18 juin 2021
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La démocratie, un levier pour le Hamas ?

Mieux qu’un sondage, ce résultat électoral révèle que le peuple palestinien, dans sa majorité, ne désire pas la paix et n’accepte pas l’idée du partage de la terre dans cette région.
Les Arabes palestiniens ont-ils conscience que c’est un frein tragique qui vient d’être mis contre la paix ?
L’électeur de base ne l’a peut être pas compris, mais les dirigeants politiques sûrement puisque ce sont eux qui ont appelé cette situation de leurs voeux .
Quel immense échec pour les politiques américaine, israélienne et même européenne ! Il est d’ailleurs encore trop tôt pour évaluer les conséquences catastrophiques que vont entraîner ces élections.

Notons d’ores et déjà trois points sur ces élections ”démocratiques” :
– Etrange scrutin dont on ignore le nombre d’électeurs et dont la loi régissant ces élections a été violée notamment par le Fatah et par le Hamas.
– Sous prétexte de démocratie, la communauté internationale, l’Etat d’Israël et l’Autorité palestinienne ont accepté qu’un mouvement appelant à la destruction de l’Etat juif et prônant le djihad participent à des élections. Quel pays accepterait la participation électorale d’un parti appelant à sa destruction ?
– On nous a présenté le Hamas, comme un mouvement ”pur, social” face à un Fatah corrompu. Le Hamas n’est pas vertueusement ”social”, mais pratique le clientélisme, comme son rival et comme le Hezbollah. Ce clientélisme n’est pas mû par un altruisme louable : il vise à asseoir son contrôle totalitaire sur des populations.

Les Arabes palestiniens n’ont-ils pas droit à une vraie démocratie ?

Dans ces élections législatives, le peuple palestinien vient donc d’affirmer DEMOCRATIQUEMENT qu’Israël est un pays à détruire.

Sitôt les résultats connus, un responsable du Hamas s’est empressé de déclarer : ” Ni la reconnaissance de l’Etat d’Israël ni des négociations avec lui ne sont à l’ordre du jour du Hamas”.

Mais consciente de ne pas représenter la totalité du peuple, l’organisation terroriste a aussitôt demandé au président Mahmoud Abbas (Abu Mazen) la constitution d’un gouvernement de ”vaste union nationale”.
Si elle se réalisait, cette union serait un facteur supplémentaire de déstabilisation de la région. Toujours est-il qu’une journée n’est pas achevée que des factions du Fatah ont échangé des coups de feu avec celles du Hamas.

Organisation terroriste s’il en est, le Hamas dont le premier dirigeant, Khaled Mashaal vit à Damas, est en parfaite harmonie de pensée avec Mahmoud Ahmadinejad, le Président iranien dont on connaît l’antisémitisme et la volonté avouée de détruire Israël. ” Il faut rayer Israël de la carte “, c’est de lui.
Ces deux personnages se sont encore rencontrés la semaine dernière dans la capitale syrienne.

EVALUATION DES PREMIÈRES CONSÉQUENCES


Cette triomphale victoire du Hamas aura pour conséquence immédiate la difficulté pour les autorités israéliennes et celles de l’Autorité palestinienne de régler les problèmes pratiques quotidiens.

Israël est le fournisseur d’électricité des Territoires. Quel sera l’interlocuteur des Israéliens lorsqu’il faudra régler les factures d’électricité ?
Peut-on imaginer un dignitaire du Hamas signer un ordre de virement à ”Hevrat Hechmal”, la compagnie d’électricité d’Israël, alors que ce même individu aura peut-être planifié un attentat anti-israélien quelques minutes auparavant ?

Le passage de Karni est un terminal très important entre Israël et la bande de Gaza. Le trafic est dense seulement dans le sens Israël-Gaza car c’est Israël qui fournit les denrées essentielles. Actuellement, le dialogue s’avère difficile. Qu’en sera-t-il demain ?

Il y a quelques jours, une nouvelle est passée inaperçue : un dirigeant du Hamas a déclaré que son organisation se servira de la communication comme arme pour lutter contre Israël.
En clair, cela veut dire : manipulation des opinions publiques par les médias.
Utilisée à l’échelle du pouvoir, c’est une arme destructrice. Arafat a été un génie dans ce genre d’exercices et il a fait de nombreux émules parmi les Palestiniens, notamment au sein du Hamas.

Par essence, le Hamas est un parti anti-démocratique. Il a un système interne opaque totalement incompatible avec la notion de démocratie.
Mais les failles de cette dernière sont parfaitement identifiées par ceux qui veulent la détruire. En effet, faute de savoir se défendre, la démocratie permet à ses ennemis de la miner, d’arriver légalement au pouvoir et ainsi de l’annihiler.

Non, il ne faut pas se réjouir de la ”maturité du peuple palestinien” dans le contexte de ces élections. Dans n’importe quel pays occidental, cela aurait eu un sens. Dans ce cas, ce n’est que du verbiage et une dangereuse illusion.

A n’en pas douter, ce jeudi qui marque le prochain avènement d’une entité islamiste, aura été un jour sombre pour Israël, pour la région, pour le monde et pour la paix.

Cependant, l’expérience permet d’affirmer qu’il y a tout de même un point positif dans cette tragédie
Les Israéliens ne sont jamais plus unis que dans le danger. Le pays est sous le choc, mais chacun en Israël sait faire passer l’intérêt général avant le sien.
Cette attitude, nous la retrouvons à chaque période difficile que doit subir cet Etat.

L’Histoire récente nous a montré que les peuples qui ne veulent pas partager ou s’ouvrir au monde finissent par le payer très cher.
Il faut espérer que le peuple palestinien et ses dirigeants sauront s’en souvenir, sinon ils devront en supporter les conséquences.

Guy Senbel est rédacteur en chef de Guysen

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