il n'y a entre hébreux et arabes absolument aucune origine commune, aucun rapport ethnique, aucun lien ancestral, et aucune "parenté de sang", quand, comment et pourquoi ce mythe a t-il était créé de toutes pièces? Par qui? Au nom de quels intérêts? Et dans quels buts?

 

 

Histoire ou fable?

 

De nombreux passages de la Bible reflètent bien des situations historiques réelles, mais celles-ci se perdent souvent soit dans une gangue de récits légendaires soit dans des développements apologétiques visant à accréditer et justifier la théologie monothéiste. Ce mélange des genres a fini par former un tout si contradictoire que la Bible, en tant que corpus, ne peut guère constituer un support suffisamment fiable à une véritable recherche scientifique. Il est néanmoins possible, par voie rationnelle d'élimination, de faire émerger ce qui, à priori, semble historiquement possible et acceptable de ce qui est douteux, improbable, voire carrément inconcevable.

Il en est par exemple de la légende d'Abraham que la Bible fait venir "d'au-delà du fleuve", de Ur ou de Haran. Ce récit, que les sionistes religieux appellent à la rescousse pour faire valoir "les droits des juifs sur la Terre Promise", est un couteau à double tranchant. Si d'une part, il peut servir d’appui à une pensée religieuse qui postule d’emblée l’obéissance aux décrets et aux choix divins[3], il sape d'autre part les fondements des revendications d'ordre historique (et laïque) des anciens hébreux, en faisant d'eux non pas des autochtones sur leurs pays mais un groupe d’émigrés dont l’origine se situe quelque par au delà de l’Euphrate.

Or, si l'existence historique des hébreux (sous la forme 'apirou' ou 'habirou"[4]) est indubitable, il n’existe aucun document extra- biblique ou vestige archéologique attestant l'existence d'Abraham. Ce personnage n'est uniquement connu que par le corpus biblique ("l'Ancien testament" et ses "apocryphes"), ainsi que des livres qui s’en inspirent: Les Evangiles (et les autres textes du " Nouveau Testament") et le Coran.

Nous en sommes donc réduit à appréhender Abraham d’après les sources bibliques:

Avant que Yahweh ne lui fit don de son alliance, il s'appelait Abram[5]. C'est un nom composé ab-ram qui en hébreu signifie 'père – élevé'. Le mot ab étant aussi synonyme de 'am (peuple)[6], on pourrait donc le rendre par "peuple grand" ('am-ram)[7]. Après l'alliance, Abram fut béni par Yahweh qui lui promit de devenir le 'père d'une multitude de peuples', 'ab hamon goïm', et par la même occasion modifia son nom en Abraham. Cette explication que fournit la Bible sur le nom d’Abraham ne tient pas, parce qu’il aurait fallu changer son nom d’Abram en l’acrostiche ‘Abhamag’. Pour justifier le nom Abraham, l’exégèse biblique apporte une nouvelle explication : la forme ‘Abraham’ proviendrait de l’introduction de la lettre h considérée comme sacrée (une des lettres du tétragramme divin) pour sceller l’alliance. Mais cette explication de l’origine du nom Abraham n’est pas plus satisfaisante que la première parce qu’alors, il aurait été nécessaire d’insérer la lettre h entre ab et ram, ce qui aurait donné Abharam et non pas Abraham. De part sa morphologie, ce nom Abraham semble donc être étranger à la sphère hébraïque. Certains spécialistes ont même soutenu l’idée d’une origine hindoue au nom Abraham, qu’ils partirent chercher du côté du Brahmanisme.

Il est à ce titre révélateur que Abraham ne soit jamais mentionné dans le livre des Juges, pourtant considéré par la Critique Biblique comme un des livres les plus anciens et les plus crédibles de la Bible. Comme l’évoque la série d’anachronismes relatifs à Abraham dans le livre de la Genèse[8], le récit de son voyage en "Terre Promise" aurait été tardivement introduit (seulement au 7ème siècle avant J.C) par les réformateurs monothéistes afin d’effacer l’origine commune des hébreux et des cananéens et dans le but de privilégier désormais un critère de "filiation" d’ordre théologique et non ethnique.

