Ces maudits « déclinologues » Ou Cachez ce déclin que je ne saurai voir !

Soucieux de leur popularité immédiate, ils préféraient dilapider les maigres dividendes d’une croissance fébrile au profit des groupes de pression les plus bruyants. Le résultat est double : d’une part, la croissance est désormais structurellement compromise dans l’hexagone alors même que la croissance mondiale oscille autour de 4 % en moyenne annuelle depuis plusieurs années ; d’autre part, les finances publiques ne sont pas maîtrisées de sorte qu’aucune politique ambitieuse digne de ce nom n’est possible. Qu’on le veuille ou nom, quand on ralentit dans un monde qui s’accélère, il y a déclin !

Il n’y a pas si longtemps encore, on nous expliquait savamment que la réforme de notre système de financement des retraites n’était plus d’actualité tant il était acquis que nous avions devant nous trente ans de croissance et le plein-emploi assuré ! Jospin gouvernait alors en toute quiétude et l’I.N.S.E.E s’empressait de le rassurer en édulcorant la réalité économique dans l’hexagone. Mais les français ont déjà oublié et les mêmes illusionnistes sont prêts à revenir aux affaires.

La France est le pays dont l’économie, la science et l’éducation sont les plus contrôlées par et la plus dépendante de l’Etat. Aujourd’hui, nos dirigeants sont respectables – quoique leur volonté aveugle d’éradiquer toute forme d’élitisme et de sélection est en train de détruire l’ensemble de notre système éducatif – mais demain…. La montée des extrêmes et la puissance de la rue sont la preuve d’un dysfonctionnement profond du régime politique français qui peut conduire au pouvoir un dictateur ou un démagogue au pays des droits de l’homme. Et, un dictateur aurait un pouvoir considérable sur chacun de nos faits et gestes : « l’Etat-Providence » serait vite mis au service de « l’Etat d’urgence » dans un pays où la fabrication de la culture et de la pensée autorisée est le fait d’un monopole public et centralisé.

Dans cette culture officielle, l’activité privée, basée sur la recherche du profit, est constamment suspecte et méprisée par une intelligentsia ignorante des mécanismes économiques les plus élémentaires. Ceux qui combattent le profit et parlent de partage de revenus ne se soucient guère de partager les risques inhérents à l’activité économique. La plupart des gens ne se demandent guère d’où vient la richesse, mais seulement comment la redistribuer, comme si celle-ci était acquise. L’entreprise commerciale est tout aussi méprisée en cas de réussite – qui rapporte un profit – qu’en cas d’échec – qui se traduit par des licenciements. Pareillement, la glorification de l’économie solidaire, de l’économie sociale ou du secteur quaternaire associatif est une dérive dangereuse. Le développement du secteur associatif n’est possible que parce que l’Etat permet aux associations ce qu’il refuse aux entreprises (fiscalité avantageuse, flexibilité des horaires, souplesse réglementaire). Le secteur associatif cache souvent, sous couvert de bénévolat, une exploitation intensive d’un travail gratuit.

A force de dénigrer la responsabilité individuelle et les régulations économiques spontanées, l’Etat a créé de fabuleuses espérances qu’il ne peut évidemment pas satisfaire car les différents ministères sont incapables de produire de la solidarité pas plus qu’ils ne peuvent produire de la richesse. Beaucoup de nos parlementaires ne sont pas loin de considérer le profit, la spéculation voire l’entreprise elle-même, comme un vice d’où leur volonté de réglementer, à travers ces « nouvelles régulations économiques et sociales», toute l’activité économique. Ce faisant, ils mettent l’opinion dans une position d’attente et de revendications incessantes.

Du même coup, la France est dans un état de perpétuelle crise sociale alors même que l’économie française serait, nous dit-on, florissante quoiqu’en penseraient les maudits « déclinologues ».

Jean-Louis Caccomo 29/4/2006

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