Réalité des calamités et événements climatiques extrêmes

Par les temps qui courent, il ne se passe pas une journée sans que nous, lecteurs(trices) et auditeurs(trices), ne soyons abreuvé(e)s de déclarations définitives selon lesquelles les événements catastrophiques liés au climat (les événements climatiques dits extrêmes) se multiplient, en ce moment même. Selon les déclarations de ces "experts", il suffit de jeter un coup d'oeil par la fenêtre (ou sur la télé) pour s'en convaincre et ceux qui n'en sont pas convaincus sont soit aveugles soit de mauvaise foi. En mot nous vivons les débuts de l'apocalypse. "La maison brûle" comme disait le Président Chirac, "et nous regardons dehors" (attribué à N. Hulot).

C'est ainsi, nous répète-t-on, qu'à l'heure actuelle :

- les typhons/cyclones/ouragans sont plus nombreux et plus puissants que jamais "dans l'histoire". Ils dévastent la planète comme jamais auparavant.
- Les sécheresses dévastatrices se multiplient sur le globe et sont de plus en sévères.
-Les régions sèches le seront plus encore.
-Les inondations, "à répétition" que nous connaissons sont inédites.
-Les tornades sont plus dévastatrices et mortifères que jamais.
-Etc.

Tout cela, bien entendu, entraînera de graves conséquences géopolitiques, des conflits etc., comme nous le promet Nicolas Hulot (source AFP), l'Envoyé Spécial Pour la Protection de la Planète du Président de la République, ce qui a exigé une réflexion prospective poussée au sein de la Défense Nationale. (Note : dans la suite, les caractères engraissés lont été par l'auteur de PU).

"Soyons prudents, mais il me semble assez manifeste que le changement climatique et les phénomènes climatiques extrêmes qui se multiplient jouent au minimum un facteur aggravant et parfois déclencheur de conflits", a souligné Nicolas Hulot, envoyé spécial du président français François Hollande pour la protection de la planète.

Tout récemment, le 5/10/2015, après avoir affublé, en bloc, tous les "climato-sceptiques", y compris quelques Académiciens des Sciences, d'un nom d'oiseau que je ne répéterai pas, Nathalie Kosciusko-Morizet nous a doctement assuré que :

"Mais ça n'est pas ça que ça fait, le changement climatique. Ça multiplie ce qu'on appelle “les événements climatiques extrêmes”, c'est-à-dire que là où il y a du désert ça va être toujours plus sec, et là où il y a des problèmes d'ouragan, il va y en avoir toujours plus...On ne peut pas lier un événement climatique extrême au changement climatique, mais on sait que la multiplication lui est liée."

Pour sa part, le Président de la COP21, Laurent Fabius, a déclaré récemment, lors d'une émission sur Eur1 (le 5/10)

…Mais le fait que l'on ait des pluies, des typhons, des événements de plus en plus lourds et de plus en plus nombreux, ça, c'est en lien avec le dérèglement climatique"

L'Agence France-Presse qui n'est pas une débutante dans le domaine, affirme pour sa part, que :

Sous l'effet des gaz à effet de serre issus pour l'essentiel de la combustion d'énergies fossiles, la planète se réchauffe à une vitesse inédite, générant des événements météorologiques extrêmes, la fonte accélérée des glaciers ou encore la montée du niveau des océans.

Jusqu'au Saint Père, le Pape François qui avance, un peu plus prudemment, dans son Encyclique "Laudato si" que :

.."il est en outre difficile de ne pas le [NdT : le réchauffement] mettre en relation avec l’augmentation d’événements météorologiques extrêmes, indépendamment du fait qu’on ne peut pas attribuer une cause scientifiquement déterminable à chaque phénomène particulier."

Etc. Etc.

Les citations du même genre abondent dans tous les médias. Vous en verrez d'autres, du même style, un peu plus bas.

Cependant, et comme vous le savez, à Pensee-Unique.fr, nous somme plutôt circonspects, surtout quand nombre d'éminents décideurs de la planète nous affirment, haut et fort, que les événements climatiques extrêmes de toute nature se sont multipliés et que si nous ne voyons rien , c'est certainement parce que nous sommes aveugles ou (pire, si nous sommes "climatosceptiques" comme ils disent) que nous ne voulons pas voir.

Alors, nous allons voir.

Nous verrons tout cela, avec quelques détails, à partir des statistiques et des graphiques officiels qui concernent l'évolution temporelle durant ces dernières années ou décennies, de ces fameux événements climatiques extrêmes qui "sont, nous dit-on, de plus en plus forts et de plus en plus nombreux et qui résultent du "dérèglement climatique"".
Dans la suite, nous analyserons l'évolution de la fréquence et de la puissance des typhons/cyclones/ouragans et des tempêtes, celle des sécheresses, celle "des régions désertiques qui devraient devenir plus sèches" et même – pourquoi pas, puisque cela a également été évoqué comme lié au changement climatique – des tremblements de terre et des tsunamis.

A tous ceux qui vous assureront que "vous n'êtes pas climatologues", vous pourrez répondre, comme l'a fait le Prix Nobel de Physique Ivar Giaever lors de récente présentation intitulée "Le réchauffement climatique revisité" à la conférence des prix Nobel à Lindau en Juin 2015, qu'il n'est nul besoin d'être climatologue ni même scientifique, pour lire et comprendre le sens d'un certain nombre de graphiques, tels que ceux qui sont reportés ci-dessous.

