Notre incorrigible système international

Nos institutions internationales sont irrémédiablement corrompues. Depuis les Nations Unies à la cour Internationale de Justice et leurs filiales et organismes subordonnés, ces institutions sont pourries jusqu’à la moëlle.
 
Ce n’est pas qu’elles ne fonctionnent pas. Elles fonctionnent très bien. Le problème est que de par leur fonctionnement régulier, elles s’acheminent vers des objectifs à l’antithèse de ceux qu’elles étaient censés atteindre. Au lieu de promouvoir la sécurité mondiale, les droits de l’homme, la liberté et la paix internationale, elles facilitent la guerre et l’agression, la souffrance humaine et la tyrannie.
 
L’assemblée générale de l’ONU va maintenant assembler sa 64ème session. Comme ils le font chaque année, des chefs d’Etat à travers le monde vont rejoindre « la Grosse Pomme » pour participer à ses cérémonies. En se réunissant, leur projet politique démontrera les échecs de l’ONU. D’un côté, ils considèreront la toute récente attaque cinglante du conseil des Droits de l’homme de l’ONU contre Israël, qui intervient cette semaine sous la forme d’un rapport de 575 pages du Haut Commissariat de l’ONU sur les droits de l’homme (UNHCR), sur son enquête concernant la comportement d’Israël pendant sa campagne militaire contre le régime terroriste du Hamas à Gaza en décembre et janvier derniers.
 
De l’autre côté, ils ne prêteront pas la moindre attention au fait que l’Iran s’apprête à devenir une puissance nucléaire, au mépris de ses obligations internationales, et ainsi sera en mesure de devenir la plus grave menace à la sécurité internationale depuis les 25 dernières années. De plus, ils n’accorderont aucune attention au fait qu’alors qu’il fonce vers la ligne d’arrivée nucléaire, le régime iranien s’est engagé dans une répression brutale et systématique de ses opposants politiques qui, depuis les élections présidentielles volées du 12 juin, ont réclamé à grands bruits la liberté et la démocratie.
 
Aussi bien dans le traitement à l’égard d’Israël et du régime iranien, l’ONU démontre que ses pratiques sont aux antipodes des sa mission déclarée. Malgré les déclarations contraires répétées de ses dirigeants et partisans, l’ONU se tient au coude à coude avec les tyrans et les agresseurs contre les démocrates et les démocraties qui cherchent à faire avancer la cause de la liberté, des droits de l’homme et de la sécurité internationale.
 
Beaucoup d’Israéliens ont réagi avec colère à l’enquête de l’UNHRC sur la poursuite par Israël de l’opération « Plomb durci », proclamant que son rapport final présente Israël – une démocratie libérale – comme l’équivalent moral du Hamas – une organisation terroriste illégale dédiée à l’exécution d’un génocide contre les israéliens. Pourtant, dans leur colère, ils sont passés à côté du problème réel posé par ce rapport.
 
Comme le Pr. Avi Bell de l’Université de Droit de Bar Ilan le remarque, le rapport de Richard Goldstone ne présente pas Israël et le Hamas comme des équivalents moraux. Plutôt, il présente Israël comme terroriste et le Hamas comme un gouvernement légitime.
 
Le rapport Goldstone n’accepte pas comme un fait que le Hamas est une organisation terroriste et par conséquent, en accord avec les résolutions contraignantes du Conseil de sécurité de l’ONU, demande à tous les Etats membres de l’ONU de travailler à sa dissolution, et de ne pas faire grâce à ses membres et à ses partisans. Au lieu de cela, il traite le Hamas – dont la Charte s’engage à une politique de génocide contre les Juifs – et qui s’est hissé au pouvoir à travers une campagne de meurtres et d’intimidation – comme l’autorité légitime dirigeant Gaza qui, selon la proclamation irrationnelle des auteurs du rapport, est gouverné simultanément par une occupation israélienne quatre ans après qu’Israël ait retiré ses civils et ses forces militaires de la zone. Dans l’univers parallèle de l’UNHCR, le Hamas est le seul acteur légal en ville. Israël – et l’Autorité Palestinienne sous la coupe du Fatah – sont coupables de persécuter illégalement le Hamas en arrêtant ses membres.
 
Le Hamas, qui oeuvre à établir une théocratie islamiste terroriste à Gaza, n’est pas considéré comme violant systématiquement les droits de l’homme et la liberté. Israël si. Depuis qu’Israël a fait baisser les 12.000 roquettes, obus de mortier et missiles que le Hamas et ses terroristes affidés à Gaza ont envoyés sur le sud d’Israël au cours des huit années précédant l’opération ‘plomb durci’, la Commission Goldstone s’est montrée incapable de comprendre l’énorme popularité dont l’opération a joui dans le public israélien. Par conséquent, leur rapport a attribué le soutien du public à l’abrogation par les israéliens des libertés civiles aux opposants à l’opération.
 
