Relativité du temps de travail

Quand j’étais un jeune professeur intimidé et inexpérimenté, il me fallait 3 heures de préparation à la maison pour assurer 1 heures de cours en amphi. Et pendant ce temps, je ne faisais pas de recherche. Avec l’âge, les effets de l’expérience m’ont permis de gagner du temps. Est-ce à dire que je me tourne les pouces aujourd’hui ? Pourquoi pas si je fais mieux mon travail mais comme j’aime mon travail, je peux consacrer ce temps gagné à l’écriture, la recherche, le journalisme et tant d’autres activités passionnantes.
Tous les enseignants-chercheurs font-ils la même chose ? Probablement oui mais il est impossible de le vérifier sauf à mesurer le résultat, ce que l’on refuse précisément à faire dans la fonction publique.

Dans ces débats d’un autre âge, on ne voit pas que ce n’est pas la quantité et la durée du travail qui importent finalement, mais plutôt le résultat. D’ailleurs, l’emploi n’est pas la finalité de l’activité économique ; c’est un moyen (un médium) pour créer des richesses. Après tout, je préfère voir une seule fois un médecin qui me soigne définitivement que voir un médecin tous les jours qui ne me guérit jamais.
Le résultat du travail productif, c’est donc la création de richesses avec lesquelles on va rémunérer les acteurs de la production. Pour payer les gens, il faut donc avoir produit des richesses. Et il est préférable pour tous que l’on produise un niveau X de richesses en 35 heures plutôt qu’en 45 heures, le temps gagné pouvant être consacré à produire d’autres richesses ou aux loisirs, à la famille, aux amis et autres passions dévorantes de temps.
C’est donc l’efficacité du travail qu’il s’agit de récompenser et non le travail en soi. J’ai travaillé comme ouvrier dans les services techniques municipaux pour financer une partie de mes études. A ce moment, je fus stupéfait de voir ces ouvriers chercher un endroit à l’abri du regard du contremaître ou de l’ingénieur où ils pourraient « passer le temps ». Ils empruntaient des itinéraires tordus dans la ville avec la voiture municipale pour faire « passer le temps » comme ces camions que faisait tourner l’armée pour justifier la consommation de carburants.
Mais personne ne s’enrichit en faisant semblant de travailler. Ce n’est donc pas le temps consacré au travail en tant que tel qui compte, mais bien plus les fruits de ce travail. Le temps est la principale richesse de l’homme. On n’obtient jamais de la croissance (et donc de l’emploi) en gaspillant le temps.

C’est pourquoi il est injuste de parler des professeurs comme une catégorie homogène : à l’intérieur de cette catégorie, il y a des jeunes débutants et il y a les plus expérimentés ; il y a des gens motivés et d’autres qui se planquent…etc. Les professeurs des écoles consciencieux consacrent un temps énorme aux parents d’élève, aux réunions, à la préparation des classes et à supporter des enfants que les parents portent souvent aux nues, prêts à porter plainte contre l’enseignant à la moindre punition ou mauvaise note jugées injustes par des parents démissionnaires ! D’autres sont sans cesse en congés maladie ou multiplient les stages de formation. Le drame collectif est que tout le monde s’abrite derrière un statut qui empêche précisément d’apprécier les mérites et les efforts de chacun.

A l’heure où les machines tournent en continu, où tout travail répétitif a vocation à être automatisé, c’est le résultat qui a une valeur économique et qui se doit d’être évalué pour mieux être récompensé. C’est pourquoi toute législation contraignante sur la durée du travail et toute procédure de rémunération collective constituent des inepties économiques, source de conflits inextricables et de revendications catégorielles incessantes.

 

