Une opération d’excision tue une fille dans une clinique égyptienne

Outre le risque de mort, l’excision serait à l’origine de 25% des cas de stérilité, indique l’Association égyptienne des obstétriciens. De plus, 35% des inflammations chroniques chez les femmes et 85% des problèmes de l’appareil génital féminin seraient le résultat d’erreurs commises par les non-médecins lors de cette amputation, toujours selon la même association.

Il convient de rappeler ici qu’à l’occasion d’une conférence du Conseil national de la maternité et de l’enfance tenue au Caire du 21 au 23 juin 2003 en coopération avec plusieurs ONG égyptiennes et européennes et avec la participation de représentants de l’ONU, la première dame d’Egypte, Madame Suzanne Moubarak, se basant sur une enquête démographique médico-sociale de 1995, qui avait sondé près de 14’000 femmes égyptiennes mariées, de 14 à 49 ans, avait déclaré que 97% (1) des femmes égyptiennes étaient excisées (2).

En plus de la mutilation qu’elle représente, il importe de ne pas fermer les yeux sur le fait que cette pratique barbare entraîne très souvent un certain nombre de problèmes d’ordre strictement médical :

– une hémorragie violente, qui, dans des conditions non hygiéniques, entraîne souvent la mort (3) ;
– des douleurs insoutenables qui peuvent perdurer très longtemps, l’opération étant effectuée sans anesthésie sur une zone riche en terminaisons nerveuses ;
- des difficultés à uriner, l’urètre étant très souvent endommagé ;
- le Tétanos, des septicémies et des inflammations chroniques de la vessie, des reins ainsi que des organes génitaux;
– des douleurs violentes lors des rapports sexuels. La femme est soumise à un nouveau supplice lors de la nuit de noces, lorsque le mari élargit l’orifice étroit en l’incisant ;
– un accouchement éprouvant, parfois précédé d’une nouvelle incision lorsque la femme est à nouveau infibulée. Souvent, le nouveau né étouffe ou meurt à son passage par cette ouverture mutilée ;
- des traumatismes psychologiques et nerveux.

Les opposants égyptiens à l’excision, avec, à leur tête, l’écrivain féministe Nawal El-Saadawi (opposante au régime, voir certaines de ses interventions publiques sur le site de MEMRI – www.memritv.org), elle-même circoncise, accuse l’Etat de ne rien faire pour empêcher la pratique de l’excision en Egypte. En tout cas une chose est claire : en absence de légitimité, d’assise populaire, le régime de Hosni Moubarak ne prendra pas le risque de se confronter aux islamistes pour tenter de mettre un terme à cette pratique barbare.

Notes

(1)Le pourcentage de femmes égyptiennes excisées, très difficile à vérifier, est estimé à 91,8% selon l’Association du planning familial du Caire.
(2) La mutilation génitale féminine peut prendre des formes différentes : l’ablation partielle ou totale du clitoris (clitoridectomie), l’ablation du clitoris tout entier et la coupe des petites lèvres (excision), ou, dans sa forme la plus extrême, l’ablation de tous les organes génitaux et la suture des deux côtés de la vulve, laissant seulement une très petite ouverture vaginale (infibulation).
(3) 1 300 jeunes filles décèdent chaque année avant l’âge de dix ans à la suite d’une excision pratiquée hors de l’hôpital.


Masri 26/6/2007

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