Libéralisme & Capitalisme (2)

Peu de monde pourrait vivre sans les biens et services que nous fournissent les entreprises. Peu de monde serait disposé à se passer du confort que nous fournissent les technologies modernes dont la plupart ont été inventé par des entreprises. Et ces entreprises fonctionnent parce qu’elles cherchent à réaliser un profit. Comme le profit ne se décrète pas, les entreprises sont poussées à détecter les besoins des ménages et à les satisfaire au mieux si elles veulent avoir une chance de conserver leurs clients et d’être profitables. Mais non seulement elles doivent répondre aux besoins des ménages que nous sommes tous, mais elles doivent aussi intégrer les aspirations des travailleurs, des actionnaires et des contribuables que nous sommes tous aussi.

Tel est le capitalisme.

A défaut de le présenter pour mieux le comprendre (car chacun de nous devra y trouver sa place), on s’en sert d’épouvantail pour mieux le diaboliser comme s’il existait une alternative. C’est parce que des générations entières ont cru à ces chimères qu’elles sont aujourd’hui à la merci de la précarité et du chômage permanent. Personne n’a le pouvoir d’insérer des gens dans un monde qui n’existe pas et n’existera jamais. Il est manifeste qu’une grande partie des jeunes n’ont pas été préparé au monde tel qu’il est mais à un monde tel qu’il est rêvé par le monde enseignant prompt.

Le capitalisme est perfectible car c’est probablement le seul système qui accepte aussi ouvertement l’idée de l’innovation. Partout ailleurs, l’innovation apparaît subversive et intolérable à l’ordre existant. Or, l’innovation est ancrée dans l’être humain depuis la nuit des temps. De ce point de vue, notre époque moderne n’est pas si originale. Déjà, l’époque préhistorique elle-même est marquée par l’innovation. Les pré-humains, à leur manière, ont innové pour survivre. Leurs innovations furent radicales car ils avaient tout à apprendre en inventant l’humanité. La première innovation radicale fut sans doute liée à un changement d’habitat.

Nous savons aujourd’hui que nos lointains ancêtres furent probablement de petits « singes » vivant dans les arbres. Poussés par l’instinct de survie, et peut-être déjà par la curiosité, ces derniers ont dû un jour conquérir les plaines en quête de nourritures et d’espace vital. Ce faisant, ils inventèrent la bipédie, la station debout permettant de voir au loin en se dressant au-dessus de la végétation pour se protéger des prédateurs. La deuxième innovation a concerné le régime alimentaire. D’abord exclusivement végétariens, nos ancêtres sont devenus charognards.

Puis, ils ont appris à chasser pour se nourrir de viande fraîche. Enfin, ils ont domestiqué le feu et fait cuire la viande. A chaque étape, ils ont dû aller contre leur nature ou leur tradition en innovant de la sorte. Ou alors c’est bien la nature créatrice, mais tellement singulière, de l’homme qui s’exprimait déjà. En tout cas, le hasard combiné à la nécessité, l’expérimentation combinée à la prise de risque, ont permis ces innovations fondatrices de la civilisation elle-même[1].

La maîtrise du feu, l’invention du langage parlé résultant de la maîtrise progressive de cris et de sons spontanés, la fabrication des outils, l’invention de l’écriture qui donne naissance à l’histoire, la découverte de la roue…tous ces événements fondateurs et fondamentaux ont marqué cette épopée humaine principalement basée sur l’innovation et sa diffusion irréversible autant qu’irrépressible. Accumuler des expériences, en tirer des enseignements, mettre cette mémoire au service de l’évolution, telle est la nature du profonde du capitalisme. Le capitalisme, c’est le système économique et sociale qui nous permet d’exprimer et de profiter de ces aptitudes innées (apprentissage, découverte, innovation) qui font l’homme.

A ces époques si reculées à nos yeux d’hommes modernes, l’être humain (et sans doute quelques individualités plus entreprenantes que d’autres) se distingue des autres espèces animales par sa soif d’apprendre qui le pousse à faire des expériences bizarres.

C’est cet apprentissage basé sur l’expérimentation qui aboutit à l’innovation, nourrissant un processus d’accumulation du savoir et des techniques, qui nous vient de la nuit des temps.

Il est tout simplement délirant que certains puissent penser le maîtriser pour le stopper ou encore le planifier sans aller à l’encontre de ce qui est ancré au plus profond de la nature humaine elle-même.

Perpignan, 20 février 2007
http://caccomo.blogspot.com/

Lire aussi Libéralisme & capitalisme (1)

Notes


[1] Imagine-t-on un animal végétarien se mettre à manger de la viande, ou une proie devenir prédateur ?

Jean-Louis Caccomo 20/2/2007

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