Même si conjointement les ethno-différentialistes et les racialistes néo-léninistes jubilent, il n’empêche que la définition de la “nation” ou “peuple” en France n’est ni ethnique ni religieuse mais constitutive au sens de se mettre d’accord sur des principes fondamentaux basés sur la liberté l’égalité et la fraternité (Préambule de la Constitution).
Il ne s’agit donc pas de trier entre ceux qui sont de “souche” ou pas, d’autant que la circonférence de celle-ci est bien difficile à définir et ce surtout une fois pour toutes: les nazis ont tenté de le faire et s’en sont cassés bien plus que les dents…
D’autant que les Calédoniens dits “blancs” sont là depuis plusieurs générations, descendants au départ d’anciens bagnards, identiquement à ce qui s’est passé dans ce qui devenait peu à peu “l’Algérie” où cohabitaient des anciens bagnards issus à partir de 1871 des bannis de la Commune défaite, et aussi de réfugiés alsaciens et lorrains refusant le joug germanique (les responsables de l’époque allant jusqu’à y construire des maisons “alsaciennes” –ici, page 264) ; sans oublier nombre d’autres “européens” (Espagnols surtout (ibidem, p. 265) ainsi que des Maltais, Italiens…) attirés par le besoin de main-d’oeuvre d’une agriculture de masse encore balbutiante ; semblable en cela à ce qui se passait au même moment dans l’ex-royaume de Judée (nommé “cyniquement” Philistine puis Palestine par les Romains) lorsque la mise en valeur progressive de la terre accélérée à partir du début du 20 ème siècle par l’émergence des kibboutz attira nombre de “journaliers” provenant des pays environnants dominés par l’empire ottoman et la culture arabo-musulmane, ce qui fait que cataloguer toutes les populations “palestiniennes” présentes comme étant de “souche” n’est pas plus évident alors que beaucoup ont été importées tout le long des débuts du 20 ème siècle…
Certes, pour en revenir au sujet, le Préambule de la Constitution de la 5 ème République institue dans son second paragraphe qu’en “vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la République offre aux territoires d’outre-mer qui manifestent la volonté d’y adhérer des institutions nouvelles fondées sur l’idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité et conçues en vue de leur évolution démocratique.”…
D’où les trois référendums effectués en Nouvelle Calédonie… mais perdus par “les” indépendantistes, du moins les deux premiers puisqu’ils n’ont pas participé au troisième, ce qui fait dire, curieusement, à Alain Bauer que leur colère serait “légitime” aujourd’hui lorsqu’il s’agit d’élargir le corps électoral pour ceux étant là depuis au moins dix ans alors que l’on ne voit déjà pas pourquoi constitutionnellement parlant une non participation ferait force de légitimité d’une part, d’autre part à partir de quel degré d’appartenance au “peuple”de France (qui encore une fois n’est ni ethnique ni religieux, même s’il est bâti de sédiments antérieurs qui doivent être respectés) peut-on participer à sa destinée alors que l’on détient légalement sa carte nationale d’identité et non pas seulement une carte de séjour ?…
Néanmoins, et sur un plan plus général dépassant le cadre de la Nouvelle Calédonie, d’aucuns pourraient rétorquer que dans ce caractère constitutionnel de la constitution physique du “peuple” français tout groupe en son sein, à partir du moment où il en serait “citoyen”, pourrait exiger de se voir “respecté” dans sa spécificité cultuelle (comme l’indique l’article premier); ce qui impliquerait une “égalité” dans sa manifestation, par exemple en matière de construction d’établissements afférents qui devrait être ainsi “soutenue” par la Puissance Publique, et également en matière d’exposition extérieure à l’instar des cloches des églises, les mosquées exigeant le droit d’appeler à la prière comme cela se fait en Allemagne et ailleurs; or, c’est là mélanger privé et public puisque la République est également “laïque” (idem, article premier) au sens où elle n’a pas à soutenir matériellement tout groupe privé voulant se manifester en public, même s’il y a un antécédent concernant les cloches des églises qui résultent d’un héritage spirituel dont la présence aurait dû en effet être indiquée déjà formellement au sein de la Constitution française (et pas seulement au sein des traités européens) pour justifier sa préséance, au même titre que le Concordat en Alsace et en Moselle d’ailleurs (mais ce n’est pas trop tard…) ; de la même façon qu’Israël est justifié à soutenir le caractère juif de son État et pas seulement “israélien” (ce que ne comprend pas un Finkielkraut et consorts) ce qui ne veut pas dire qu’Israël soit un État d’Apartheid à voir le nombre d’ “arabes” israéliens accéder à nombre de responsabilités (jusqu’à d’ailleurs refuser au cas une solution à deux “Etats” surgirait de se voir intégrer dans un futur Etat palestinien de peur évidemment que disparaissent leurs droits chèrement acquis…).
Et tout cela n’est toujours pas si éloigné du sujet ici puisqu’il pourrait être négocié en Nouvelle Calédonie qu’une certaine spécificité des cultures autochtones doit être non seulement respectée mais renforcée (comme l’enseignement de ses langues, à l’instar de ce qui se passe en Métropole pour le Breton, l’Occitan, le Basque…) à l’exclusion d’une pleine souveraineté politique qui ferait sortir la Nouvelle Calédonie de la République (au sens déjà de Jean Bodin), à l’avantage sans doute de nombre de puissances étrangères ; et le fait qu’elle ne soit pas un “département” ne change rien, l’Algérie était composé de treize départements, cela n’a pas empêché la gabegie amorcée par le refus d’admettre par certains ethno-différentialistes français de l’époque et leurs fondamentalistes musulmans d’en face (et ensuite par De Gaulle) qu’il y avait déjà dans les années 30 une grande minorité de francophones laïques (et aussi chrétiens, musulmans, juifs…) qui aurait pu être associé de plus en plus réellement et non pas de manière facultative aux instances de pouvoir, au lieu de les ridiculiser par le bourrage des urnes à l’élection du Second Collège en 1947, étincelle qui donna la Toussaint de 1954…
On pourrait dire alors que pour éviter cela il vaudrait mieux se débarrasser de la Nouvelle Calédonie disent pratiquement en chœur les ethno-différentialistes et les racialistes néo-léninistes (soutenant de plus en plus le racisme antijuif et antiblanc dans les endroits qu’ils dominent, voir un exemple ci-dessous en note) ou d’attendre “quarante ans” pour voir ce qui se passera (le fameux “après moi le déluge”), alors que les émeutes actuelles ont plutôt à voir avec ce qui se passe dans certains quartiers en Métropole voire aussi à Mayotte dans lesquelles une non politique en matière de prévention et de développement, sur fond d’instruction faussée des faits historiques, a produit un “état” de non droit dans lequel les gangs sont de plus en plus rois…
Aussi autant consolider, voir approfondir, les spécificités culturelles autochtones est une chose, autant mettre à mal la possibilité pour cette contrée de pouvoir se développer politiquement en faisant respecter la citoyenneté française une et indivisible en est une autre…
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Note

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