L’esclavage en terre d’islam

L‘esclavage est ainsi devenu l’un des piliers de l’économie de l’empire abasside de Bagdad. Pour s’en convaincre, il n’est que de lire Les Mille et Une Nuits, un recueil de contes arabes qui se déroulent sous le règne du calife Haroun al-Rachid, contemporain de Charlemagne.

L
es harems du calife et des notables de Bagdad se sont remplis de Circassiennes. Il s’agit de femmes originaires du Caucase et réputées pour leur beauté ; ces belles esclaves ont continué jusqu’au XXe siècle d’alimenter les harems orientaux, en concurrence avec les beautés noires originaires d’Éthiopie. Pour les tâches domestiques et les travaux des ateliers et des champs, les sujets du calife ont recouru de grandes quantités d’esclaves en provenance des pays slaves, de l’Europe méditerranéenne et surtout d’Afrique noire. Ces esclaves étaient maltraités et souvent mutilés ou castrés. Esclaves blancs en terre d’islam Les esclaves blancs de Bagdad venaient au début des pays slaves encore païens. C’étaient des prisonniers de guerre vendus par les Européens.

À la fin du Moyen Âge, avec la disparition des populations païennes, ce vivier s’épuisa. Les pays musulmans s’approvisionnèrent dès lors auprès des pirates qui écumaient la Méditerranée. Ces derniers effectuaient des razzias (*) sur les villages côtiers des rivages européens. Le souvenir des combats livrés par les habitants à ces pirates perdure dans… la tête de prisonnier maure qui sert d’emblème à la Corse. On évalue à plus d’un million le nombre d’habitants enlevés en Europe occidentale entre le XVIe et le XVIIIe siècle, au temps de François 1er, Louis XIV et Louis XV. Ces esclaves, surtout des hommes, étaient exploités de la pire des façons dans les orangeraies, les carrières de pierres, les galères, les chantiers,… d’Afrique du nord (*).

Des organisations chrétiennes déployèrent beaucoup d’énergie dans le rachat de ces malheureux, tel Miguel de Cervantès. En Europe orientale et dans les Balkans, pendant la même période, les Ottomans prélevèrent environ trois millions d’esclaves. L’expansion européenne, à partir de la fin du XVIIIe siècle, mit fin aux razzias de prisonniers blancs à destination des pays musulmans. Esclaves noirs en terre d’islam Si la traite des esclaves blancs a rapidement buté sur la résistance des Européens, il n’en a pas été de même du trafic d’esclaves noirs en provenance du continent africain. La traite arabe a commencé en 652, dix ans après la mort de Mahomet, lorsque le général arabe Abdallah ben Sayd a imposé aux Nubiens (les habitants de la vallée supérieure du Nil) la livraison de 360 esclaves par an. Les spécialistes évaluent de douze à dix-huit millions d’individus le nombre d’Africains victimes de la traite arabe au cours du dernier millénaire, du VIIe au XXe siècle. Ces contingents très importants de main-d’oeuvre servile contribuèrent à la stagnation économique et sociale du monde musulman. Ils causèrent aussi de nombreux troubles.

C’est ainsi qu’à la fin du IXe siècle, les terribles révoltes des Zenj (d’un mot arabe qui désigne les esclaves noirs), dans les marais du sud de l’Irak, entraînèrent l’empire de Bagdad sur la voie de la ruine et de la décadence. «Comparé à la traite des Noirs organisée par les Européens, le trafic d’esclaves du monde musulman a démarré plus tôt, a duré plus longtemps et, ce qui est plus important, a touché un plus grand nombre d’esclaves», écrit en résumé l’économiste Paul Bairoch (*). Le même auteur rappelle qu’il ne reste pratiquement plus trace des esclaves noirs en terre d’islam en raison de la généralisation de la castration (lire à ce propos Les Mille et Une Nuits !), des mauvais traitements et d’une très forte mortalité, alors que leurs descendants sont au nombre d’environ 70 millions sur le continent américain.

Notons le parallèle avec les États arabes du Golfe Persique qui recourent massivement à des travailleurs étrangers tout en empêchant ceux-ci de faire souche sur place… à la différence des pays occidentaux. « 

(Cet article a été publié sur l’excellent site historique Hérodote. les liens interactifs et la suite sur : [url=http://www.herodote.net/motesclave2.htm]Hérodote[/url]) [img align=right]http://www.resiliencetv.fr/uploads/img4369e56335552.png[/img]

Faycal Souteï 22/2/2007

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