Du point de vue purement historique, Abraham n'est donc pas plus l'ancêtre des hébreux que celui des "arabes". Et pourtant, c'est le mythe d’Abraham qui a engendré l’idée d’un ‘cousinage’ entre hébreux et arabes. Voici comment:

 

Ishma'-el ou Isma-'il?

 

La Bible nous fait le récit d'un antagonisme tragique entre les deux premiers fils d'Abraham: L'aîné, IShma'– El (prononcé Ismaël en français), est né de sa servante Hagar, et le second, Içhaq (Isaac en français), est né de son épouse bien aimée, Sarah, que l'ange divin délivra miraculeusement de sa stérilité, en dépit de son âge avancé. [9]

Ce nom IShma'– El est formé de 2 mots: La racine tri- consonantique ShM' (le signe ' représentant la consonne gutturale 'Ain) et El[10]. Il signifie en hébreu "Dieu (El) entendra (Ishma')"[11].

 

Or Ishmaël n'est autre que le substantif créé sur le nom de la tribu hébreue ShiM'on (Simon en français), semi-nomades du Néguev et du Sinaï.[12]

 

Lorsque que furent compilées les légendes Abrahamiques dans le livre de la Genèse, la tribu hébreue de Shimon-Ishmaël fut rattachée à la figure du patriarche Abraham. Shimon-Ishmaël devint ainsi le "fils" de Abraham et Hagar la servante égyptienne, et non le fils de Jacob-Israël et Léa. La singularité de la double généalogie de cette tribu provient probablement du fait de sa sécession précoce de la confédération israélienne.

Quant à la "filiation" entre les arabes et leur soit- disant "ancêtre" Ismaël, elle n'a aucune historicité. Elle date de l'exégèse tardive juive (1er siècle après J.C), lorsque le mode de vie semi- sédentaire de la tribu de Simon-Ismaël fut comparé à celui des nomades du Hidjaz (Arabie Séoudite d'aujourd'hui).

En hébreu biblique en effet, le mot 'arab[13] est à l'origine une dénomination géographique et topographique du pays de Qedem ("Le levant").[14] Il désigne une région aride ou une dépression semi- désertique, en partie couverte de steppes et parsemée d'oasis. C'est pourquoi en hébreu, l'oasis de Jéricho est appelé " 'arbot Yeriho", la dépression de la Mer Morte, yam ha 'arabah, et la bande désertique allant jusqu'à Eilat, " midbar ha 'arabah ".

Ainsi, l'épithète 'arbi (qui donna en français "arabe") signifie littéralement "celui qui séjourne dans la steppe", et par extension: "nomade". 'Arbi n'est donc pas une désignation ethnique, mais un mode de vie. La preuve est que même un hébreu ayant adopté ce mode de vie pouvait être appelé 'arbi (nomade). Pour un hébreu, l'épithète 'arbi désignait donc avant tout, les membres des tribus hébraïques de Sim'on-Isma'ël, de ’Amaleq, ou de Edom, bref des Bnei-Qedem (Fils de Qedem) habitants les steppes parfois arides de la région et leurs oasis.

C’est pourquoi il n’y a pas, à proprement parler, de peuple arabe.

 

Ce sont les romains qui au 1er siècle de l'ère chrétienne, copièrent des hébreux le terme Arabia pour désigner cette région à l’est du pays des hébreux. Et ce sont eux aussi qui introduisirent chez les autochtones de cette province baptisée "Arabia Felix", l'utilisation du mot "arabe".

Plus tard, les rabbins du Talmud ont encore plus élargi le champ sémantique du mot en désignant tous les nomades de la région comme "arabes" et en leur octroyant un ancêtre éponyme, Ismaël, parfois décrit (calomnieusement?) comme un prédateur qui vit de rapines, un brigand de grand chemin, un sans foi ni loi qui rançonne les caravanes etc… etc…

De là, et uniquement de là, vient le terme "ismaélites" collé aux "arabes", sans qu'il n'y est pour cela aucun lien ethnique ou ancestral!

Paradoxalement, le terme arabe est en réalité un mot étranger à la langue arabe[15], dans laquelle le nomade habitant les steppes se dit "badwi" (bédouin).