In fine, nous rappellerons, une fois encore, les conclusions du dernier rapport du GIEC (le rapport complet, l'AR5 de 2013) de l'ONU, au sujet des "événements extrêmes", en faisant observer que les constats de ce pesant document sont cohérents avec les graphiques que je vais vous présenter.

Enfin, in cauda venenum, nous rappellerons les conclusions d'un travail historique (scientifique) portant sur "les dérangements du temps" durant les cinq derniers siècles et qui montre que l'alarmisme météorologique ou climatique ne date pas d'aujourd'hui. On y voit, surtout, que le climat que l'on prétend désormais "déréglé", n'a, en réalité, jamais été "réglé" et qu'il n'est guère plus "déréglé" de nos jours qu'il ne l'était autrefois.

Nous commençons par nous intéresser au bilan global des catastrophes dites naturelles, toutes causes confondues, au niveau planétaire.
S'agissant de catastrophes de toute nature, à l'échelle du globe, il est bon de se référer aux grandes compagnies d'assurance internationales qui tiennent un compte vigilant des calamités qui affectent notre planète, ceci à des fins de statistique et de prospective. Parmi ces dernières, l'une des plus réputées est la compagnie AON Benfied qui publie, chaque année, un bilan relativement complet des événements catastrophiques et de leurs conséquences qui ont affecté notre planète en s'appuyant sur les données collectées dans les bases de données officielles des meilleures institutions internationales.

1) Bilan global des événements catastrophiques survenues à l'échelle de la planète :

Plusieurs graphiques qui figurent ci-dessous sont tirés du plus récent "AON – 2014 Annual Global Climate and Catastrophe Report" publié en Janvier 2015.

A) Evolution du nombre de catastrophes naturelles, toutes catégories confondues, pour la planète.

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Ce graphique montre, en quatre couleur (une pour chaque trimestre), le nombre annuel d'événements catastrophiques qui ont affecté la planète depuis 2004. Comme on le perçoit, il n'y aucune tendance à l'augmentation du nombre des calamités à l'échelle du globe. En réalité, la situation est à peu près stable, aux fluctuations d'une année sur l'autre, près. Il est donc, sans doute, un peu prématuré de nous assurer que l'apocalypse est à nos portes et a déjà frappé.
Dans le document cité, ce graphique est accompagné d'un commentaire qui situe l'année 2014 par rapport à la moyenne des années précédentes en ces termes
:

De nouveau une baisse : Les pertes résultant des catastrophes en 2014 sont en dessous de la moyenne.

 

 

Les désastres, au plan global, se sont combinés en 2014 pour causer des pertes économiques de 132 milliards de dollar US, ce qui est de 37% inférieur à la moyenne décennale qui est de 211 milliards de dollar US. Les pertes ont été attribuées à 258 événements distincts à comparer avec la moyenne décennale de 260. Ces désastres ont résulté en une perte, en matière d'assurances, de 39 milliards de dollar US, ce qui est de 38% inférieur à la moyenne décennale de 63 milliards de dollar US. Elle a a été la plus faible perte des assurances depuis 2009.

2014 a été la seconde années consécutive avec des pertes, dues aux catastrophes, inférieures à la normale.


On peut également s'intéresser à l'évolution du
nombre des pertes en vies humaines causées par ces calamités naturelles, selon leur nature, toujours à l'échelle de la planète. Voici ce que nous dit le rapport AON Bienfeld :

B) Bilan global des perte humaines selon les types de calamités :

  

Le rapport AON nous donne le graphique ci-contre, accompagné de son commentaire traduit dans l'encadré ci-dessous.  extreme5

 

"L'année 2014 a vu un déclin des pertes humaines résultant de calamités naturelles par rapport à celles qui ont été enregistrées en 2013. Cette année 2014 a été substantiellement, 89%, moins meurtrière que la moyenne des années 2004-2013 qui est d'environ 76000. Durant les dix dernières années, des événements singuliers majeurs (tels le tremblement de terre à Haïti 2010); en Chine (2008) et en Indonésie (2004) ainsi que le cyclone Nangis au Myanmar (2008) ont biaisé la moyenne annuelle."

Comme on peut le voir, ci-contre, le bilan des pertes humaines n'est pas en hausse mais en baisse.

Dans ces conditions, il semble légèrement prématuré de prétendre que nous vivons un "chaos climatique" et que nous en sommes au début de l'apocalypse.
Il est vrai, comme le rappelle le commentaire de AON que ce genre de diagramme, évidemment très sensible aux événements majeurs très mortifères, comme les tremblements de terre, ne permet que difficilement d'établir une valeur moyenne. A noter, en passant, que les événements les plus mortifères sont les tremblements de terre dont le lien avec le réchauffement climatique est, pour le moins hypothétique. Ceci étant dit dans le langage mesuré des scientifiques.

Nous allons voir, ci-dessous, ce qu'il en est de l'évolution du nombre de tremblements de terre (ou des tsunamis qui résultent de tremblements de terre sous-marins) à l'échelle de la planète qui, comme certains nous l'affirment, seraient liés au "changement climatique", sans que l'on comprenne d'ailleurs ni pourquoi et ni comment.

