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Le massacre d’enfants en Syrie : pourquoi l’opinion se tait

Pour la raison bien simple que l' "indignation" d'un Hessel (qui n'a pas été vu devant l'ambassade syrienne avec des portraits d'enfants tués d'une balle dans la tête) ne se déclenche que si ces enfants avaient été palestiniens (et supposés avoir été massacrés par des soldats israéliens) alors que l'enquête effectuée par un journal bien sûr anglophone, International Herald Tribune (du 30 mai, p.6, en ligne : ici), expose le contraire : ce ne sont pas des "terroristes" qui ont opéré :

" In Geneva, the Office of the High Commissioner for Human Rights announced that most of the victims were summarily executed in their homes.

The initial finding by United Nations monitors corroborated by other sources showed that tank and artillery fire accounted for fewer than 20 of the 108 people confirmed dead in the Houla region, said Rupert Colville, spokesman for the United Nations human rights commissioner. Most of the rest were shot or stabbed, he said, adding, “At this point it looks like entire families were shot in their houses.”

Witnesses to the massacre, including a survivor who was wounded and left for dead, said most of the killing was conducted by pro-government militiamen, Mr. Colville said, adding that they sometimes appeared to operate in concert with government security forces. Witness accounts described how some militiamen went through houses chanting, “Shabiha for you, Assad,” Mr. Colville said in an interview, using a term for pro-government thugs."

Pourquoi un tel massacre ? Selon IHT à cause de la mort d'un important commandant Alaouite, ses camarades se seraient vengés : "

Speaking in New York, Hervé Ladsous, the head of global peacekeeping operations for the United Nations, dismissed accusations about “third parties” being involved in the killings — a Syrian government line hinting at terrorists. He said suspicion “probably points the way to the shabihas.”

An antigovernment activist with ties to army defectors, reached via Skype in Damascus on Tuesday, said that standard exchanges of government shellfire answered by light weapons from the Free Syrian Army that controls Houla had been taking place Friday.

But the dynamic changed, he said, after an important local commander from the Alawite minority that controls Syria, Hussein al-Deib, was killed near a government checkpoint by opposition fire. Men loyal to him from local Alawite villages — there are at least three in close proximity — then descended on the collection of Sunni Muslim villages that constitute Houla and began killing residents, the activist said.

The Syrian government sharply limits visas for foreign correspondents and where they can go, so such accounts are impossible to corroborate independently."

La preuve de cette sélection dans l'indignation a été donnée dans l'émission RMC des Grandes Gueules du 30 mai lorsqu'une syrienne a téléphoné pour justifier l'action des sbires d'Assad en mettant en avant que l'on ferait mieux de continuer à s'indigner contre le meurtre d'enfants…palestiniens par les soldats israéliens au lieu d'accuser sans preuves ceux qui se battent contre les "islamistes"… Personne dans le studio de RMC n'a réagi, tétanisé bien sûr par l'accusation qui évidemment rappelle " L'affaire Al Dura " dont Pierre-André Taguieff a fait le résumé dans La judéophobie des Modernes (2008) en rappelant (note 396, p.628) que l'Autorité Palestinienne a refusé d'exhumer le corps de l'enfant afin que l'autopsie établisse le type de balles mortelles, et qu'en réalité d'après plusieurs enquêtes, il s'agirait de balles palestiniennes, du moins si l'on écarte la thèse d'une mise en scène, comme on le voit sur certains rushs (l'enfant ayant levé un bras, Taguieff, 2008, p.303) depuis les recherches salutaires de Philippe Karsenty. Quoiqu'il en soit, cette mort a déclenché une émotion mondiale, des meurtres à répétition, elle a alimenté la haine anti-juive en sus de la haine anti-sioniste, elle a été le justificatif des Intifada, elle est au coeur de la haine dans certaines banlieues françaises, et il se trouve que c'est une télévision publique payant le journaliste responsable de l'enquête avec nos impôts qui est à la base de toute cette affaire…

Rien de tel pour le super massacre d'enfants par dizaines à Houla. Il ne s'agit même pas ici de défendre une intervention comme le craint Eric Zemmour qui semble préférer la realpolitik de peur que les islamistes arrivent au pouvoir (sauf qu'ils l'étaient déjà…) alors que rien n'est joué dans aucun des pays (et la situation des Coptes en Egypte ne date pas de l'année dernière…) ; il n'y a guère qu'en Irak que la situation a empiré du moins frontalement car si l'on était anti-saddam, que l'on soit chrétien ou shiite on passait à la chaux (près de deux millions de gens massacrés sous Saddam), mais s'agit-il de dire que dans ce cas il ne vaut mieux que rien ne bouge alors que tous les dictateurs alimentaient en sourdine l'islamisme en réalité ? Les salafi de Tunisie ne sont pas nés de l'année dernière non plus, tout cela était tapi dans l'ombre ou sous le tapis, dans les geôles, mais passons le problème ici n'est pas là : il s'agit de souligner que malgré la réalité du massacre le plus odieux, celui d'enfants, rien ne bouge ou si peu : où sont le MRAP et SOS Racisme ? Nulle part. Où sont les grands défenseurs de la cause juste les Mélenchon, Royal, Hamon, Aubry, Joly ? Ont-ils fait des réunions pour organiser une grande manif anti-totalitaire ? Que Nenni ! Hormis BHL et Kouchner, rien, on se gargarise plutôt des positions russes et chinoises, ces grands sages, ces pays qui ont massacré à eux deux près de 160 millions de personnes (60 pour l'URSS, 100 pour la Chine) au nom de quoi doivent-ils nous donner des leçons, oui "nous" ce "grand pays" dit Hollande…

Ce qui frappant c'est vraiment la collusion extrême gauche, gauche, extrème droite, défendant le nationalisme arabe et l'islam, mordicus, via la Syrie : c'est toujours haro sur Israël et pas touche à cette fange totalitaire qu'est le parti Baath et qui a désormais sur ses mains le sang de dizaines de milliers de victimes (en comptant les crimes d'Assad père). Idem dans la rue "arabe": no comment, on renvoie dos à dos, théorie du complot, alors que les preuves s'accumulent, s'amoncellent, on croule sous les témoignages : Assad assassine dans un silence assourdissant, en représailles on renvoie les ambassadeurs… (Tant que l'ONU restera ce qu'elle est, tant qu'il n'y aura pas une OED : Organisation des Etats Démocratiques, rien ne changera ou si peu). Mais l'essentiel reste plutôt ici dans le fait que par haine anti-israélienne certains en viennent à douter des morts attribués à Assad. C'est cela qu'il s'agit de comprendre parce qu'il est symptomatique de l'atmosphère délétère actuelle qui sévit en France.

(Pour un don allez au bouton adéquat en haut de la page)

Lucien SA Oulahbib 31/5/2012

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