29 janvier 2022
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Chroniques de la propagande anti-israélienne ordinaire

Inutile d’insister sur l’iconscience, l’irresponsabilité et la stupidté d’un tel acte dans une région si propice à la conflagration frénétique et à la surenchère meurtière. Beaucoup plus intéressantes sont quant à elles les réactions des partis arabes israéliens.

Il convient tout d’abord de revenir sur l’identité des coupables afin de mieux cerner les conditions de l’incident. Le couple Habibi est connu des services sociaux de l’Etat hébreu pour son passé tumultueux. Les deux Israéliens, qui avaient menacé de tuer leurs enfants en raison du “comportement inapproprié des autorités” à leur égard, se sont vus en conséquence retirer la garde de trois de ces derniers. Limités à quelques rencontres par mois avec leur progéniture, ils avaient profité de l’une d’entre elles pour enlever un de leurs enfants, traverser la frontière avec les territoires palestiniens et se réfugier à Ramallah, avant finalement de rentrer en Israël et de rendre l’enfant en question. Au cours des quinze dernières années, le couple a d’ailleurs souvent passé la frontière entre l’Etat juif et l’Autorité, et avait même demandé la nationalité palestinienne en 1990. Leur dernière action à Nazareth ne constituait selon leurs propres dires qu’une “tentative d’attirer l’attention sur [leur] sort“.

Cet acte, bien que potentiellement lourd de conséquence dans un lieu saint du Proche Orient, n’était donc que l’expression de la détresse, réelle ou fictive, d’un couple isolé, désorienté et quelque peu inconscient.

Toutefois, la machine propagandiste arabe n’a pas tardé à prendre le relai en donnant à l’évènement une ampleur disproportionnée fondée sur des affirmations fallacieuses. Une tentative de manipulation si grossière qu’elle frise le ridicule, ou l’irrespect pour ses destinataires dont la sagacité est cette fois par trop sous-estimée.

Ainsi, malgré la révélation de l’identité et des antécédents des inculpés, Mohammad Barakesh, membre du parti arabe Hadash et député à la Knesset, le parlement israélien, n’a pas hésité à affirmer qu’il s’agissait “d’une attaque effectuée par un groupe de terroristes juifs d’extrême droite“. Il a ajouté que “cet acte prouve que les groupes terroristes des colons et de l’extrême droite se sentent libres de commettre des crimes dans les territoires occupés et contre la population arabe en Israël“. Son homologue d’un autre parti, Azmi Bishara, arabe lui aussi, a dénoncé pour sa part une “attaque nationaliste ou religieuse, ce qui [en Israël] revient au même“. Il a en outre soutenu que de “telles créatures [NDT: le couple] existent en raison de l’atmosphère et de la culture raciste qui règnent dans la société israélienne“. Un autre membre arabe du Parlement, Ahmed Tibi, s’est demandépourquoi lorsque c’est un extrémiste juif qui devient fou, il brule une mosquée ou fait exploser une église? C’est une maladie mélée de racisme et de haine envers les Arabes, qu’ils soient musulmans ou chrétiens.

Devant de telles réactions, le premier ministre israélien par intérim Ehoud Olmert a dénoncé cette politisation inacceptable de l’incident, soulignant qu’ “il y a quelque chose de quasi ridicule dans le fait que le public musulman, qui est intolérant vis à vis de la Chrétienté et de ses dirigeants, soit le fer de lance de la protestation contre un incident provoqué par un couple bizarre, et essaye de récupérer l’évènement à des fins électorales“. Il a en outre appelé “toutes les parties impliquées à agir avec retenue et responsabilité, et à ne pas mener cet incident malheureux vers des confrontations religieuses qui n’ont rien à voir avec ce qui s’est déroulé“.

Les députés arabes n’ont pas tardé à répondre à cette critique en affirmant que de telles déclarations “venaient d’un esprit malade infecté par le racisme et une arrogance cruelle“. M. Barakesh a comparé les remarques du Premier ministre à “une triste tentative de détourner l’attention de l’acte terroriste commis à Nazareth“. M. Bishara a ajouté pour sa part que “celui qui essaye de tirer bénéfice de cet incident malveillant n’est autre que le Premier ministre et son équipe, qui essayent de diviser le public arabe entre chrétiens et musulmans. Ce qui ennuie M. Olmert c’est la manifestation d’unité par le public arabe et ses dirigeants contre la désacralisation des lieux saints“. Les députés arabes ont donc demandé des excuses officielles au Premier ministre israélien.

Bien qu’ayant pu avoir une issue tragique, l’incident, qui dans les faits n’était qu’un lancer de pétards inoffensifs par trois individus psychologiquement instables, s’est donc, en quelques heures, transformé, dans les déclarations de plusieurs députés arabes israéliens, en un acte terroriste commis par des Juifs religieux nationalistes d’extrême droite motivés par l’atmosphère raciste qui prévaut en Israël.

Il est vrai que l’opportunité était trop belle pour les partis arabes; une occasion de plus de montrer au monde l’oppression que subissent les Arabes dans l’Etat juif, l’omnipotence des groupes extrémistes, le racisme inhérent à la société israélienne… Néanmoins la tentative de désinformation et de manipulation était par trop grossière, simpliste et visible, même pour l’opinion européenne, en témoigne le faible retentissement de l’affaire dans les médias. Ces représentants arabes ont encore beaucoup à apprendre de leur “frères palestiniens“, bien plus subtils en la matière.

Rappelons, en guise de conclusion, quelques paroles de l’un des membres arabes de la Knesset cités, en la personne de M. Azmi Bishara. Celui-ci avait affirmé par le passé que “le conflit entre Israël et la Palestine n’est pas une lutte démographique mais nationale. Le problème ne réside pas dans les 1.2 millions de Palestiniens qui vivent en Israël. Ils sont comme tous les autres Arabes, mis à part le fait qu’ils sont forcés d’avoir la citoyenneté israélienne. Et le député d’ajouter à l’attention des Israéliens: “Rendez nous la Palestine et prenez votre démocratie avec vous. Nous les Arabes, cela ne nous intéresse pas“. Cela explique sans doute pourquoi tant d’Arabes israéliens, notamment druzes, délaissent ces partis sensés les représenter.

Source: Ordre 66

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