C) Tremblements de terre et tsunamis :

Lors du discours de Manille prononcé le 26 Fév. 2015 qu'on le retrouve sur le site du château, le Président de la République française déclarait :

Le GIEC est allé plus loin, en indiquant que si nous ne faisions rien, dans les prochaines années, ce n’est pas un réchauffement de la planète de 2 degrés que nous allons connaître d’ici la fin du siècle, mais de 3, 4, voire 5 degrés. Et avec des conséquences que l’on n’a pas besoin de forcer pour les décrire, nous les connaissons déjà ; tsunamis, tremblements de terre, élévation du niveau de l’eau, atteinte inexorable à la biodiversité …

Le président a repris,tout récemment, le 28 Septembre 2015, les mêmes affirmations devant la 70e Assemblée Générale de l'ONU (compteur 2.05).
Pour sa part, la Ministre de l'Ecologie de l'époque, Nathalie Kosciusko-Morizet (déjà mentionnée dans ce billet avec quelques autres responsables politiques) nous assurait dans le journal "les Echos" du 18 Décembre 2009 (repris sur le site du Ministère) que :

« Les effets ravageurs des excès de CO2 dans l’atmosphère sont déjà là : pas moins de 250 millions de femmes, d’hommes et d’enfants sont frappés chaque année par des tsunamis, des cyclones ou d’autres formes moins soudaines de catastrophes climatiques, notamment la montée des eaux ou la désertification de certaines régions. »

Pour sa part, Michel Barnier, entre autres, ancien Ministre de l'Agriculture, nous affirmait, lors d'un de ses voyages en Chine, que :

On voit bien les conséquences extrêmement graves du réchauffement climatique,les tremblements de terre (compteur 1.23).

Puisqu'il semble qu'il faille se résoudre à envisager la possibilité d'un lien (une notion pour le moins novatrice) entre l'activité sismique et le "dérèglement climatique", voyons ce que nous disent les observations soigneusement répertoriées par AON dans son rapport (Figure 26, page 19, au sujet de l'évolution du nombre des tremblements de terre planétaires de faible magnitude M 6 et de forte magnitude M≥7.0. La figure est accompagnée de son commentaire original.
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" Comme on le voit dans la Figure 26 pour les dix dernières années, l'activité totale des tremblements de terre ne montre pas de grandes fluctuations d'une année sur l'autre. Le USGS [NdT: Le Geological Survey US] précise qu'une augmentation substantielle des stations seismographiques et des améliorations continues dans les technologies et dans les communications, ont grandement renforcé la qualité de la collecte des données sur les tremblements de terre. On doit aussi observer que malgré les fluctuations du nombre total des tremblements de terre depuis le début des années 1900, les nombre des tremblements de terre majeurs (M7.0) est resté sensiblement constant d'une année à l'autre."

Comme on le voit, la fréquence et la puissance des tremblements de terre est remarquablement stable et AON nous assure qu'il en est ainsi depuis, au moins, les années 1900. Contrairement à ce qu'affirmait Michel Barnier, le Président et ses collègues, et comme on s'y attend, on ne discerne aucun effet du "changement climatique" sur l'activité tellurique de la planète, sans compter qu'on se demande vraiment comment et pourquoi les mouvements tectoniques ou les convulsions géologiques pourraient être sensibles à une variation de la température aussi minime que celle que nous avons connue.

Les ouragans/cyclones/typhons/tornades/tempêtes sont fréquemment évoqués comme particulièrement révélateurs du "dérèglement climatique" en cours. Voyons cela.

2) Les ouragans/cyclones/typhons à l'échelle de la planète et les tornades aux USA :

Parmi d'autres :

"Le fait que l'on ait des pluies, des typhons, des événements de plus en plus lourds et de plus en plus nombreux, ça, c'est en lien avec le dérèglement climatique" (L. Fabius, Président de la COP21)

A) Les cyclones/typhons/ouragans pour le Globe :

Je rappelle ici que typhon, ouragan et cyclone désignent le même phénomène. Seule la dénomination peut changer selon les régions concernées du globe, mais pas toujours.

Tout d'abord, que nous dit le rapport AON à ce sujet ? Voici quelques graphiques extraits de ce rapport :

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La Figure 17 du rapport qui couvre la dernière décennie pour le nombre (ou la fréquence) des cyclones tropicaux pour le globe – nous verrons plus loin pour une plus longue période – ne montre aucune tendance discernable pour ce qui est des différentes catégories de cyclones identifiées par les carrés colorés situés en haut à droite du graphique.
Les lignes en pointillé indique les moyennes correspondantes à la période 1980-2013.

 

 

 

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S'agissant des pertes humaines et en matériels, celles-ci dépendent évidemment directement du nombre et de la puissance de cyclones qui ont atterri sur les continents ou sur les îles.


Cette figure 18 du rapport récapitule la variation annuelle du nombre des cyclones, selon leur catégorie (1+ et 3+ les plus intenses) qui ont touché terre durant la dernière décennie.

 

Ici encore, on ne discerne aucune tendance à la hausse – en réalité, plutôt à la baisse- du nombre de ces cyclones destructeurs, quelle que soit leur intensité.

Pour ce qui concerne les ouragans observés dans le bassin Atlantique :

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Cette Figure 19 du rapport AON reprend les mêmes modes d'affichage que les figures précédentes.
Là encore, point de tendance haussière e du nombre des ouragans quelle que soit leur puissance (indiquée par les couleurs dans le graphique ci-contre).

 

 

 

 

Le rapport AON donne le même type de représentation pour les cyclones/ouragans/typhons selon les différents bassins océaniques. Pour ne pas surcharger ce billet, je laisse au lecteurs(trices) le soin de prendre connaissance de ces graphiques dans le rapport original . De manière générale, on constate que la fréquence des cyclones, des typhons et des ouragans n'a pas varié depuis 40 ans, pour les petits comme pour les les grands et que la puissance des cyclones/ouragans/typhons (faibles ou forts) n'a pas, non plus, varié au cours des dernières décennies.

