Médias et hommes politiques : la surenchère

En attendant que ça bouge enfin. C’est-à-dire que ça bouge plus que d’habitude. Car « la norme » serait de deux ou trois cents voitures brûlées chaque week-end, à ce qu’il paraît…
Finalement, après avoir été sollicités de cette manière, des « jeunes » s’exécutent et brûlent un bus, après en avoir quelque peu effrayé le conducteur et les deux ou trois passagers qui s’y trouvaient. Ils ont réussi : on parle d’eux à « la télé » ! Et ces pitoyables « stars » d’un jour, qui cognent faute de savoir parler, en inspirent d’autres. Un second bus brûle…

Nombre de médias en profitent pour y aller de leur petit couplet anti-Sarkozy…Ah oui ! « La faute à Sarko, » on avait oublié…qui a eu le tort d’appeler un chat un chat et un voyou un voyou. Car qui peut nier que brûler une école, un gymnase, la voiture de ses voisins, un bus – et incidemment ses passagers, handicapés y compris- c’est fait par des voyous, voire des criminels…bénéficiant de l’absolution automatique de certains médias ou hommes politiques au motif qu’ils viennent de certains quartiers.
Et c’est comme ça, de fil en aiguille, qu’aujourd’hui dans une école de la République on peut rouer de coups une enseignante qui a « énervé » un élève, sans que quiconque bronche, pendant qu’un autre « jeune » filme la scène pour la diffuser en se délectant. Ou que l’on caillasse une adolescente « coupable » d’avoir mangé un sandwich pendant le Ramadan, et que l’on menace de mort, avec intention de la donner, un autre enseignant qui a eu le malheur d’exprimer publiquement ce qu’il pense d’une religion en passe de devenir intouchable…

Moment stupéfiant le 26 octobre dans « Envoyé Spécial » sur France 2…on y suit un « médiateur » qui, il y un an, en période d’émeutes, est venu traîner ses guêtres dans un quartier qui n’est pas le sien, en pleine nuit, un bidon d’essence vide dans son coffre. Dans sa voiture, ô miracle, un passager qui a une « caméra cachée » et filme son interpellation prévisible. On y voit d’ailleurs des policiers courtois et polis qui l’arrêtent s’étonnent du bidon et de ce qu’il fait là et l’emmènent au commissariat où sa garde à vue sera, nous dit-on de courte durée.

On a vu aussi récemment une femme qui « aurait été traînée de chez elle jusque dans la rue » par une police venue arrêter son fils dealer. Apparemment pas une trace sur elle… Et « cette Maman maltraitée, » cela provoquera, bien entendu, des désordres. Cela va de soi.

Autre séquence il y a peu, dans laquelle on voyait « une deuxième épouse et ses enfants » dans un logement social. Tiens ? Ca existe donc bien cette polygamie avec épouses dispersées pour pouvoir bénéficier d’allocations familiales et de logement ?
A ce propos, un architecte qui fait du logement social « dans des banlieues ou on est tranquil jusqu’à 11 heures car les durs dorment tard le matin, » explique, à propos des deux jeunes gens qui ont trouvé la mort en pénétrant dans un transformateur, que « ces locaux sont fermés à clef, bien entendu et que seuls gardiens d’immeubles et employés de l’EDF en ont les clefs. »

Et il s’interroge dès lors : « Qui a pu ouvrir la porte et pourquoi ? Pour y cacher quelque chose ? Et comment ces deux garçons savaient-ils qu’ils pouvaient entrer dans un local normalement fermé à clef ? Sans compter que la dangerosité de l’endroit est très clairement signalé sur la porte, par écrit et aussi avec des dessins explicites…» Certes.

Heureusement, pour l’heure, la famille de ces garçons a voulu marquer leur mort dans le silence…sans incendier le 20 heures.

Hélène Keller-Lind 27/10/2006

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