Le débat empoisonné de la justice sociale


On nous dit que les « conflits sociaux » font l’objet d’une compréhension bienveillante de la part de l’opinion publique – donc de la part des hommes et femmes politiques si prompts à courir après cette opinion préfabriquée – sous le prétexte qu’ils sont motivés par des considérations « sociales ».
Mais voilà bien une dérive inquiétante du concept ambiguë de « justice sociale » qui consiste à accorder des circonstances atténuantes à un délit sous le prétexte que la motivation est « sociale ». Par ce procédé, toute action sociale se trouve au-dessus des lois. Au pays de la justice sociale, pas solvable: pas coupable !
Qui supporte les multiples frais générés par le passage à la violence : le justiciable ou le contribuable ? Imaginez les dépenses déclenchées par un délinquant pour payer les policiers qui ont fait l'enquête, pour payer les juges qui vont traiter son affaire, pour indemniser les victimes ? Mais souvent, le coupable n'est pas solvable. Alors au nom du principe galvaudé de solidarité qui considère que la justice ou la police sont un bien public, on met en place un système dont le financement pèse non pas sur l'agresseur mais sur l'agressé.
La morale et l'efficacité imposeraient que l'on convertisse les frais en nombre d'heures de travail imposé dont la rémunération serait bloquée sur un compte jusqu'au remboursement complet des sommes engagées pour payer les frais de police et de justice.
Rien ne se corrige quand on ne fait pas supporter aux gens les conséquences de leurs propres actes.
Que, dans un passé pas si lointain, le cas de José Bové soit devenu une affaire d’Etat souligne à quel point notre pays est embourbé dans de faux débats et des concepts fallacieux qui conduisent à un déclin économique que rien ne semble stopper. Peut-on attendre le salut de nos élites quand on vit alors Corinne Lepage courir au secours de l’agriculteur militant en affirmant haut et fort « que l’on arrête pas un syndicaliste pour ses activités syndicales ». La question n’est pas là. On n’arrête pas un enseignant pour ses activités d’enseignants non plus ; mais s’il s’avère pédophile, alors il faut l’empêcher d’enseigner. Un enseignant tout comme un syndicaliste ne sont pas au-dessus des lois. Aucun individu ne devrait être propriétaire de sa fonction.

Où s’arrête donc le domaine légitime des activités syndicales ?

Imaginons que des jeunes délinquants brûlent des voitures ou qu’une armada de sans-abri décident de piller les magasins (ce n’est que pure imagination), alors on déciderait de ne pas arrêter des jeunes parce qu’ils sont « jeunes » ou des pauvres parce qu’ils sont « pauvres » au nom de la « justice sociale » et d’une conception à rebours de la discrimination positive.
La question n’est pas de punir quelqu’un parce qu’il est syndicaliste, pauvre, jeune ou riche, la question est de réprimer tout individu qui a violé la loi qu’il soit syndicaliste, jeune, pauvre ou riche. Personne n’est au-dessus des lois, pas même un ministre, un président ou un syndicaliste. Voilà la seule conception de la justice qui vaille ; et il a fallu la révolution française pour inscrire ce principe dans la Constitution. Avant la révolution française, et en vertu du principe de droit divin, ceux qui faisaient la loi se donnaient aussi le droit de ne pas la respecter. Aujourd’hui, l’Etat-Providence a remplacé la providence en donnant naissance à une nouvelle catégorie d’individus qui pourraient échapper à la loi au nom de la « justice sociale » qui introduit un nouvel arbitraire dans les décisions de justice.

La notion de « justice sociale », dans laquelle s’engouffrent nos facultés de droit, ouvre donc une brèche dans le fragile édifice républicain en considérant la motivation sociale de ceux qui violent la loi. Mais c’est aussi l’argument des poseurs de bombes et autres terroristes que de légitimer leurs actes par de nobles intentions. Ne nous étonnons pas que les agriculteurs, les routiers, puis des lycéens mineurs organisent des barrages, violant le droit de libre circulation des biens et des personnes, ou que des ouvriers mécontents retiennent en otage leur patron, ou encore que des manifestations de pompiers tournent mal.
En s’enfermant dans ce débat piégé de la « justice sociale », on légitime tout simplement la violence alors même que, sous l’effet de la généralisation de l’ignorance économique, on laisse croire que chacun de nous est victime du fonctionnement postulé injuste de l’économie. Celui qui a réussit est alors suspect d'avoir volé sa réussite, complice d'une inpardonnable injustice. N'est-ce pas odieux de réussir sa carrière alors qu'il y a tant de misère sociale ?
Et l’on glissera insidieusement de la « justice sociale » au « terrorisme social ».

L’Etat prétend s’ériger en arbitre en s’attribuant des pouvoirs illusoires de redistribution des richesses, mais il ouvre dans le même temps la porte à une série illimitée de revendications insatiables et de conflits inextricables.
C’est précisément dans le pays où l’on s’obstine le plus à nier la réalité du fonctionnement de l’économie de marché que la violence (sociale) se substitue au contrat (individuel). Ce n'est pas un hasard.