Pour remonter un peu plus haut dans le temps et avoir une vision de l'évolution de l'activité des ouragans/cyclones/typhons depuis les années 1970, on peut se reporter au site weatherbell.com qui répertorie scrupuleusement, sous la responsabilité de Ryan Maue, un expert du domaine, la totalité de ces tempêtes qui affectent le globe. Voici deux graphiques qui illustrent les données disponibles, régulièrement mises à jour. extreme18

 

Figure: "Fréquence, pour les quatre dernière décennies, des tempêtes tropicales et des ouragans (sommées sur une année). Les séries du haut représentent le nombre des tempêtes tropicales qui ont atteint le minimum pour être identifiées (vents soutenus maximaux au dessus de 34 noeuds). Le graphe du bas est relatif au nombre d'ouragans ( vitesse au dessus de 64 noeuds)."(mis à jour le 31 juillet 2015)."

Comme on le voit, ici encore, il n'y a pas de tendance haussière ou baissière de la fréquence des tempêtes tropicales et des ouragans pour le globe depuis 1971. Tout cela est remarquablement stable depuis des décennies.

 

Le graphe précédent illustrait le taux de répétition de ce calamités à l'échelle du globe.
Mais qu'en est il de l'évolution de la puissance ou de l'intensité de l'activité cyclonique au cours des dernières décennies ?

Comme le savent les lecteurs(trices) de ce site, pour répondre à cette question, on utilise (entre autres) l'indice ACE qui représente l'énergie des cyclones accumulée pendant leur durée de vie. Voici le graphiques relatifs à l'évolution de l'ACE depuis 1970 pour le globe (en rouge) , pour l'hémisphère Nord (en bleu) et pour l'hémisphère Sud (en vert).

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Figure: "Energie cyclonique accumulée, pour les tempêtes tropicales et pour les ouragans, durant les 4 dernières décennies, par année. La saison cyclonique se produit dans l'hémisphère Sud de Janvier à Juillet pour chaque année calendaire. Le graphique est construit de telle façon que la valeur annuelle pour Juillet 2013-Juillet 2014 est positionnée en 2014."

Comme on le voit ici encore, on ne discerne aucune tendance haussière (ni baissière) de l'intensité intégrée de l'activité cyclonique depuis 1970, et ceci dans les deux hémisphères, comme au plan global.

En d'autres termes, les cyclones/ouragans/typhons ne deviennent ni plus intenses, ni plus fréquents sur le globe.

Que nous disent les spécialistes de la question au sujet du lien revendiqué par nos décideurs entre l'activité tempétueuse/cyclonique et le "dérèglement climatique" ?

Voici ce qu'a écrit le GFDL (Geophysical Fluids Dynamics Laboratory), le laboratoire spécialisé sur ces sujets de la NOAA qui n'est jamais parcimonieuse en matière d'alarmisme, dans un tout récent article, daté du 30 septembre 2015 :

Il est prématuré de conclure que les activités humaines – et, en particulier les émissions de gaz à effet de serre qui provoquent le réchauffement climatique – ont déjà eu un impact détectable sur les ouragans atlantiques ou sur l'activité globale en matière de cyclones tropicaux. Ceci étant dit, les activités humaines ont peut-être déjà causé des changements qui ne sont pas encore détectables du fait de la petitesse de ces changements ou des limitations en matière d'observation ou, encore, il s'agit de changements estimés par des modèles avec des incertitudes considérables (dues,par exemple, aux effets des aérosols).


Puis, le GFDL de la NOAA évoquant ses modèles (évidemment non validés) prévoit que l'on verra "probablement" une augmentation de l'activité cyclonique de 2 à 11% en 2100, ce qui est très petit par rapport aux grandes fluctuations naturelles. Même si ces modèles sont vérifiés, ce qui n'est pas assuré, il n'est pas évident que nos descendants percevront une quelconque différence.

On constate ainsi - non sans une certaine admiration - qu'alors que les laboratoires les mieux équipés du monde reconnaissent (conformément au récent rapport du GIEC) être incapables de percevoir la moindre influence humaine sur les calamités cycloniques, notre personnel politico-médiatique, lui, affirme fréquemment, devant micros et caméras, être en mesure de la discerner et va jusqu'à préciser "qu'on le voit bien". A titre personnel, je dois confesser humblement que, comme les chercheurs du GFDL de la NOAA, et bien d'autres, je ne vois strictement rien.

Voici, à présent, l'évolution d'un phénomène catastrophique peu connu en Europe de l'Ouest mais qui est fréquent et peut se révéler très destructeur aux USA qui tiennent un compte scrupuleux des tornades et/ou des événements tempétueux localisés.

B) Les tornades (aux USA) :

Toujours à partir des données techniques du rapport AON, on peut distinguer les tornades les plus intenses de celles qui le sont moins. L'intensité des tornades est classée au moyen d'un indicateur Fx ou EFx. Les encadrés rapportent les commentaires du rapport attachés aux figures.

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"Depuis 1950 la tendance générale des tornades classées F1/EF1 et au dessus [NdT: : les moins intenses ] est restée pratiquement plate avec une petite augmentation minimale de 1,3% par an. Des données plus fiables depuis l'avénement de l'ère Döppler en 1990 montre une tendance également plate à 0.2%. En sélectionnant les données pour la dernière décennie,on observe qu'il y a eu une légère décroissance de 1,6% par an."

