7 février 2023
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Le fiasco dramatique des élites politiques, policières et médiatiques françaises

Car, selon les informations recueillies par la police au cours des interrogatoires des individus appréhendés après avoir été “balancés” par l’une des jeunes filles servant d’appât, c’est bien d’un phénomène de barbarie massive impliquant plusieurs dizaines de “jeunes” de banlieue qu’il s’agit en l’espèce.

La gestion de cette affaire a été de bout en bout calamiteuse par les autorités politiques et policières françaises, dont la seule préoccupation a été, semble-t-il, d’étouffer au maximum toute publicité de ce crime, de peur de voir se rallumer “l’intifada des banlieues” dans un contexte, celui de la crise des caricatures danoises, où les manipulations des islamistes peuvent mettre à tout moment le feu aux cités.

Un calcul sordide, bassement politicien, a donc incité les hautes autorités policières, vivement encouragées dans ce sens par leur tutelle gouvernementale, à Matignon comme place Beauvau, à dénier d’emblée tout caractère raciste au meurtre du jeune Ilan. On dépêche, le jour de la découverte du drame, un procureur et un commissaire principal dans les JT du soir pour affirmer que les criminels étaient des psychopathes genre Orange mécanique, uniquement motivés par l’appât du gain et l’ivresse de la violence. Or, ils savaient fort bien, dès ce jour là, que cette même bande s’était déjà, dans un passé récent, essayé à enlever des personnes avec le système d’un jeune fille-appât, tous des juifs…

Pire, lorsque la pauvre Ruth Halimi, la mère d’Ilan, modeste employée élevant seule trois enfants, se trouve confrontée aux exigences rocambolesques des ravisseurs (450 000 euros), les policiers lui intiment l’ordre de ne rien dire, ni à la presse ni à ses proches, car cela pourrait mettre en danger l’enquête, et par conséquent la vie de son fils… Mais non, madame, ce ne sont pas des antisémites, des voyous, rien que des voyous, on vous dit. Laissez-nous faire, c’est notre métier, on les aura…

Le portrait robot de “l’aguicheuse”, s’il avait été publié plus tôt par la police aurait sans doute sauvé la vie d’Ilan, puisque cette dernière, paniquée, s’est présentée spontanément à la police le lendemain de la parution du dessin dans la presse.

L’horreur, maintenant révélée (encore que l’on en cache certains détails, les plus horribles) laisse la société française bouche bée. Les limiers patentés de notre presse exemplaire, ces “journalistes d’investigation” n’ont pas jugé utile, pendant plusieurs jours d’aller voir sur le terrain ce qui s’était tramé à Bagneux. C’est moins “classe” que d’aller se faire enlever en Irak, ou de se faire les procureurs de Guantanamo…

Les éditorialistes habituels, prompts à dénoncer la “stigmatisation” des voyous de banlieues lorsque Nicolas Sarkozy lâche le mot “racaille” tournent sept fois leur plume dans leur encrier de bonne conscience pour dire que cette fois, ce n’est peut-être pas le syndrome colonial et le chômage qui sont l’alpha et l’omega d’un crime hors du commun. On sent qu’ils sont pris à contre-pied, dans un registre où les bons et les mauvais ne sont pas à leur place habituelle. On les avait vus plus rapides et plus joyeux de taper à bras raccourcis sur Alain Finkielkraut lorsqu’il avait prophétisé, dans Haaretz, les drames à venir.

Car, ce qui dans cette horrible histoire, est le plus préoccupant, c’est l’air du temps, en banlieue comme ailleurs: on considère comme une évidence que tous les juifs sont riches, et même s’ils ne le sont pas, qu’ils sont tellement solidaires les uns des autres qu’on peut les rançonner à loisir.

(article reproduit avec l’aimable autorisation d’extrêmecentre.org)

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