 

Pouvoir d'achat

Je voudrais humblement dédier cette chronique à Milton Friedman, un prix Nobel d’économie (1976) comme jamais la France n’en produira, qui vient de nous quitter dans l’indifférence générale de ceux qui prétendent nous conduire et nous éclairer [1]. Les candidats à la fonction suprême devraient pourtant avoir la sagesse de le lire et le relire.

Les hommes et les femmes politiques ont la faculté de m’inspirer, notamment lorsqu’ils font mine de se préoccuper de la défense du pouvoir d’achat des français. Car il y a une machiavélique indécence à voir les responsables politiques ou syndicaux vouloir défendre le pouvoir d’achat, menacé nous dit-on par la mondialisation, alors que les mêmes s’échinent à cautionner un système qui se traduit précisément par le rétrécissement inéluctable du revenu disponible. Il est urgent d’avoir les idées claires à ce sujet car c’est en cédant aux promesses intenables que les ménages se mettent la corde au cou.

Un paysan sait bien que la quantité de blé qu’il ramène à la maison est liée à la quantité récoltée. En termes plus modernes, le revenu des ménages est borné par la productivité du travail. Les possibilités de progression du revenu global sont donc conditionnées par les possibilités de progression de la productivité.
Intéressons nous maintenant au revenu complet du ménage qui représente le coût total du travail du point de vue de l’employeur. Une grande partie de ce revenu est amputée à la source par les charges sociales dont le prélèvement autoritaire est destiné à financer les différentes caisses (familiales, maladie, vieillesse) de la sécurité sociale au nom d’un pacte social auquel les français sont très attachés. Ils sont tellement attachés qu’on ne leur donne pas le choix d’encaisser cette part de leurs revenus pour l’affecter à des caisses de leur choix.
Le revenu que les ménages vont donc effectivement encaisser est constitué par le revenu disponible.
Dans cette part, il faut que les ménages prévoient de conserver la partie elle-même de plus en plus grande qui fera l’objet d’un prélèvement fiscal direct (impôts nationaux et impôts locaux). Finalement, la partie restante constitue la partie réellement disponible du revenu des ménages dont une part doit être consacrée à l’épargne, par mesure de précaution élémentaire. Le reste donne donc la mesure du pouvoir d’achat. N’oublions pas au passage que lorsque le ménage consomme, il paie sans s’en apercevoir un impôt indirect (la TVA) dont la part ampute encore le pouvoir d’achat réel.

Ces données sont élémentaires mais leur analyse est rarement faite.
Puisque les partenaires sociaux ou les politiciens démagogiques nous parlent sans cesse de la défense du pouvoir d’achat, ils doivent comprendre que la dérive des finances publiques (liée à l’extension sans limite de l’intervention de l’Etat) conduit à une augmentation de toutes les formes de fiscalité, soit par une création d’impôts nouveaux ou de taxes nouvelles, soit par une augmentation des impôts et taxes existantes. Ils doivent aussi prendre conscience que la dérive des comptes sociaux (liées à la multiplication des droits sociaux) conduit à une augmentation des charges sociales selon le même principe : création de nouvelles cotisations (CSG, RDS) et augmentation des cotisations existantes.
Comme on ne peut pas décréter un accroissement du revenu sans avoir au préalable un accroissement de productivité, l’effet cumulé de ces deux dérives est de rétrécir le revenu disponible réel. Mais, le rétrécissement du revenu disponible ne déprime pas seulement le pouvoir d’achat, il affecte aussi les capacités d’épargne des ménages, sans lesquelles on ne peut financer les investissements productifs. Or, sans investissement, aucune chance de redresser la productivité : le seul ajustement possible se fait donc sur le pouvoir d’achat.
Et la France est coincée dans une spirale pernicieuse tandis que l’emballement des prélèvements de toute sorte accroît le coût total du travail et réduit l’attractivité économique du territoire.

Si les candidats au poste suprême sont vraiment soucieux de défendre le pouvoir comme ils l’affirment si promptement dans leurs discours de campagne, alors ils doivent briser ce cercle vicieux notamment en stoppant la dérivé des comptes publics et sociaux, et donc finalement en touchant au cœur de ce qui fait le « modèle social français » : le périmètre de l’action publique d’un côté, le monopole de la sécurité sociale de l’autre côté.
Tant qu’aucun homme ou femme politique ne mettra en cause le poids de l’Etat croissant d’un côté, et le monopole de la sécurité sociale de l’autre côté, il n’y aura aucune chance de stopper la diminution inexorable du pouvoir d’achat des ménages ; et les français (notamment les classes moyennes) continueront de s’appauvrir.