Mais le Coran, se faisant l'écho de ces légendes juives tardives, voulut affirmer sa suprématie théologique en s'accaparant la figure de Ishma'ël, le fils aîné d'Abraham, comme "l'ancêtre des musulmans". Ce choix, ce dévolu plutôt, fut dicté par le fait que "Içhaq" (Isaac), le cadet d'Abraham, était déjà "accaparé" par les juifs (l'agneau du mont Moryah[16]), et "Yehoshou'a" ( Josué-Jésus) par les chrétiens ("l'agneau pascal" du Golgotha ). Il devint donc extrêmement important pour l'Islam de trouver une figure au moins de la même envergure afin de justifier la nouvelle "Qibla" (la direction vers laquelle on se tourne pour la prière), non plus vers Jérusalem mais vers la Mecque. Le Coran fit donc de Ishma'el (avec son père Abraham), celui qui éleva le temple de la Ka'ba[17].

Mais le nom d'Ishma'el, fut écrit dans le Coran Isma-'il , c'est-à-dire tel qu'il a été entendu au contact des juifs par une oreille arabophone. Or sous cette forme, il n'a aucun sens dans la langue arabe[18]. Pour qu'il est une quelconque signification, il aurait dû être transcrit: Isma'-allah. De plus, il n'y a de la période pré-islamique[19], aucune trace d'un ancêtre Isma-‘il parmi les tribus de la péninsule arabique, ni dans leurs récits, ni dans leurs mythes, et ni dans leurs légendes.

 

Les "arabes" ne sont donc pas plus "fils" d'Ismaël que "cousins" d'Israël.

 

Le Coran lui-même s'est bien gardé de faire d'Ishma'el l'ancêtre ethnique des arabes. Son adoption y reste toute théologique[20], ce qui ne deviendra pas le cas au 19ème siècle avec la naissance du mythe raciale du sémitisme et du "cousinage juifs-arabes", et au 20ème siècle avec la confrontation politique sioniste-palestiniste sur "l'antériorité des droits" sur le pays.[21]

 

 

Sémite ou c'est mythe?

 

 

 

Il est un autre domaine où le mythe du cousinage a particulièrement bien prospéré : la linguistique. En effet, afin de manipuler ensemble des langues reconnues comme apparentées, les linguistes européens du 19ème siècle inventèrent un concept, celui des langues dites ‘sémitiques’ (l’hébreu, l’akkadien, l’araméen, l’arabe, le gue’ez et l’amaharique),. Bien que le concept ne fut à l'origine utilisé que pour qualifier ce groupe de langues effectivement proches, une telle terminologie n’est pas anodine. Elle se calquait sur le "découpage" biblique de l’Humanité en trois grandes lignées. En effet, selon le mythe biblique du Déluge, les descendants des trois fils de Noé: Shem (Sem) Ham (Cham), et Yefet (Jephté), représentaient respectivement les populations du Moyen-Orient, d'Afrique, et d'Europe. Ce découpage (mythique) s’est ensuite avéré inopérant, puisque l’analyse des langues africaines en montre d’un côté la diversité, et de l’autre la parenté entre certaines d’entre elles (comme le Berbère, le Haoussa ou l’Egyptien antique) avec les langues dites 'sémitiques'. De cette observation est née la nécessité d'une classification plus adéquate. C'est pourquoi la linguistique comparative moderne ne parle désormais plus de "langues sémitiques" mais d'un ensemble beaucoup plus vaste: la famille de langues dites ‘chamito-sémitiques’, classification elle-même progressivement délaissée au profit de termes plus rigoureux. Mais à partir de cette classification obsolète datant du 19ème siècle, s'est développée dans certains milieux arabophiles le mythe de la préséance de la langue arabe par rapport aux autres langues 'sémitiques'[22].

Non seulement, la langue arabe serait la plus ancienne de ces langues, mais aussi le peuplement du "croissant fertile" aurait pour origine la péninsule arabique.

