6 février 2023

Les pratiquants australiens de cette ‘religion de paix’…

Que se passe-t-il avec ces émeutes à Sidney ? Vous allumez la télé, il y a des scènes de conflagration urbaine et vous songez, "attends, j'ai déjà vu ces histoires le mois dernier ". Mais non. C'était des émeutes françaises. Celles-là sont des émeutes australiennes. Totalement différentes. Les émeutes françaises ont été perpétrées par – quel est le mot ? – "des jeunes". Les émeutes australiennes ont été perpétrées par des " jeunes blancs ". Même cohorte d'âge, mais améliorée par l'adjectif.

Et, comme " il s'agit de jeunes blancs ", ils ont ainsi offert " un effrayant aperçu dans les coins les plus sombres de la société australienne ", comme Nick Squires l'a formulé dans le 'Daily Telegraph' britannique la semaine dernière, " avec des milliers de jeunes blancs se déchaînant à travers une plage de banlieue connue, attaquant des gens d'origine moyen-orientale. Ils étaient poussés par des suprématistes blancs et des néo-nazis ".

Bingo. Des jeunes blancs poussés par des suprématistes blancs. Vous ne pouvez pas faire une omelette raciste sans blancs concoctés.

Cate Blanchett a aussi souscrit à la ligne de Squires et, sans manquer de respect à l'homme du Telegraph par-dessous, elle l'a fait avec plus de charme. Je dégouline d'eau de rose pour Melle Blanchett dans chacun des films qu'elle a fait, et je lui taillerais un affreux ensemble de pantalon. Mais vendredi, elle a chancelé vers le site des dauphins à la plage Coogee, en portant un T-Shirt arborant les limites de l'Australie avec le seul mot " PENSER " à l'intérieur, et s'est tenue devant une bannière appelant une " vague de tolérance " à balayer le pays (ce qui résonne plus comme un tsunami de tolérance).

Et même comme si j'en étais encore à m'extasier comme un écolier, je pouvais me sentir moi-même commencer à rouler des yeux. A ce stade, la délicieuse Cate se défaisait de cette grande pensée : " c'est vraiment clair et simple. Violence et racisme sont mauvais ".

Grâce à D., quelqu'un avait eu le courage de le dire, hein ? Mais n'est-ce pas le problème, en Australie et ailleurs, que ce ne soit pas si " clair et simple " ?

Prenez "TOLERANCE", par exemple. En matière de vague de tolérance, l'Australie a depuis des années l'aspect de la Nouvelle-Orléans le jour suivant l'ouragan Katrina. La très large culture des Blanchett-Squires a été tolérante jusqu'à la faute. A Sidney en 2002, le chef du groupe d'un gang de violeurs musulmans australiens d'origine libanaise a été condamné à 55 ans de prison (réduit de moitié en appel). Les gars aimaient dire à l'heureuse dame qu'elle allait être " bais… dans le style Lib. " et qu'elle le méritait parce qu'elle était une " cochonne australienne ". Inutile de le dire, c'est la sentence qui a été " controversée ". Comme Monroe Reimers l'écrivit au 'Sidney Morning Herald' : " Aussi terrible qu'ait été le crime, nous ne devons pas confondre justice et revanche. Nous devons avoir des réponses. D'où vient cette haine ? Comment y avons-nous contribué ? Peut-être est-il temps de plonger un regard approfondi au racisme par exclusion pratiqué avec une telle vengeance par notre communauté et nos institutions culturelles ".

Après le 11 septembre, une amie à Londres m'a dit qu'elle ne pouvait plus supporter tous " les besoins-de-s'auto-interroger-de-l'Amérique-sur-ce-qui-a-provoqué-cette-colère " parce qu'elle travaillait dans un centre de prise en charge des viols, et avait entendu cette histoire de blâmer la victime bien trop souvent : le grand Satan, comme l'oiseau de poupée dans le haut coupé court et la minijupe, le réclamait.

