Quelques remarques télégraphiques…(N°3)

Qu’il s’agisse du Népal, de la Biélorussie, du Darfour, de l’offensive panislamiste et national-arabiste généralisée et ses soutiens profonds dans l’anti-développement, cette néo-décadence, frugale, des « alter », jusqu’aux efforts gigantesques de la dictature nihiliste chinoise à maintenir sa domination désormais illégitime, partout la même haine de la liberté suinte et partout les peuples se rebellent contre elle, y compris en France, jusqu’à par exemple se révolter contre le paternalisme jacobin d’un néo-bonapartiste d’arrière garde, tout en se préparant à voter pour la droite extrême, afin d’affirmer que l’insupportable a été atteint, it’s a fact, qu’on le veuille ou non, même si l’on prétend fermer les yeux en se préparant à voter pour un Sarkozy ou une Royal qui ne semblent pas avoir pris la mesure réelle du ras le bol.

Même en Amérique du Sud un phénomène similaire s’affirme, du moins si l’on arrive à admettre que ses principaux pays étaient tenus par une oligarchie terrienne de type seigneurial (et non pas féodal…), c’est-à-dire qui associait domination autoritaire et mercantilisme ; et le fait d’avoir été soutenu par la realpolitik des USA version pré-11 septembre n’empêche pas d’affirmer que ce type d’oligarchie n’a rien à voir avec le capitalisme, c’est-à-dire la démocratie, en perpétuelle affinement évidemment puisque ce sont des humains qui font l’Histoire, ce qui implique recherche permanente de pouvoir, de richesses et de prestiges, qu’il s’agit de sculpter, non pas pour restreindre, mais donner un visage, ou comment permettre que le plus grand nombre ait eux aussi le droit à la prospérité, (même si sa forme, le bonheur, reste du domaine individuel…) comme l’ont souligné les penseurs soucieux de penser le Politique en lien avec la Politique, c’est-à-dire une conception universelle des conditions objectives nécessaires pour atteindre la bonne vie, associée à une façon d’y arriver propre au génie de chaque peuple et de la dextérité de tout un chacun.

Illustrons-le par ceci : lorsque Douste Blazy réagit mardi 25 avril aux questions de P-L Séguillon sur LCI en commentant l’attentat de la veille en Egypte, il prévient tout de suite qu’il ne s’agit pas de sombrer dans la « guerre des civilisations » et qu’il faut résolument « dialoguer ». Pour aller à l’essentiel de son propos, faisons cette remarque que j’aimerais définitive : depuis des années, l’on nous chante que les choses iront en se calmant en reconnaissant « l’autre », en acceptant de « dialoguer », ce qui implique également d’acquiescer à un certain nombre de demandes : ainsi, tous les gouvernements nationaux-arabistes ont « dialogué » en islamisant à la manière ancienne pour amadouer les intégristes, c’est-à-dire revenir à une conception qu’ils trouvaient pourtant archaïque afin de « rattraper et dépasser l’Occident » d’un point de vue non seulement économique et du développement humain en général, mais aussi militaire.

Or, il s’est avéré que l’adoption de certaines pratiques de vie et de manières de penser propres aux données des domaines à l’instant considérés, créait de nouvelles traditions dans les rapports inter-individuels, entre sexes, et avec les institutions ; choses qu’un Bouteflika par exemple ne peut guère comprendre, ne parlons pas d’un Messaoui, Ben Laden, Ali Behadj, car ces trois derniers, loin d’être des shizophrènes comme on le prétend maintenant depuis cette bredjnevisation systématique des dissidences, voient parfaitement bien qu’il n’y a aucune raison que l’islam admette de faire comme les autres civilisations qui ont été confrontées aux mêmes avancées de la modernité démocratico-urbaine, puisqu’il se prétend supérieur.

De même puisque la Révolution française se prétend supérieur aux Révolutions anglaises et américaines, il n’y a aucune raison pour que l’élite politique et intellectuelle française, hormis quelques exceptions, accepte de changer de feuille de route, celle qui mêne désormais dans une impasse fatale depuis que le monde se développe et entre en concurrence, et non plus seulement quelques pays comme il y a à peine 50 ans.
C
‘est de là qu’il faudrait pourtant partir : de ce refus du dialogue en réalité, sauf s’il signifie des concessions à n’en plus finir, qui loin de calmer les choses, encourage les antimodernes à demander plus encore dans l’anti-développement, la séparation des corps, la décroissance (comme on dit désormais sur France Inter…).


Pourtant, certains prétenderont que « la » cause décisive du raidissement panislamiste et national-arabiste, ou encore « la » cause décisive du taux de croissance à deux vitesses, ont respectivement pour source, le fait israélien et le fait libéral. Ainsi, sans Israël, le panislamisme et le national-arabisme (contracté de plus en plus en national-panislamisme) disparaîtrait à terme, ce qui est évidemment faux, puisque ce qui est vu en Israël c’est précisément cette modernité démocratique qui décompose les traditions vermoulues et qui oblige de relativiser l’écriture du Coran qui n’a pas prévu l’existence d’un Etat à dominance juive, ce qui est impossible à admettre pour une religion qui prétend rectifier toutes les autres et dominer l’univers.

De même sans le libéralisme les « super profits du Cac 40″ seraient mieux répartis, alors que, tout d’abord, Jacques Marseille dans le Point du 20 avril (p.47) montre bien qu’il s’agit d’établir un ratio entre bénéfice et chiffre d’affaires, du moins si l’on veut se faire une réelle idée de la situation et donc calculer sur la base de 84,3 milliards sur 1035,8 milliards d’euros, ce qui, hormis quelques exceptions, réduit par exemple les bénéfices de Peugeot à 1,8% ; pas étonnant dans ce cas que cette entreprise ait décidé d’abandonner son usine au Royaume Uni, (sans qu’aucun député britannique n’ait décidé, jusqu’à présent, de faire du chantage par une grève de la faim…). Ensuite, les excès et les défauts du libéralisme, à commencer par le manque d’actionnariat salarial et individuel (via les fonds de pension), en passant par la pression des fameux « 15% » systématiques de bénéfices, couplés avec les rigidités des structures bureaucatiques étatiques et inter-étatiques, ne peuvent pas être considérés comme étant le coeur même de la liberté de penser et d’entreprendre.

Il semblerait que ces débats, là, soient occultés, au profit d’un ultrapopulisme comme l’écrit Jacques Marseille, par ailleurs réductionniste (gauche/droite alors que ce conflit traverse tout un chacun) comme si la pensée, surtout en France et dans les pays dominés soit par le national-panislamisme, soit par le revival paysanniste (« alters » divers et populismes d’Amérique du Sud et de certains pays africains), préfèrent choisir les méthodes qui ont amené précisément à aujourd’hui, à savoir le tiersmondisme qui a appauvri le Sud (par la mal gouvernance), et le néo-racisme qui fige les cultures dans des traditions muséifiées, comme s’il était de bon ton de soutenir le mariage gay en Europe et de considérer que c’est « leur culture » lorsqu’il s’agit de fermer les yeux quand les femmes sont enfermées et lapidées dans les pays de l’islam réel et non pas vécu sur le mode imaginaire comme c’est le cas en Eurabia.

A nous de réagir, puisque ces méthodes, loin d’éloigner le péril, le précipite.

Lucien SA Oulahbib 25/4/2006

Discuss this articleDiscuss this article

Imprimer ce texte Imprimer ce texte

1 156 vues

Tous les articles de Lucien SA Oulahbib

Share/Save/Bookmark

Trackback

Posted in: Non classé

 

Comments are closed. Please check back later.