Tout le monde fait des promesses sur le pouvoir d’achat, personne n’a encore jamais pris les décisions qui s’imposent pour sortir de ce système dont l’emballement condamne le pouvoir d’achat.

[1] Voir à ce propos, le vibrant hommage du professeur Jacques Garello « Milton Friedman: Capitalisme et liberté » sur http://www.libres.org/ ainsi que le billet de Guy Sorman « le bonheur selon Milton Friedman » sur http://www.hebdo.ch/sormanblog.cfm

 

Ecologie et économie : un même combat

A mon sens, écologie et économie, cela devrait être le même combat. Si l’on tend à opposer ces deux notions, c’est au nom d’une conception déformée de la science économique et d’une récupération outrageusement politique de l’écologie.
La définition stricte de la science économique est à ce propos sans équivoque: l’économie, c'est la « gestion des ressources rares ». L’économie, c’est donc une « écologie sociale » ; c’est l’écologie de la société dans le sens où les phénomènes économiques et sociaux obéissent aussi à une sorte d’écosystème complexe et fragile qu’il est dangereux de déséquilibrer.
L’économie, c’est donc l’art de gérer la rareté. La première des raretés, qui détermine toutes les autres et nous oblige à faire des choix, c’est le temps. Chaque être humain est doté d’un capital temps limité, et son intelligence le poussera à en faire le meilleur usage possible, étant entendu que le temps perdu se rattrape difficilement. L'homme est donc poussé par une recherche naturelle de l'efficacité (productivité du travail): comment rendre le travail plus productif (et moins pénible) afin d'économiser notre temps consacré au travail ? Toute l’évolution technologique est orientée en ce sens.

La deuxième rareté: ce sont les contraintes naturelles. J’emploie à dessein le terme de « contrainte » plutôt que de « ressource ». En effet, on s’effraie aujourd’hui à propos de l’épuisement des réserves de pétrole comme l’on craignait au XIX° siècle de manquer de charbon. A l’époque où Rockefeller entrevoit le potentiel économique du pétrole, cette matière était considérée comme un « déchet naturel ». A l’état brut, le pétrole n’avait aucune valeur. Aujourd’hui encore, ce sont tous les dérivés du pétrole qui ont une valeur économique. Pour l’instant, compte tenu de l’état de la technologie, les carburants sont issus du pétrole mais ce n’est pas une donnée immuable comme le montre le développement des biocarburants.
Autrement dit, c’est la valeur ajoutée (et le terme « ajoutée » est fondamental : ajoutée par le travail humain, l’unique ressource rare) qui confère une valeur aux matières brutes. C’est pourquoi les pays producteurs reçoivent une part infime du prix final (sans évoquer les taxes) : ce n’est pas le fait d’une exploitation diabolique des pays du sud par les pays du nord ; c’est plus prosaïquement le résultat logique du positionnement en amont, donc de la faible implication des pays producteurs dans la production de la valeur ajoutée finale. Tout entrepreneur sait bien que, quand il compte pour une part infime dans la création de valeur ajoutée, il gagnera une part infime de la recette totale.
De déchet naturel, le pétrole est devenu « or noir » à partir du moment où un innovateur quelque part en Europe a déposé un brevet sur le moteur à explosion. Et l’on dépose chaque jour des milliers de brevets de par le monde notamment sous l’effet de la compétition économique.

C'est bien le rôle de l'innovation technologique que de chercher à économiser le facteur qui est le plus cher. L’enjeu actuel est de faire en sorte que l’activité humaine consomme de moins en moins de ressources naturelles et de facteurs environnementaux. Il faut donc encourager les innovations, non pas encadrées par des programmes technologiques étatiques totalement déconnectés des réalités économiques, mais impulsées par les signaux du marché. Lorsque les processus de marché fonctionnent bien (ou ne sont pas empêchés de fonctionner), la rareté se traduit par un prix élevé en vertu du principe élémentaire « tout ce qui est rare est cher ». En économisant le facteur le plus coûteux, l’entreprise économise du même coup la matière la plus rare, celle qu’il s’agit précisément de préserver. C’est pour cela qu’elle innove.
Pour que ce mécanisme économique élémentaire fonctionne, il faut donc accepter de mettre un prix aux choses, et notamment à la nature. Car les gaspillages – et les pillages – commencent précisément à partir du moment où l'on neutralise les phénomènes économiques, en faisant croire que certaines ressources sont gratuites comme si elles existaient en quantités illimitées.
On dit que l'éléphant est menacé à cause de la valeur commerciale de l’ivoire. Pourtant la vache n’est pas menacée à cause de la valeur commerciale du lait ou de sa viande pas plus que le poulet n’est en voie de disparition à cause de la valeur commerciale des œufs ou de sa viande. Le problème n’est pas la valeur commerciale en soi ; le problème n’est pas l’activité marchande en soi ; le problème réside dans la définition des droits de propriété [1]. Le rôle de l’Etat est de mettre en place les institutions qui permettent de définir, garantir et protéger les droits de propriété, non de s’échiner à rendre tout gratuit.