Autrement dit, les tornades les moins violentes ne sont pas en augmentation. Et, durant cette dernière décennie, elles sont plutôt très légèrement moins fréquentes.

 

La figure suivante indique l'évolution du nombre des tornades de plus forte intensité aux USA. Elle est accompagnée du commentaire figurant dans l'encadré ci-dessous.

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"Depuis 1950 la tendance des tornades les plus intenses classées F3/EF3 et au dessus, est restée plate. Elle montre une faible décroissance annuelle de 0.8%. Une décroissance annuelle comparable de 1,2% est aussi observée quand on examine des données plus fiables disponibles depuis l'ère du radar Döppler en 1990. Si on sélectionne les données de la dernière décennie,on constate que la tendance est également plate avec une hausse très légère de 0,5%.

De même, on observe une grande stabilité du nombre des tornades les plus intenses depuis 1950. Il n'y a strictement rien d'alarmant de ce côté-là, non plus.

 

L'évolution du bilan annuel des tornades les plus violentes, depuis 1954, aux USA, cette fois-ci, vue par la NOAA :
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Comme on le voit immédiatement, le nombre des tornades les plus violentes n'a pas augmenté depuis 1954. En réalité et comme on peut l'observer, le nombre des tornades intenses a connu un maximum dans les années 1970 qui sont, comme on le sait, des années relativement fraîches.


Autrement dit, ici encore, rien ne montre que le "dérèglement climatique" aurait augmenté en quoique ce soit, le nombre et la puissance des tempêtes localisées et des tornades au moins aux USA où elles sont soigneusement répertoriées

 

 

 

 

Voici maintenant plusieurs études intéressantes qui portent sur les sécheresses dont on nous assure qu'elles ont augmenté en sévérité et en extension.

3) Les sécheresses sur la planète :

A) au plan global

Un article publié récemment dans la revue Nature (2014) (en accès libre) fait le point sur cette question.

Son tire est le suivant : "Suivi de la sécheresse intégrée sur tout le globe et système de prédiction"

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Voici la figure maîtresse de cet article qui donne l'évolution de la fraction de terre émergée de la planète affectée par divers degrés de sécheresses en fonction du temps ( de 1982 à 2012).extreme10

 

 

La légende du graphique que l'on peut lire en dessous de l'échelle des abscisses indique que les ordonnées donnent la fraction des terres émergées qui se trouvent en état de sécheresse (selon les couleurs D0 = anormalement sèche.
D1= sécheresse modérée.
D2= sévère.
D3= extrême.
D4= exceptionnelle.

Le code des couleurs est indiquées en haut à droite sur le graphique.

 

 

Comme on le voit immédiatement, les sécheresses, leur sévérité et les surface affectées n'ont guère évolué sur la planète depuis une bonne trentaine d'années. Tout au plus, peut-on faire remarquer le El Niño de 1998 (particulièrement intense) semble avoir provoqué un accroissement ponctuel de la fraction terrestre affecté par les sécheresses. Compte tenu du fait que nous sommes actuellement en situation d'El Niño presqu'aussi intense, on peut prévoir une augmentation, toute aussi ponctuelle pour cette année 2015. Darwin avait déjà observé, en son temps, cette corrélation à l'échelle locale.
On ne voit rien dans les résultats de cette étude exhaustive qui puisse justifier les affirmations définitives d'une partie du microcosme politico-médiatique qui établit un lien entre les gaz à effet de serre anthropique et les sécheresses qui affectent le globe.

D'autres études scientifiques nous en apprennent un peu plus à ce sujet…

B) Variabilité des sécheresses et de l'humidité :

"Mais ça n'est pas ça que ça fait, le changement climatique. Ça multiplie ce qu'on appelle "les événements climatiques extrêmes". Là où il y a du désert ça va être toujours plus sec"(Nathalie Kosciusko-Morizet).

Là, on reste un peu perplexe parce que les observations scientifiques montrent très exactement le contraire de ce que nous dit notre ancienne Ministre de l'Ecologie comme en témoigne l'article suivant publié dans la très sélective revue GRL. Cet article a étudié la variabilité des sols de la planète vis à vis de la pluviométrie/sécheresse. Voici le fac-simile de l'entête de cet article (déjà signalé en 2012) dont le titre est : "Variations de la variabilité de la pluviosité sur les terres du globe."

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Les points clefs (indiqués par les auteurs en dessous du titre dans le but de permettre un examen rapide du contenu de l'article) sont parfaitement clairs. Les voici

  • Nous rendons compte d'une réduction de la variabilité P et expliquons comment cela s'est produit.
  • La raison pour laquelle il y a une réduction de la variabilité est que le sec devient plus humide et l'humide devient plus sec.
  • Une nouvelle méthode de détection est proposée pour confirmer ces conclusions.


C) La question du Sahel : Le "désert" sahélien devient-il plus sec ?

Non, c'est tout le contraire. De fait, le CO2 se révèle bénéfique pour le Sahel qui devait, nous dit-on, "devenir encore plus sec" mais qui en réalité a reverdi, précisément pendant la période du "dérèglement climatique".
Et, de fait, ce n'est pas seulement le Sahel qui a verdi, c'est la planète toute entière qui l'a fait.