S'appuyant sur ce genre de niaiseries, très en vogue dans les milieux sémitologues de l'époque[23] , ces arabophiles persistent aujourd’hui à soutenir, sans l’ombre d’un doute, que des «vagues successives de bédouins peuplèrent la Mésopotamie et la Palestine (sic) ».

Pourtant, l'idée que ce peuplement se fit d'Est en Ouest[24] est contredite par la langue arabe elle-même. En effet, tout comme en Hébreu, l'arabe dit "gauche" (shamal) pour le Nord, et "droite" (yemen) pour le Sud. Chose plus surprenante encore, cette langue possède un autre mot désignant le Sud: G'anoub, métathèse de Negeb, la steppe sud d’Israël mais qui se trouve au nord de la péninsule arabique!

Cette singularité révèle le sens de migration des populations. Ce sont des voyageurs et des commerçants hébreux et araméens qui, en arrivant dans la péninsule arabique, importèrent leurs langues et leurs repères géographiques[25].

De plus, contrairement à l’opinion des linguistes du 19e siècle, l’arabe n’est pas une langue première. C’est l’une des plus récentes langues dites 'sémitiques'. Elle est formée d’un mélange d’hébreu, d'araméen, d'akkadien et de vestiges de dialectes sabéens parlés par les populations vivant au sud de la péninsule arabique, correspondant à l'actuel Yémen.[26]

Né donc dans le contexte de la linguistique, l'invention du terme "sémite", et en particulier le concept de « peuples sémites», est naturellement venue « confirmer » le mythe du cousinage entre hébreux et arabes. Mais il n’est question ici que d’une pure fiction. En outre, la déduction que des locuteurs de langues apparentées soient forcément d'ethnies proches, est une aberration. La parenté linguistique entre le roumain et le portugais, par exemple, ne démontre aucun « cousinage » entre roumains et portugais. Plus généralement, l’homogénéité des langues dites indo-européennes n’implique pas pour autant une parenté ethnique entre celtes, scandinaves, latins, grecs, arméniens, perses, afghans et indiens. Le mythe d’une race indo-européenne sur lequel se sont construites les théories raciales d’avant-guerre a piteusement volé en éclats à la lumière des recherches récentes. L’idée d’un ‘peuple sémite’ n’est pas moins une chimère (pour ne pas dire une foutaise!) que celle d’un ‘peuple indo-européen’. Pourtant, elle a la vie dure. Il est vrai que la fiction d’un « fond sémite » octroie aux occupants arabes une prétendue autochtonie ou une antériorité de droits qui a tout pour 'anoblir' leurs appétits de conquêtes.

La parenté linguistique entre l'hébreu et l'arabe ne peut en aucun cas alimenter le mythe d’une parenté ethnique, celle d’un prétendu « peuple sémite ».

 

Cette extrapolation de l’usage du terme « sémite » pour désigner non plus une famille de langues mais bien un « tronc racial commun » s’est produite à la fin du 19e siècle, à une époque où, sous l'impulsion de théories fumeuses (et criminelles!), florissait en Europe un ‘racisme scientifique’. Le type racial « sémite » fut opposé au type racial « indo-européen » dans maints ouvrages de l’époque. Bien que ce "racisme scientifique" se soit éteint après la seconde guerre mondiale, il a laissé des séquelles. Le terme « sémite » continue à être employé jusque de nos jours pour désigner un type racial particulier, qui serait commun à la fois aux hébreux et aux arabes.

Désormais, on parlera de "sémites", pour évoquer communément "juifs" et "arabes".

Et c’est par ce biais que le mythe d’une entité sémitique homogène, inventé par les linguistes du 19ème siècle pour leurs propres besoins, a prit soudain la forme d’une réalité 'ethnique' tangible.

C’est là l'origine du rapprochement, fait par des auteurs contemporains comme par le grand public, de deux populations, "hébreux" et "arabes", qui n'ont de commun que le substrat linguistique.