On affirme aussi que la biodiversité est menacée à cause de l’activité humaine. Mais ce n’est considérer qu’une partie du phénomène. L’activité agricole a aussi contribué à accroître la biodiversité. Parmi les espèces de fruits et de légumes que nous consommons chaque jour, très peu existait à l’état naturel. L’homme est à l’origine de la création de nouvelles espèces. Il est donc plus exact de dire que l’activité humaine transforme la nature ; et que cette transformation entraîne l’épuisement de certaines ressources, le renouvellement d’autres ressources mais qu’elle permet aussi de créer de nouvelles richesses. C’est absolument inévitable. C’était déjà vrai à l’ère du néolithique où survivaient tant bien que mal quelques milliers d’individus ; c’est a fortiori vrai aujourd’hui alors que vivent plus de 6 milliards d’individus sur la planète. Mais à l’époque de la vapeur, on nous prédisait que la planète ne pouvait pas supportait 1 milliards d’individus ou que l’Europe se serait pas en mesure de nourrir 100 millions d’âmes.

La biodiversité naturelle n’est pas toujours une bonne chose pour l’être humain. Le virus de la peste, de la malaria et tant d’autres cadeaux empoisonnés de la nature font partie de la biodiversité que l’homme s’est acharné à éradiquer. Et il est heureux que ces créatures soient menacées de disparition car leur développement constituait une menace pour l’homme lui-même. Dans le discours écologique primaire, il y l’idée communément admise que la protection de la nature s’impose comme une évidence et que l’homme est un animal nuisible constituant une menace pour la nature. Pourtant ceux qui affichent une adoration béate de la nature se gardent de vivre en milieu naturel, préférant le confort douillet offert par la civilisation moderne dans les grands centres urbains dont ils pensent pourtant le plus grand mal.
L’homme existe avec la nature mais mène aussi un combat permanent contre la nature. Dans certains cas, au nom de la protection de l’homme, c’est la nature elle-même qui constitue une menace. Dans ce combat ancestral contre les risques naturels, la science constitue le meilleur allié pour l’homme.

Enfin, il existe autour du débat concernant le changement climatique un certain nombre d’affirmations qui relèvent plus de l’énoncé doctrinaire orienté que de la discussion scientifique sérieuse. A ce rythme, j'ai peur qu'on arrive un jour en France à imposer une loi punissant les gens qui osent remettre en cause la thèse officielle du réchauffement de la planète alors que cette thèse est loin de faire l'unanimité de la communauté scientifique mondiale [2]. A l’heure où, notamment en France, on réécrit l’histoire à coup de films cinématographiques bien-pensants suivis de lois (sur le colonialisme, sur le génocide arménien, sur l’esclavage), il n’est pas loin le temps où l’on établira la « vérité scientifique » sur le même mode juridique [3]. Et les acteurs à la mode ou les comiques en vue se substitueront aux chercheurs tombés dans l’oubli.

[1] Mankiw G.N. Principes de l’économie, Economica, Paris, 2000.

[2] Allègre C. « Le droit au doute scientifique », Le Monde du 26 octobre 2006.
[3] Voir à ce propos le film de A. Gore sur le changement climatique qui a reçu un accueil très chaleureux en France. Précisons que la notion de « vérité scientifique » n’a pas de sens dans les sciences. La recherche de la vérité ou le discours sur la vérité est une question soit philosophique soit religieuse. Il y a longtemps que les scientifiques ont abandonné cette prétention et cet objectif. Les scientifiques testent des hypothèses et rejettent les hypothèses contredites par l’expérience.

Jean-Louis Caccomo 20/2/2016

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