A l’opposé, le rapport Goldstone réduit l’importance de la persécution systématique des femmes, des Chrétiens, et des opposants politiques par le Hamas
 
Et ainsi de suite. Sur 575 pages, plutôt que de promouvoir la cause des droits de l’homme comme on peut s’y attendre de la part du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, le rapport Goldstone promeut une fiction sur la criminalité et la victimisation du Hamas. C’est-à-dire qu’il promeut la cause des auteurs d’abus contre les droits de l’homme et ses défenseurs.
Beaucoup d’Israéliens ont exprimé leur dégoût au sujet de Goldstone, un Juif Sud-africain qui prétend « aimer Israël ».
 
C’est une réaction raisonnable, car Goldstone s’est déshonoré lui-même en dirigeant cette commission. Mais le fait est que le rapport aurait tiré les mêmes conclusions fondées sur les mêmes mensonges quel que fût le directeur de la commission. De par sa nature même, l’UNHRC est incapable de ne rien faire d’autre. Comme l’ONU elle-même, c’est un organisme dominé par des dictatures et soutenu par des élites gauchistes qui les aime. Son projet politique de soutien aux dictatures d’un côté et d’attaquer Israël de l’autre, n’est en rien différentiable de celui de l’Organisation de la Conférence Islamique.
 
Et puis il y a l’Iran. Avant de s’envoler à New York pour sa visite annuelle, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a l’intention d’achever ses opposants politiques à son retour.
Vendredi est le jour de Jérusalem en Iran. Le jour de Jérusalem est celui où le régime organise des manifestations de masse à travers le pays en appelant à la destruction d’Israël. Les opposants démocrates au régime, qui depuis les élections volées du 12 juin ont poursuivi obstinément leurs protestations contre Ahmadinejad, l’ayatollah Ali Khamenei et la police d’Etat qu’ils dirigent, prévoient d’utiliser ce jour pour organiser de nouvelles protestations. Prévenu de cette intention, Khamenei a prévenu que tout manifestant pour autre chose que la destruction d’Israël sera sévèrement puni. Des rapports abondent sur le projet du régime de profiter de ce jour pour arrêter les dirigeants de l’opposition Mir Hossain Mousavi et Mehdi Karoubi, qui se sont tous deux présentés contre Ahmadinejad en Juin.
 
Vendredi serait un bon jour pour les arrêter. Après tout, maintenant que les USA ont donné leur accord pour tenir des négociations avec les représentants d’Ahmadinejad le mois prochain sur tout ce que l’Iran voudrait discuter, les Américains ont perdu tout levier qu’ils détenaient encore contre l’Iran. Désormais c’est Ahmadinejad, et pas les USA ni le Conseil de Sécurité de l’ONU, qui choisit le contenu et les conditions des réunions. Et Ahmadinejad peut être assuré que de ce fait, personne n’émettra le moindre couinement si à la veille de son voyage en Amérique, il arrête ou même assassine ses principaux opposants politiques.
 
Dans les semaines suivant son élection, avant que le régime ne prenne des mesures sévères et ne commence à arrêter, tuer, torturer et violer des milliers de ses opposants, nombre de manifestants émettaient des signaux exigeant de savoir où se trouvait l’ONU. Pourquoi, souhaitaient-ils savoir, n’y avait-il personne à l’ONU pour les soutenir dans leurs exigences de démocratie et de respect des droits de l’homme ?  Pourquoi la communauté internationale ne se tenait-elle pas à leurs côtés alors qu’ils cherchaient à faire tomber le régime le plus dangereux sur terre – un régime qui a fait du génocide un objectif stratégique et qui travaille constamment à l’acquisition des moyens pour commettre un génocide par la guerre nucléaire y compris en assassinant son propre peuple ?
 
Et c’est le fond de l’affaire. Cette même ONU qui nomme une nouvelle commission pour criminaliser Israël à un rythme apparemment hebdomadaire, a été un facilitateur majeur du programme d’armes nucléaires de l’Iran.
 