L’usage du terme antisémitisme[27] a également renforcé, à sa manière, le mythe du « cousinage ». Grâce à lui, les conquérants arabes purent se donner l’apparence de victimes. Les hébreux quant à eux, affublés du nom 'juifs sémites', n’ont dès lors plus de choix que de défendre la cause arabe, et ce au nom d’un pseudo- cousinage et d'une soit- disant communauté de destin face à « l’antisémitisme ». Enfin, il a permis aux pan-arabistes islamiques d’échapper à toute accusation d’antisémitisme. « Nous sommes tous des sémites», est par exemple un leitmotiv du MRAP dans ses manifestations "anti-racistes", alors que la propagande du pan- arabisme islamique se révèle être une copie conforme de la machine de guerre idéologique des "aryens" nazis.

 

 

Conclusion

 

 

 

Le mythe du "cousinage" s'est donc initialement mis en place par l’intermédiaire d’un recours à un justificatif et une sémantique bibliques et talmudiques. Ensuite, il s'est développé "grâce" à une survivance de termes linguistiques dérivant du "racisme scientifique" du 19ème siècle. Enfin, il a atteint son apogée au 20ème siècle, avec sa récupération et sa sophistication par le pan-arabisme islamique et son fer de lance palestiniste.

Aujourd'hui, ce mythe est devenu un véritable piège politique qui risque d'être fatal non seulement à l'état d'Israël mais à tout le monde libre. Il faut le démonter avant qu'il ne se referme irrémédiablement.

 

 

 

Notes

 

[1] Comme les recherches menées par le Professeur Antonio Arnaiz-Villena de l' Université Complutense de Madrid, ou celles du Professeur Ariela Oppenheim de l'Université Hébraïque de Jérusalem.

[2] Voir article du même auteur "Pour en finir avec l'usage du terme Palestine"

 

 

[3] Mais c’est alors que se pose un nouveau problème, celui du débat théologique entre juifs et musulmans pour savoir à qui exactement la divinité a ‘octroyé la terre promise’. Bien entendu, un tel débat est sans fin.

 

 

 

[4] De là vient le nom de la ville de Hébron. Chose paradoxale, tandis que l'opinion internationale refuse aux pionniers sionistes tout droit historique sur cette ville, elle est communément appelée dans les médias "la ville arabe de Hébron" (sic!)

 

 

[5] Genèse, 17, 3-8.

 

 

[6] Genèse, 19, 36-38

 

 

[7] Et chose pour le moins curieuse, ce nom est exactement, toujours selon la Bible, celui de l'arrière petit-fils de Abram et père de Moïse: 'amram le neveu de… hebron Exode, 6, 20.

 

 

 

 

 

[8] Ce qui fit dire au Prof. Zéev Wisman: " L'étude comparée des légendes de Jacob et d'Abraham nous révèle que celles de Jacob représentent des traditions plus anciennes que celles d'Abraham… Ce n'est seulement qu'après la fondation du royaume de Judah, que d'autres "ancêtres", et Abraham en tête, ont été "apparentés" à Jacob-Israël". The history of Eretz Israël. Israël and Judah in the biblical period. Keter. Jérusalem. 1984, p.15.

 

 

[9] Ce même Isaaac qui, selon le récit biblique, fut offert par son père Abraham en sacrifice expiatoire pour obéir à l'injonction divine avant que l'ange de Dieu ne retienne son bras. (Voir le récit complet dans le livre de la Genèse, chapitres 16 et 22

 

 

[10] Les mots en hébreu, et dans toutes les langues de la même "famille", sont formés à partir de racines bi ou tri- consonantiques. Les voyelles n'existent pas et ne sont retransmises ici que pour faciliter la prononciation.

 

 

[11] Genèse, 16, 11

 

 

[12] Le suffixe on du nom Shim'on étant, dans la langue hébraïque, "un diminutif d'affection".

 

 

[13] Bien que la prononciation de la consonne Bet, peut se lire indifféremment en Hébreu comme un V, nous avons choisi pour faciliter au lecteur la compréhension du mot Arabe, de privilégier la prononciation dure: B.

