21 octobre 2020

Cirques, zoo, bientôt animaux domestiques?…

C’est le côté totalitaire du “vegan” qui triomphe; associé à la notion de “trans” (et “d’intersectionnalité”) ou comment déjà supprimer tout ce qui peut rappeler l’animal en nous, c’est-à-dire la conservation de soi, la reproduction, l’agressivité aussi pour défendre le territoire et les siens. Le cirque bientôt le zoo, la corrida, mais aussi les centres équestres, les animaux de compagnie, tout cela ne serait qu’oeuvre de “domination”, à faire disparaître, peu à peu. Fini ce face à face avec la force fascinante de l’animalité dont la grâce suscite l’admiration tant il y a n’y a pas de doute sur la nécessité d’un mouvement, d’une défense ou d’une attaque, les notions de “bien” et de “mal” étant par ailleurs on le sait spécifiquement humaines ; ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas dans le monde animal la césure “bon” et “mauvais” c’est-à-dire ce qui se déploie pleinement ou de manière débile.

Tout cela, cette complexité son imaginaire et ses mythes, doit être “liquidé”; rendu donc à “l’état liquide” selon la formule à la mode ? Pas seulement.

Il ne s’agit pas en effet de considérer uniquement ce côté animal comme étant dépassé,  à liquider, mais également, et à tout prix, dissoudre aussi la notion de chair humaine pour y repérer uniquement l’être “social” (comme le voulait Marx) :  ainsi, qui vous dit que la notion de “père” ou de “mère” doit être éternellement un paramètre charnel ? Martèle l’actuel Président de la République pour justifier le changement de statut de la PMA qui n’est plus une assistance médicalisée mais une réplication dont la production industrielle extensive (ou GPA) serait désormais ouverte à tout le monde (elle l’est de fait via les naturalisations au cas par cas pour ne pas laisser les enfants “apatrides” alors qu’ils ont la nationalité de la “mère” biologique).

Ce lien charnel pas seulement “biologique” nous distingue justement (mais ne nous sépare pas) du monde animal: si celui-ci s’investit affectivement dans la reproduction sa “parentalité” s’arrête là, de même que sa fidélité parfois. Alors que pour nous, il ne s’agit pas seulement de liens biologiques mais psychiques et symboliques au sens où rien ne dit que les transmissions génétiques ne véhiculeraient “que” de la chimie mais aussi des dispositions héréditaires “archétypiques” (Jung) qui forgent ce qu’autrefois l’on nommait un “caractère” dans l’aspect réactif au monde, et un “tempérament” dans le côté affectif.

Certes, cela ne se “voit” pas au microscope d’aujourd’hui. Mais dans la sagesse d’autrefois et encore maintenant par exemple dans le parler populaire il est bien toujours question de “il tient de son père” ou de sa mère; est-ce du mimétisme, de la transmission “épigénétique”  une “empreinte” comme certains éthologistes le disaient également (Lorenz qui était contre la domestication animale) ? Tout cela a été perverti par les recherches eugénistes et donc bazardé au profit d’un tout “social” transformant la matière humaine en “simple” machinerie alors que par contraste le côté animal au sens indiqué ci-dessus (conservation, territoire) a été à la fois perdu et magnifié : suppression du côté vivant et tumultueux de la “nature” pour y substituer une image édulcorée, pastelle, gentillette mise sur un piédestal ; oubliant que la nature livrée à elle-même resterait l’Amazonie dans toute son impénétrabilité et que celle que nous connaissons, les paysages, les espèces domestiquées, ont été faites à notre image, elle-même non réductible cependant à son aspect biologique, certes, sauf que la “chair” en tant que spécificité humaine, tout en étant plus que de l’organique, n’est pas non plus réductible à n’importe quelle “construction sociale” parce qu’il y a une singularité humaine non encore élucidée (même si pour certains elle a été révélée…).

Que l’on veuille alors au nom de la dignité animale supprimer son lien avec la dimension humaine au sens de nous enlever une part de notre imaginaire qui à la fois nous lie à l’animal tout en s’en détachant, est une aberration de plus dont notre époque devient de plus en plus friande.

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