La dictature du marché?

Personne donc n’aimerait la « dictature du marché ». Pourtant, c’est une loi cruciale de l’économie. Personne n’aime vieillir, pourtant c’est une loi de la vie.
La dictature du marché est cependant préférable à la dictature du producteur ou même à celle du consommateur (sans parler de la dictature du prolétariat). Car la loi du marché, c’est la loi de personne car tout le monde y participe à sa manière. Neutraliser la loi du marché, c’est donc privilégier un côté du marché au détriment de l’autre. Mais au nom de quoi un côté serait-il plus légitime que l’autre ?
En effet, si le producteur avait tout pouvoir, alors il nous imposerait ses volumes de production, sa qualité et ses prix, sans que le consommateur ait son mot à dire. C’est le pouvoir de monopole qui est une position dominante, qui débouche toujours sur un abus de position dominante. Certes, il revendiquerait un prix « raisonnable » pour se garantir des revenus « raisonnables ». Mais qu’est-ce qui pourrait limiter sa raison et freiner ses ambitions s’il ne rencontre pas l’obstacle de la concurrence ? Ainsi, si l’on privilégie la loi du producteur, on sombre dans la surproduction.
 
Mais, la loi du consommateur n’est pas plus préférable. Si l’on écoute le consommateur, il voudrait consommer la meilleure qualité possible au prix le plus faible, voire sans payer du tout. Telles sont bien les exigences de l’usager du service public. S’il avait tout pouvoir, le consommateur serait pareil à un enfant capricieux. Après tout, pour certains biens qui ne sont pas comme les autres et dont la liste s’allonge sans cesse, le consommateur voudrait les meilleurs services du monde sans débourser un sou, à l’instar de ce qui se passe dans la santé, la justice ou l’éducation. Mais si le consommateur ne paie rien, les producteurs ne pourront être rémunérés de sorte que les producteurs n’offriront rien. Ainsi, si l’on privilégie la loi du consommateur, on s’installe dans la pénurie.
 
Le marché existe précisément pour sortir de cette impasse dans laquelle on a vite fait de retomber à partir du moment où l’on cherche à en contourner ses lois. Et c’est à ceux qui prétendent qu’il existe une autre voie d’en apporter la preuve. Car si le marché n’est pas parfait (rien n’est parfait en ce bas monde), il a le mérite d’exister, ce qui n’est pas la moindre de ses qualités.
 
 
Perpignan, le 29 septembre 2009
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Jean-Louis Caccomo 29/9/2009

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