Contrairement à la croyance populaire et les discours alarmistes, le Sahel a reverdi et la pluviosité y est en augmentation depuis les années 80 comme l'explique un article paru tout récemment (le 1er Juin 2015) dans la revue Nature Climate Change (une subdivision de Nature, malheureusement payante). Voici le fac-simile de l'entête de cet article intitulé "Rôle dominant du forçage par les gaz à effet de serre dans la retour des pluies au Sahel"

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A noter que si l'agence Reuters mentionne cet article, je n'en ai vu aucune mention dans la presse francophone. La figure maîtresse (accompagnée de sa légende) de cet article est révélatrice de la situation.

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"Graphique des données pluviométriques au Sahel pour la moyenne des mois de Juillet à Septembre (JAS) sur les terres situées en 10°–20° N, 20° W–35° E tirées des observations. Les lignes rouges et noires délimitent la période précédente 1964–1993 de la période récente 1996–2010/2011."

 

 

Comme on le voit sur le graphique, la pluviométrie/pluviosité a nettement régressé depuis 1950 jusque dans les années 1980, ce qui a inspiré les plus grandes inquiétudes.
Bien heureusement, la période récente qui va de 1985 à nos jours a vu une augmentation nette des quantités de pluies tombées sur le Sahel qui retrouve à présent une situation proche de celle qu'il a connu dans les années 1910-1920.

On pourrait se dire que le reverdissement du Sahel n'est qu'un phénomène localisé qui ne concerne pas la totalité de la planète. Il n'en est rien. La planète entière greener-earth"verdit" comme le savent tous les chercheurs du domaine qui travaillent à partir des observations satellitaires qui voient ce qui est illustré sur l'image ci-contre, intitulée "Une Terre plus verte" et qui montre l'augmentation évidente de la végétation du globe au cours de la période 1982-2011.


La plupart des auteurs attribuent ces bienfaits à l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère, lequel est ainsi loin d'être le "polluant" que les médias/politiques aiment à stigmatiser, sans aucun discernement, alors qu'en réalité, le CO2 est un gaz bénéfique. Il est le vecteur essentiel du cycle du carbone. Le CO2 est le gaz de la vie… et il le montre.

Cette image ci-contre a été présentée et explicitée par deux chercheurs du Department of Earth & Environment de l'université de Boston (USA) lors d'une conférence internationale qui s'est tenue à Avignon, l'année dernière, en 2014.

 

 

Les lecteurs(trices) intéressé(e)s pourront visionner une animation de la NASA issue des mesures toutes récentes (Sept 2014-Sept 2015) de l'évolution du taux de CO2 dans l'atmosphère de la planète, prises par le nouveau satellite OCO-2.
On admirera la remarquable efficacité de la végétation de l'hémisphère Nord qui absorbe le CO2 à la fin du printemps et durant l'été boréal…pour accroître la végétation.

En guise de clin d'oeil et bien que ce billet soit déjà bien long, toujours à propos des sécheresses, je ne résiste pas à la tentation de vous montrer qu'il n'y a pas qu'en Francophonie que les médias/politiques, plus ou moins désinformés, sont carrément démentis par les observations scientifiques.
Pour la petite histoire, la récupération de la dernière sécheresse en Californie (qui en a connu beaucoup) par le Gouverneur de cet état, prête (aussi) à sourire ceux et celles qui suivent la littérature scientifique. Voici :

D) La récente sécheresse en Californie est-elle due au réchauffement climatique ? Le risque de sécheresse y est-il augmenté ou minoré par le réchauffement climatique ?

Le gouverneur Jerry Brown de la Californie a certifié à ses électeurs que la récente et sévère sécheresse qui a frappé son état, résulte du changement climatique
Malheureusement pour sa crédibilité, pendant ce temps-là, les scientifiques ont travaillé et ont démontré très précisément le contraire, comme le montre, sans ambiguïté, une étude qui vient juste d'être publiée par l'American Méteorological Society dans le Journal of Climate (payant) qui est une revue parmi les plus renommées dans le domaine.

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Le titre de l'article pose la bonne question : "Est-ce que le changement climatique anthropique a affecté le risque de sécheresse en Californie ?"


La réponse est donnée dans la fin du résumé en des termes, parfaitement clairs. En bref, Le changement climatique n'augmente pas mais, au contraire, diminue les risques de sécheresses en Californie et rien ne permet de lier la sévérité de la sécheresse récente au "dérèglement climatique".

"Ainsi, nos résultats montrent que les effets résultant du changement climatique ont rendu les sécheresses affectant l'agriculture, moins probables et que les impacts sévères actuels ne peuvent pas être causés de manière significative par des changements climatiques à long terme."

Les auteurs arguent que, question sécheresse, la hausse des températures est compensée par l'augmentation de la pluviosité. Ils observent qu'on ne discerne aucune tendance à l'augmentation générale des sécheresses (plutôt l'inverse, en fait) pour l'agriculture.

Parmi les calamités dont on nous assure qu'elles s'accélèrent dangereusement et qu'"on le voit bien", la fonte des glaciers de la planète figure dans le top du classement.
Nous allons voir ce qu'il en est dans la réalité, toujours à partir des résultats d'études scientifiques duement peer-reviewées et publiées dans les grandes revues.

4) Le réchauffement climatique accélère la fonte des glaciers ?

"la planète se réchauffe à une vitesse inédite, générant des événements météorologiques extrêmes, la fonte accélérée des glaciers ou encore la montée du niveau des océans." déclare l'Agence France Presse.