 

 

[14] De même que Cana'an (littoral) et 'Eber (col, versant)

 

 

[15] Un indice de l'ancienneté et l'antériorité de la racine 'arab en hébreu, est son exceptionnelle diversité de significations et de formes, tandis qu'en arabe (au vocabulaire pourtant infiniment plus riche), l'emploi de cette racine est très restreint. A partir de cette racine, se sont forgés dans la langue des hébreux des mots aussi différents que corbeau, bête féroce,,garant, mixte, agréable, saule pleureur, crépuscule, ouest etc…Le terme Europe lui-même est tiré de cette racine hébraïque. C'est la raison pour laquelle Europa (« le coucher de soleil », c’est-à-dire l’ouest, l’occident) et sœur de Cadmos (Qedem, le levant) est, dans les médaillons antiques grecques, représentée et personnifiée par un saule: le saule en hébreu se disant 'arava, c’est à dire le féminin de ‘erev (ouest).

 

 

 

[16] A la différence cependant des exégètes musulmans, le Coran ne va tout de même pas jusqu'à affirmer que c'est Isma'el et non Isaac qui fut "sacrifié".Voir Sourate 37; 98-113

 

 

 

[17] Sourate 2, 121

 

 

[18] Ce mot composé est coupé en arabe au mauvais endroit. Un peu comme si en français on écrivait au lieu de Clermont-Ferrand, Clerc-Monferrand.

 

 

[19] La "Djehilyah" ( "l'Ignorance"), c'est-à-dire l'époque avant la "révélation" coranique.

 

 

[20] (Sourate 2, 134

 

 

[21] Abraham et Ismaël sont désormais dépeints par des pseudo-historiens à la solde du pan-arabisme islamique, comme des ‘bédouins palestiniens’.

 

 

 

[22] Ce mythe concourait à l’idée que les populations arabes, par leur mode de vie nomade, représentaient les restes d’une humanité originelle, antérieure à la découverte de l’agriculture. Surtout développée par l'impérialisme britannique pour des intérêts propres à la Couronne, ce "romantisme orientaliste" fit des ravages même parmi les premiers linguistes du renouveau hébreu, tel que Eli'ezer Ben Yehoudah.

 

 

[23] Tout autour des tristes personnages que sont Winckler et Noldecke. C'est dans ce même creuset idéologique, considéré à son heure, comme une "évidence scientifique que se développèrent les théories raciales de l'Aryanisme. Chez ces orientalistes allemands, le pan-arabisme était en quelque sorte la justification de leur pan-Germanisme.

 

 

[24] On peut d'emblée se demander par quel miracle une étendue quasi désertique comme la péninsule arabique, (à densité humaine des plus faibles, à l'époque comme aujourd'hui), ait pu être à l'origine d'un tel réservoir humain peuplant la Mésopotamie, le pays d'Aram, l'Assyrie, Israël et Canaan?! Ce n’est là qu’une transposition à un passé lointain des conquêtes arabo-musulmanes qui dévastèrent cette région du monde à partir du 7e siècle de notre ère.

 

[25] Le parler arabe n'est donc pas autochtone à la péninsule arabique, et c’est pourquoi il ne retransmet pas de réalité inhérente à sa géographie

 

 

[26] La seule chose dans la quelle les linguistes ne se sont pas fourvoyés est lorsqu’ils ont remarqué la proximité entre l’hébreu et l’arabe. Mais leur classification faisait abstraction de toute dimension historique, non seulement dans l’émergence de ces langues, mais encore dans leur expansion géographique. Alors que l’hébreu est une langue « première », qui naquit en Qedem, au pays du Levant, il y a plusieurs milliers d'années avant l'ère chrétienne, l’arabe ne prit sa forme définitive, dite ‘classique’, que durant la première moitié du premier millénaire de notre ère. Cette origine tardive en fait une langue dérivée. Contrairement à l’hébreu ou à l’araméen, l’arabe est en réalité une langue composite, un mélange d’araméen (la langue traditionnellement parlée au nord du pays des hébreux), d’hébreu et des dialectes sabéens (parlés par les populations du sud de la péninsule arabique, l’actuel Yémen). C’est pourquoi elle ne reflète aucune identité ethnique, même bien avant l'apparition de l'Islam.

 

[27] Le terme ‘sémite’ échappa d'autant plus à son contexte linguistique du fait de Wilhelm Marr, qui en 1879, créa le néologisme antisémitisme. "

 

27 décembre 2006

 

 

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