Tout d’abord, durant trois ans, de 2003 à 2005, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) de l’ONU a ignoré des montagnes de preuves de la recherche par l’Iran d’armes nucléaires, et a refusé de déférer la question devant le Conseil de Sécurité. Puis, après que l’AIEA le lui ait finalement transféré, le Conseil de Sécurité n’est pas parvenu à faire passer autre chose que les sanctions les plus légères contre l’Iran. Pire encore que de ne rien faire pour empêcher Téhéran d’acquérir des armes nucléaires, ces sanctions du Conseil de Sécurité ont en réalité facilité le programme iranien. En faisant passer des sanctions inefficaces, le Conseil a donné l’apparence de traiter le problème et rendu ainsi impossible que des Etats puissent convaincre individuellement d’autres Etats d’adopter des mesures plus sévères et peut-être plus efficaces – comme par exemple d’interrompre le commerce avec l’Iran, ou de désinvestir dans les compagnies commerçant avec – en dehors du Conseil de Sécurité.
 
Du fait de la franche belligérance de l’ONU à son égard au cours des années récentes, un consensus s’est formé en Israël pour considérer qu’il n’y a rien à gagner à coopérer avec cet organisme ouvertement et dangereusement hostile. Reflétant ce consensus, les dirigeants d’Israël, depuis l’ancien Premier Ministre Ehud Olmert jusqu’à l’actuel Benyamin Netanyahou et au Président Shimon Pérès, tous sont unis dans leur condamnation du rapport Goldstone.
 
Pendant un temps lors du premier mandat du Président George W Bush à son poste, les USA ont aussi reconnu que l’ONU et le système international fondé sur l’ONU est irrémédiablement corrompu. Bush et ses plus proches conseillers parlaient de la nécessité de construire des coalitions internationales de gouvernements volontaires pour faire avancer la cause de la sécurité internationale, des droits de l’homme et de la liberté, que l’ONU et ses organisations affiliées sont consubstantiellement incapables de promouvoir. Bien que cette politique ait reçu le soutien du public sur le plan intérieur, elle a provoqué une opposition féroce parmi les élites de la politique étrangère des USA à Washington, dans les medias et parmi leurs alliés de la Gauche politique.
 
Suite à leurs critiques, lors de son second mandat à son poste, Bush a donné son accord pour conférer à l’ONU un rôle directeur dans la politique étrangère des USA. Il a subordonné la politique américaine au Conseil de Sécurité sur la question du programme des armes nucléaires de l’Iran, et coopéré avec l’ONU alors que l’organisation faisait progresser son projet ouvertement anti-Israël, en augmentant même le financement de groupes anti-Israël tel que l’UNWRA.
 
La capitulation finale de Bush face à son ‘Establishment’ a mis en place le cours de ce qui est devenu la pierre angulaire de la politique étrangère des USA sous le président Barack Obama. A l’opposé de Bush, Obama a adhéré d’enthousiasme à la notion que l’ONU se doit de détenir un rôle dirigeant dans les affaires internationales. Il a aussi accepté la notion basique de l’ONU selon laquelle, dans l’intérêt de la paix dans le monde, les USA et ses alliés démocratiques doivent se plier aux désirs des despotes et des dictateurs.
 
C’est ainsi que cette semaine il a abandonné ses alliés la Pologne et le Tchéquie dans sa quête d’un compromis avec la Russie. C’est ainsi que son gouvernement a pris le parti du président évincé du Honduras, Manuel Zelaya qui, avec le soutien du dictateur vénézuélien Hugo Chavez, a cherché à détruire la démocratie hondurienne contre le gouvernement légal du Honduras et ses défenseurs démocrates. C’est ainsi que son gouvernement a pris le parti des mollahs génocidaires à Téhéran contre leurs opposants démocrates. C’est ainsi que son gouvernement a adopté la position de reprocher à Israël l’absence de paix au Moyen-Orient et a adopté comme des acteurs politiques légitimes des groupes terroristes palestiniens qui refusent d’accepter le droit à l’existence d’Israël.
 
Jusqu’à l’arrivée d’Obama, Israël pouvait se permettre de ne pas trop se formaliser que ses ennemis contrôlent le système des institutions internationales pilotées par l’ONU, parce qu’il pouvait se fier à l’usage de veto des USA au Conseil de Sécurité pour empêcher ces forces de lui causer un véritable dommage. Ce n’est désormais plus le cas. Avec un gouvernement Obama pleinement embarqué avec l’ONU, Israël et les autres démocraties menacées comme le Honduras, la Pologne, la Tchéquie, la Corée du Sud et le Japon devront proclamer haut et fort la corruption légale, politique et morale consubstantielle au système international fondé sur l’ONU, et rechercher les voies pour miner et affaiblir son pouvoir.
 
caroline@carolineglick.com

THE JERUSALEM POST
 
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Adaptation française de Sentinelle 5770 ©

Caroline B. Glick 21/9/2009

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