Nous allons partir d'un article (en accès libre, ce qui est rare pour cette revue) qui aborde de manière assez précise cette question et qui est paru dans le journal de l'AMS (la Société Météorologique Américaine), il y a deux ans, en 2013. Cet article, signé par 18 auteurs provenant de différentes institutions, est intitulé "Hausse moyenne du niveau des océans durant le XXe siècle : Le total est-il supérieur à la somme des parties ?"
Les lecteurs attentifs reconnaîtront, parmi les noms des auteurs, ceux de J.A. Church et de N. J. White qui sont de spécialistes renommés du domaine et dont j'avais cité les travaux antérieurs dans la page "océans".

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Cet article cherche à clore le bilan des diverses contributions à la hausse du niveau des mers. Parmi les nombreux graphiques intéressants qui se trouvent dans cet article, on considère la Fig.2b, représentée ci-dessous, qui concerne plus spécifiquement à la fonte des glaciers et sa contribution à la hausse du niveau des mers.

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FIG. 2. "Evolution temporelle de contribution de la masse des glaciers à la hausse du niveau des océans. (b) Equivalent en hausse du niveau marin de la masse globale des glaciers DMg par rapport à la référence zéro pour la moyenne des années 1986–2005. Les évolutions temporelles pour A, C et M sont les intégrales sur le temps de celles de la Figure (a).Les incertitudes pour A et C ne sont pas indiquées."

Les lettres C, L et M font référence à des travaux antérieurs éventuellement mis à jour.

Dans le résumé de cet article, on peut lire les deux phrases importantes suivantes :

"Le taux de perte en masse des glaciers était supérieur aux estimations précédentes et n'était pas plus petit durant les première moitié du siècle que durant la seconde moitié."

"Les reconstructions prennent en compte l'observation que la (GMSLR) [NdT = hausse moyenne du niveau marin pour le globe] n'était pas plus grande durant les 50 dernières années que durant la totalité du XXe siècle en dépit de l'augmentation des émissions anthropiques."

En effet, comme on peut l'observer sur le graphique, la contribution de la fonte des glaciers de la planète suit une tendance approximativement linéaire en fonction du temps de 1860 à nos jours, sans indiquer aucune accélération à laquelle on s'attendrait notamment à partir des années 1950 où les émissions de CO2 ont cru de façon très significative. A juste titre, cela a surpris les auteurs de cet article qui l'ont noté par deux fois. extreme15

 

Pour être plus précis, voici, ci-contre, le graphe montrant la croissance des émissions de gaz carbonique anthropique (en million de tonnes de carbone par an) en fonction du temps et selon la nature des sources. Le total des émissions est représenté par la courbe en trait noir.La source de ces données ( 2015) que l'on retrouve partout, est indiquée en bas du graphique.

 

Comme on le voit ici, les émissions de CO2, relativement modérées jusqu'en 1950, n'ont vu une croissance significative qu'à partir de 1950, c'est à dire après la fin de la deuxième guerre mondiale.


Or, la contribution de la fonte des glaciers au niveau de la mer n'a connu aucune accélération depuis cette époque ce qui va à l'encontre des déclarations alarmistes au sujet de la fonte des glaciers de la planète qui résulteraient du "dérèglement climatique anthropique". Au contraire, la contribution à la hausse du niveau des mers due à la fonte des glaciers paraît bien "réglée" au point d'être représentée par une droite de 1860 à nos jours.
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Dans le même ordre d'idée, je rappelle que la hausse des températures (voir ci-contre, à droite, le graphe obtenu à partir des données officielles HadCRUT4) a été identique durant le début du XXe siècle (de 1910 à 1945) et la fin de ce siècle (de 1975 à 2000) ce qui, comme la contribution de la fonte des glaciers au niveau des mers, constitue une "anomalie" pour la théorie en vigueur, sans parler du hiatus ou de la pause des années 1945 à 1970, bien entendu.

 

 

 

 

5) Que nous disait le plus récent rapport du GIEC (AR5, 2013) au sujet des événements climatiques extrêmes ?

J'ai déjà cité à plusieurs reprises des extraits de ce rapport officiel AR5 (Le rapport complet, publié en 2013) du GIEC au sujet de "la multiplication" des événements extrêmes dans les billets précédents.
A défaut de consulter la littérature scientifique récente sur ces sujets, il ne serait, sans doute, pas inutile que notre personnel politico-médiatique en prenne connaissance avant de s'exprimer devant micros et caméras.

Au sujet des ouragans et cyclones tropicaux :

“Les bases de données existantes ne montrent aucune tendance significative dans la fréquence des cyclones tropicaux durant le siècle dernier….Aucune tendance robuste dans le nombre des cyclones tropicaux, des ouragans et des ouragans les plus forts, n'a été identifiée lors des 100 dernières années dans le bassin Nord Atlantique."

Au sujet des inondations :

"En résumé, le manque de preuve persiste en ce qui concerne le signe et la grandeur et/ou la fréquence des inondations à l'échelle globale, ce qui se traduit par un indice de confiance faible."

Au sujet des tempêtes, orages, grêle etc.

"En résumé, il y a une faible confiance dans les tendances observées pour les phénomènes météorologiques violents à petite échelle tels que les grêles, les orages, à cause de l'inhomogénéité des données et de l'inadaptation des systèmes de suivi."