Même ainsi, c'est encore une surprise d'entendre les apologistes du multiculturalisme appliquer l'argument aux vraies victimes de viol. Ainsi supposez que nous fassions comme M. Reimers le suggère et " jetons un regard approfondi " au " racisme par exclusion ". Comme 'l'Australian' l'a rapporté mardi :

" Les banlieues ouest de Sidney sont restées calmes hier après un appel pour un jour entier de couvre-feu par les chefs de la communauté libanaise. Mohamed Elriche, 19 ans, a déclaré que lui et ses amis n'auraient rien aimé de plus que leur baignade habituelle à Cronulla Beach mais leurs parents leur avaient demandé de rester à la maison. Ses parents, Eddy et Samira, qui ont vécu en Australie depuis 1972, ont déclaré que leurs cinq enfants seraient autorisés à retourner à la plage seulement quand le conflit serait résolu et la paix restaurée, dans la région du Sutherland.

" S'il n'y a plus de conflit, je le laisserai aller (Mohammed), a déclaré Samira, 42 ans, à 'The Australian ' en arabe ".

En arabe ? Supposons que Cate Blanchett ait réalisé son vœu et qu'une marée de vagues de tolérance ait lavé tous ces " coins sombres de la société australienne ", emportant le frisson de cet aperçu effrayant qu'a eu Squires. Comment exactement, même les divers types les plus impeccablement multiculturels, sont-ils supposés accueillir dans le cœur de leur famille tolérante sans bornes, une femme d'âge moyen qui préfère parler la langue du pays qu'elle a quitté quand elle avait neuf ans ? Quand on en vient au " racisme par exclusion ", qui exclut qui ?

Il y a SANS DOUTE des " racistes blancs " à Sidney, mais comme explication de ce qui se produit, c'est absurde de façon assez pittoresque. " Des gens originaires du Moyen-Orient " ont prospéré en Australie. Le Gouverneur de la Nouvelle Galle du sud, Marie Bashir, est libanaise, comme son mari, Sir Nicholas Shehadie, comme l'est le Premier magistrat de Victoria, Steve Bracks. De même, dans mon propre Etat du New Hampshire, l'une des juridictions les moins racialement diversifiée en Amérique du nord, la dernière compétition pour le Sénat a été cependant disputée entre un Républicain, John Sununu, et une Démocrate, Jeanne Shaheen, tous deux de familles libanaises.

Tous ces politiciens qui ont réussi sont de souche chrétienne libanaise : ceci pour dire que, après un tiers de siècle dans leur nouveau pays, ils ne parlaient pas avec les journalistes en arabe. Ce n'est pas racial, c'est culturel.

Et les cris de " raciste ! " sont destinés à rendre toute discussion de ce problème culturel inadmissible. En ce sens, les émeutes des plages de Sidney sont une séquelle logique de ce qui est survenu en France. Aux antipodes de la planète, il y a cependant beaucoup de ressemblances : les femmes non musulmanes sont haranguées et insultées dans les rues aussi bien à Clichy sous bois et à Brighton-le-Sands. La seule différence est qu'en Australie les " jeunes blancs " ont décidé de revenir.

Ces temps-ci, à chaque fois que quelque chose de dingue se produit dans les nouvelles, il y a des risques que cela implique un gars appelé Mohammed. Un avion s'écrase dans le World Trade Center ? Mohammed Atta. Un bandit armé tire sur le comptoir d'El Al à l'aéroport de Los Angeles ? Hesham Mohamed Hedayet. Un tireur embusqué commence à tuer les clients d'une station d'essence près de Washington DC ? John Allen Muhammed. Un gars poignarde mortellement un réalisateur de cinéma hollandais ? Mohammed Bouyeri. Un terroriste massacre des douzaines de personnes à Bali ? Noordin Mohamed. Un sujet britannique de Hounslow, à l'ouest de Londres, se fait exploser dans un bar à Tel Aviv ? Asif Mohammed Hanif. Un gang de violeurs prend les femmes de Sidney pour proies à Sidney ? Mohamed Skaf.

Peut-être que tous ces Mohammed sont des victimes des racistes blancs australiens et des racistes blancs américains et des racistes blancs hollandais et des racistes blancs israéliens et des racistes blancs de l'école de filles de Beslan. Mais l'empressement des médias australiens et britanniques et canadiens et européens, de semaines en semaines, à attribuer chaque éruption d'un phénomène apparemment universel à des facteurs strictement locaux commence à paraître pathologique. " Violence et racisme sont mauvais ", mais aussi l'auto-illusion.

Mark Steyn

 

27 décembre 2005

2 réflexions sur « Les pratiquants australiens de cette ‘religion de paix’… »

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