19 octobre 2021

Belkacem, Peillon, Taubira, ou la confusion des genres

Si elle était vraiment "abolitionniste " comme elle le prétend, (à propos de la prostitution) Najat Vallaud Belkacem ferait tout pour sinon "abolir" du moins dénoncer la condition de quasi esclave des femmes en Islam, non seulement bobonne, pondeuse, mais aussi sexuellement aux ordres sous peine de se voir répudier ; des femmes qui sont toujours considérées comme des (quasi) mineures dans de nombreux pays musulmans, il suffit de lire leur "code de la famille", même "modernisé"...Ne parlons évidemment pas de la condition des femmes chez les "alliés" (en Syrie…) comme l'Arabie Saoudite…Et toute critique en la matière (y compris communiste révolutionnaire) est évidemment jugée "islamophobe" par les idiots utiles du genre de Claude Askolovitch qui, outre son ignorance crasse habituelle, essentialise les origines ethniques culturelles et religieuses.

Par ailleurs, cette "abolitionniste" confond, délibérément, non seulement les conditions des esclaves et celles des prostituées, mais surtout les rôles sociaux et les orientations sexuelles en considérant qu'il serait de même niveau d'exiger le droit des femmes d'occuper tous les métiers et rôles, ce qui est en effet la moindre des choses comme le disait déjà Stuart Mill à la fin du 19ème siècle, et le fait de "choisir" son orientation sexuelle, alors que cela n'a rien à voir.

Car, rien ne dit qu'une orientation sexuelle soit "choisie" comme on peut le faire d'un métier (ce qui se discute d'ailleurs ou la question de la vocation, de la préférence précoce pour certains). En tout cas l'on ne voit guère par exemple d'homosexuels décider un jour de "devenir" hétéro.

Quant à la sexualité en tant que pratique elle est certes vécue dans un contexte socioculturel donné. Mais il y a une nette différence entre le fait de se dire que telle insistance à désirer telle position n'est pas neutre et renvoie à telle compensation (la femme peut être la prolétaire du prolétaire disait déjà Engels dont on sait comment il caractérisait le mariage…) et le fait de se dire que puisque telle sexualité est ainsi "construite" donc l'orientation le serait tout autant ce qui est faux. D'autant que le terme même de "construction" laisserait entendre que cela serait aisément bâtissable ou destructible, ce qui est également faux, le langage est bien construit et pourtant il exige un apprentissage qui en plus s'établit à la base sur le fait de pouvoir parler.

Il faut donc espérer que Vincent Peillon ne suive pas ces confusions volontaires (mais quand il le fait certains le lui reprochent) en commençant déjà par demander que dans les brochures expliquant la prévention sexuelle il ne soit pas fait état d'orientation sexuelle qui doit rester du domaine de la vie privée. Certes, l'on peut comprendre qu'une brochure distincte soit émise pour celles et ceux qui se sentent différents et aimeraient en savoir plus sur les moyens d'en parler surtout à l'adolescence. Il faut cependant différencier, très strictement, le problème social d'égalité des droits entre hommes et femmes, et le problème de l'orientation sexuelle qui n'est pas un "choix" tel qu'il puisse être comparé à celui d'un métier ou un rôle à occuper. 

Pourtant il semble bien que le ministre de" l'Éducation" soit bien plus préoccupé à aménager les rythmes biologiques que les rythmes psychiques et pédagogiques, alors que ce qui compte c'est bien de "construire", pour le coup, des esprits bien faits (plutôt que seulement bien pleins) au lieu de laisser le tout venant les manipuler avec des considérations fausses, qu'il s'agisse de la sexualité, mais aussi de l'Économie, comme de l'Histoire.

Quant à Madame Taubira sa sortie à l'Assemblée à l'encontre d'une "opposition" qui aurait fait de mauvaises lois en matière de justice (ce qui est vrai) oublie de rappeler que sa propre loi loin de rectifier ces dernières vont au contraire les aggraver puisqu'elles prolongent une idéologie déjà présente depuis longtemps, abandonnée pourtant aux USA sous Clinton depuis bientôt plus de 20 ans. Car il n'est pas vrai que seul le remplissage des prisons a fait office de politique pénale.

L'erreur en la matière que veut appliquer encore plus Taubira datait en effet des années 50-70 (symbolisée par l'inspecteur Harry et tous les films sur le sujet) où l'on expliquait tout par "l'enfance malheureuse", la "condition des noirs", ou "la crise économique" ; d'où l'abandon des Harlem et Bronx. Puis sous Reagan puis Clinton la théorie de la vitre brisée voulait seulement dire (j'explique tout cela dans mon livre sur la disparition de la notion de "crime" en France) qu'il fallait montrer que les institutions du Bien commun étaient encore là, que la pauvreté et les difficultés n'expliquent pas tout, et qu'il y avait moyen de s'en sortir si l'on choisissait cette voie, quitte à se faire aider par toute une politique de prévention.

Mais comme l'on ne pouvait pas en quelques années rectifier la gabegie des années Roosevelt et son Welfare State qui a cassé les familles afin qu'elles le touchent en double, laissant les enfants sous la seule charge de la mère qui ne pouvait s'en occuper, il a fallu du temps pour briser les gangs, et proposer à certains de leurs jeunes membres d'autres issues que des avenirs à la James Dean qui précisément date de ces années 50/60, préférant flamber et partir en beauté avant 30 ans : âge fatal d'ailleurs pour certains qui disaient que passer cette date le "Système" récupérait et donc corrompait.

Aujourd'hui d'autres se disent qu'il vaut mieux aller faire le djihad que le go fast mais le problème reste le même : toute une culture même pas underground a pourri une certaine jeunesse en effet abandonnée par la gentry de l'enseignement généraliste et du sport soporifique et administré des salles municipales en lui faisant croire qu'il vaut mieux "vivre vite" (ici et maintenant, cela a été un film d'ailleurs, comme les "nuits fauves" aussi) que vivre comme un "petit bourgeois" ou alors tant qu'à faire perverti : le film " Nettoyage à sec" par exemple ou la "théorie du genre" pour les nuls afin au moins ne pas pourrir idiot reste ainsi une de ces preuves parmi mille montrant comment le nihilisme ambiant a eu aussi sa trajectoire populiste, quoique non dite, puisque insérée dans l'esprit public par toute la fausse culture dominante.

Ce serait pourtant bien de cela qu'il faudrait songer à parler au lieu de s'en prendre uniquement au populisme social étatique dont la montée actuelle en est précisément la conséquence. Où les pompiers pyromanes. De tous bords. Puisque l'UMP n'en a été que le marche pieds. Et aujourd'hui la fourmi FN en récolte les fruits. Alors qu'il serait possible de mettre à bas toute cette clique qui nous pourrit la vie depuis des dizaines d'années avec leurs solutions aussi mauvaises et bidons. Mais au royaume des aveugles les borgnes sont rois…Au sens littéral même…

18 septembre 2013

2 réflexions sur « Belkacem, Peillon, Taubira, ou la confusion des genres »

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