Concernant les sécheresses et les affirmations du rapport précédent AR4 :

"Au vu des études mises à jour, les conclusions de l'AR4 (Le rapport 2007 du GIEC) concernant une augmentation des sécheresses depuis les années 1970, ont été probablement surestimées".
…"Faible confiance dans les projections des variations de la fréquence et la durée des méga-sécheresses.

Concernant les cyclones extra-tropicaux :

"En résumé, la confiance est faible dans des changements à grande échelle de l'intensité des cyclones extra-tropicaux extrêmes depuis 1900."

Autrement dit, selon le GIEC, soit on n'observe aucune tendance, soit on n'est pas en mesure de tirer de conclusions à partir des données existantes.

A noter également – et on ne s'en étonnera pas si on connaît un peu de géophysique- que le GIEC n'évoque pas la question des répercussions éventuelles du changement climatique sur les tremblements de terre et autres tsunamis.
Apparemment, seul(e)s les politiques le font.

6) Conclusion et observations

En conclusion, je conseille à tous les angoissés du climat, à tous les prédicateurs de l'apocalypse qui serait imminente ou déjà sur nous, la lecture de l'excellent livre de l'historien scientifique Emmanuel Garnier, "Les dérangements du temps : 500 ans de chaud et de froid en Europe". Ces dernières années, E. Garnier a travaillé au sein de laboratoires de climatologie. Il sait de quoi il parle. Voici un extrait significatif de la 4-de-couv de son livre.

La certitude qu'ont nos contemporains de vivre un " changement " climatique ne date pas d'aujourd'hui. Tiré d'archives inédites, le présent ouvrage souhaite offrir une autre réalité des fluctuations climatiques et des perceptions que celle que les Européens en ont eue au cours des 500 dernières années. La première constatation concerne le caractère neuf du réchauffement observé depuis 30 ans. La réponse de l'historien est sans appel. Bien avant le Global Warming, nos ancêtres connurent des épisodes parfois très chauds dont l'intensité fit reculer les glaciers alpins à des niveaux inférieurs à ceux d'aujourd'hui. Plus tard, au beau milieu du fameux Petit âge glaciaire, l'Europe fut même confrontée à de véritables… vagues de chaleurs doublées de sécheresses mettant en péril la survie des populations. L'histoire ne serait-elle alors qu'un éternel recommencement. Si la réponse apparaît difficile à formuler en matière de climat, il est en revanche certain que les événements extrêmes qui focalisent tant l'attention de l'opinion publique aujourd'hui faisaient déjà partie du quotidien des sociétés anciennes. La sévérité des catastrophes observées sur cinq siècles démontre qu'elles n'eurent rien à envier à nos désastres récents.

On ne saurait mieux dire que le fameux "dérèglement climatique" ne date pas d'aujourd'hui, ou, plus exactement, que le climat n'a jamais été "réglé". Pas plus aujourd'hui qu'hier ni que demain. Ce qui est peut-être plus inquiétant sur la nature humaine, c'est cette persistance, après bien des siècles d'apprentissage, de la peur que "le ciel nous tombe sur la tête".

Comme vous avez pu le voir dans le cours de ce long billet - sa longueur est en proportion de l'augmentation lancinante de la fréquence des ces multiples assertions infondées sur les "événement climatiques extrêmes" - les observations objectives démentent la quasi totalité des allégations alarmistes qui sont censées sans doute servir à la promotion de la COP21. J'ai bien peur, qu'en réalité, elle ne soient contre-productives. Le public est moins naïf qu'on ne le croit. Il se renseigne et en tire des conclusion, parfois peu flatteuses…

Tout cela pose, bien entendu, la question de la formation initiale et de l'information dont bénéficient nos décideurs. On se demande, entre autres, qui a bien pu persuader plusieurs de nos responsables politiques que les tremblements de terre ou les tsunamis étaient liés au réchauffement climatique ou que les typhons/ouragans/cyclones étaient en hausse sur la planète.
Si on ne peut guère reprocher aux politiques dont la formation initiale et les occupations quotidiennes sont bien éloignées de la science, leur ignorance dans ces matières, on peut quand même s'interroger sur la capacité des conseillers des cabinets ministériels ou présidentiels à leur fournir des informations sérieuses et étayées.
Cette déficience de l'information fournie à nos décideurs peut aller très loin.
C'est ainsi que le Saint-Père, le Pape François, a publié, dans son Encyclique "Laudato Si", une définition de l'effet de serre que l'on peut, respectueusement, qualifier "d'originale". La voici, tirée d'une version française certifiée de "Laudato si".

"En se concentrant dans l’atmosphère ils [NdT : les gaz à effet de serre] empêchent la chaleur des rayons solaires réfléchis par la terre de se perdre dans l’espace."

Ce qui, sans aller jusqu'à la définition totalement surréaliste de l'effet de serre par Michel Rocard (et d'autres), est faux. En effet, selon les théories en vigueur, on peut dire (très) approximativement, que la chaleur de la terre, (réchauffée par les rayons solaires) est émise (et non pas réfléchie) vers l'espace, sous forme de rayonnement IR, lequel est altéré par les gaz à effet de serre. On ne peut que s'étonner que l'aréopage substantiel dont s'était entouré le Pape, à cette occasion, ait laissé passer cette explication erronée de l'effet de serre.

Je n'ai pas la réponse à ces questions. Les professeurs ont-ils été déficients ou les élèves peu attentifs ou, encore, trop "orientés" ? Nous le savons pas.
Comme toujours sur PU, c'est à vous de vous faire votre propre opinion…


Stay Tuned !

Pensée unique 19/2/2016

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