L’idéologie de la survie politique

Il y a un an, la première promesse du président du parti travailliste, alors fraîchement élu, était de faire sortir le parti du gouvernement d’Ariel Sharon. Bien que le gouvernement de Sharon n’avait fait qu’appliquer le plan de désengagement unilatéral de la bande de Gaza, le vétéran de Shalom Akhshav (La Paix Maintenant), Peretz, avait alors déclaré que le parti travailliste devait être une alternative au gouvernement – et non une roue de rechange.

Au moins cette promesse, il l’a accompli. Il a mis le parti travailliste dans l’opposition et à provoqué des élections anticipées.

Un an plus tard, Peretz est toujours à la tête du parti travailliste mais il est un homme politique tout à fait différent. Durant sa campagne, il a fait croire à ses électeurs qu’il était partisan d’une législation sociale et qu’il s’engageait à insister sur cette question dans toute négociation. « Je ne suis pas intéressé par la siégologie », a-t-il affirmé tout au long de sa campagne électorale.

Mais cela ne signifie pas qu’il soit aujourd’hui prêt à abandonner le ministère de la Défense plutôt que de siéger à coté d’un homme qui défend des points de vue opposés sur à peu près tous les sujets.

Ou peut-être que Peretz n’est pas un homme de gauche comme nous étions amener à croire, ou alors c’est Avigdor Lieberman qui n’est pas loyalement de droite comme il en avait l’air quelques semaines avant. Ce qui est clair c’est que les deux partagent, avec Ehoud Olmert, l’idéologie de la survie politique.

Il y a quelques années, le député Haïm Ramon (Kadima), en travailliste éminent, a commencé à parler de sa théorie de big-bang, selon laquelle le Likoud et le parti travailliste perdait l’idéologie de parti et devraient fondre dans un nouveau corps politique au centre de la carte, capable de gagner les élections de façon écrasante.

La vision de Ramon s’est partiellement réalisée. Sharon a brisé une large partie du Likoud que Ramon, Shimon Peres et de nombreux autres dirigeants travailliste ont rejoint, mais le bing-bang a perdu son élan peu de temps après l’attaque cérébrale de Sharon.

Kadima est peut-être actuellement encore en position de force, mais cela grâce à ses partenaires de coalition dont l’élargissement n’avait pas été envisagé par Ramon. A un niveau différent, la convergence sur la scène politique vers mal défini centre arrive à un rythme élevé. Kadima, Avodah, Shas, Israël Beitenou et le parti des retraités Gil – presque les deux tiers de la Knesset – font actuellement partie de la coalition qui n’est ni réellement de droite ni clairement de gauche dans aucune de ses principales orientations politiques. Quant au Likoud qui demeure fidèle à sa position de parti de centre-droit semble être préparé à négocier son entrée dans la coalition d’Olmert, selon les propos tenus cette semaine par son leader Binyamin Netanyahou. Il serait peut-être un peu prématuré d’annoncer la fin de l’idéologie dans les courants politiques israéliens, mais cela n’a pas l’air de jouer aucun rôle dans la scène actuelle.

Tout le monde sait que l’accord avec Lieberman a sauvé le gouvernement d’Olmert et à assuré sa stabilité. La raison évidente de cela, bien entendu, est l’élargissement de la coalition qui bénéficie désormais de 78 sièges à la Knesset, et qui atteindra probablement les 84 sièges si le parti du Judaïsme unifié de la Torah décide de la rejoindre.

Mais il n’est pas seulement question de la base parlementaire du gouvernement, mais aussi d’une dynamique devenue évidente ces dernières semaines. Les leaders des principaux partis de la coalition : Olmert, Peretz, Lieberman et Eli Yishai, tous cherchent à garder leurs postes.

Olmert et Peretz ne survivront pas en tant que leaders si la coalition cesse d’exister. Les deux sont sous la menace de groupes rebelles à l’intérieur de leurs propres partis. Leur seule chance est de dépasser les six premiers mois de leurs mandats respectifs et de prouver qu’ils sont capables de mieux. Lieberman et Yishai ne sont pas dirigeants de partis démocratiques, mais ils ont aussi besoin d’occuper des positions ministérielles.

Lierberman est convaincu que c’est uniquement en s’imposant comme dirigeant responsable d’envergure nationale, en assurant un important porte-feuille ministériel, qu’il pourra dépasser le cadre communautaire de sa formation pour élever son parti à un autre niveau où il pourrait devenir un influent contre-pouvoir. Quant à Yishai, il sait que c’est seulement en faisant partie de la coalition que le parti religieux Shas peut obtenir les fonds nécessaires au fonctionnement du réseau éducatif de son mouvement. S’il échoue dans ce domaine, le rav Ovdia Yosef [chef spirituel du parti] trouvera quelqu’un d’autre capable de le faire.

Aucun parmi eux ne souhaite vraiment la cohabitation avec les autres. Mais compte tenu de la situation actuelle, ce quartet politique n’a pas beaucoup de choix.

The Jerusalem Post

jeudi 26 octobre 2006

Masri 30/10/2006

Discuss this articleDiscuss this article

Imprimer ce texte Imprimer ce texte

1 317 vues

Tous les articles de Masri

Share/Save/Bookmark

Trackback

Posted in: Non classé

 

Comments are closed. Please check back later.