28 janvier 2023
Non classé

CPE : Du faux problème au catalyseur et à une Guerre Civile ?

Le CPE est une loi supplémentaire qui masque un vrai problème celui de l’emploi français .
Les chiffres de l’OCDE viennent de tomber , ils sont implacables . La France est le seul pays qui continue d’augmenter ce que l’on appelle « l’impôt » sur les salaires .

2000 2002 2005

France 40.7% 40.9% 41.7%
Allemagne 37.3% 36.7% 35.7%
USA 15.9% 14.3% 11.9%
U E 33.1% 31.7% 31.6%
OCDE 28.4% 28.2% 27.7%


(L
es calculs sont établis sur les masses suivantes : Impôts sur le revenu + cotisations sociales patronales employeur , diminués des prestations sociales en espèces, source OCDE).

Ce n’est pas le CPE qui va résoudre le problème de l’emploi des jeunes , et encore moins celui des Français . Le CPE ne fera que rajouter une couche supplémentaire à un code du travail devenu inapplicable vu sa complexité . Il ne résoudra pas non plus le problème de la pertinence des formations aux besoins des entreprises , car cette adéquation est avant tout du ressort d’une concertation entre éducation nationale et entreprises , ou organismes de formation permanente et entreprises .

Il résoudra encore moins celui du chômage des jeunes issus de l’immigration , dont le taux est d’environ 56% , car dans leur cas , c’est d’intégration qu’il faut parler .. Mais pour parler d’intégration , il faut oser parler de l’immigration avec des chiffres et des solutions. Il faut oser regarder les réalités telles qu’elles sont .

La crise actuelle exprime une peur gigantesque et Le CPE lui sert de détonateur .

CRISE DES GENERATIONS


Hier Le Daily telegraph commentait ainsi ce qui se passait en France : ” nostalgie militante des voitures brûlées de Mai 68 , les étudiants veulent faire revenir la France à l’heure de leurs parents et de leurs grands-parents “

L’analyse est sans doute la bonne . Mais ce n’est pas une répétition nostalgique de 68 qui est exprimée dans la rue , c’est une nostalgie de ce que la génération 68 aura eu et qu’elle aura été incapable de transmettre à ses enfants .
Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale , nous savons que nos enfants auront la vie moins facile que ce qu’ont eu la génération d’après guerre et la génération des soixante- huitard.

Il n’auront pas de retraites car la société sera incapable de résoudre ce problème là , et la jeunesse actuelle sait inconsciemment qu’elle sera sans doute obligée d’aider ses parents dont les montants des pensions vont diminuer inexorablement dans les années qui viennent .

Ils auront une sécurité sociale amoindrie car les déficits se creusent et nous ne pouvons plus les combler . Personne n’a d’ailleurs jamais accepté de faire les calculs des coûts sociaux de l’immigration .

Dans son bloc notes du Figaro du 18 novembre 2005 Ivan Rioufol rappelait : « S’appuyant notamment sur les travaux des professeurs d’économie Jacques Bichot et Gérard Lafay, Yves-Marie Laulan, président de l’Institut de géopolitique des populations, estime le coût de l’immigration et de son intégration (éducation, formation professionnelle, logement, santé, lutte contre la délinquance, maintien de la sécurité, etc.) à 36 milliards d’euros par an. Soit 80% du déficit public, 13,5% des dépenses publiques, 3,5 fois le «trou» de la Sécu, 2 fois de budget de la recherche et de l’enseignement supérieur, 87% du budget de la défense… »

Le terrain est ouvert à la peur , à l’angoisse , à la crainte de l’avenir , à la nostalgie du passé .

La jeunesse française a peur . Elle n’aura pas les mêmes acquis que ses aînés , elle le sait , elle n’y peut rien .. elle crie sa rage . Les aînés le savent aussi , mais comme ils ne peuvent pas reconnaître qu’ils ont emprunté les carnets de chèque de leurs enfants pour faire des chèques à découvert et maintenir ainsi leurs avantages acquis , les aînés crient avec leurs enfants .

Les syndicats le savent encore plus , eux qui ont passé leur temps à empêcher les réformes indispensables qui auraient permis d’éviter ces chèques à découvert sur la tête de nos enfants. Mais comme ils ne l’avoueront jamais , ils incitent les jeunes à crier leur rage et leur angoisse encore plus fort pour masquer les vérités qui fâchent , pour masquer leur propre responsabilité, vis à vis de ces jeunes qu’ils ont sacrifiés sur l’autel de leurs avantages acquis.
Eux qui ont fait que nos « impôts sur salaires » continuent de croître inexorablement au lieu de diminuer et qui savent que les jeunes n’ont pas de travail à cause de ces impôts déments Eux crient encore plus fort que les jeunes et que leurs parents …

Mais au delà de ces hurlements , de ces martèlements de pavés, de ces blocages de facultés et de lycées , c’est l’angoisse et la peur de l’avenir qui est devenue le maître mot .

Personne n’ose s’avouer la vérité . Les politiques en premier qui n’ont jamais voulu faire l’effort nécessaire pour réprimer l’inflation des dépenses publiques et sociales , qui n’ont jamais respecté le pacte de stabilité de l’Euro , qui n’ont jamais suivi les recommandations de la Cour de Comptes .. Eux cherchent tout d’abord à masquer leur responsabilité pour de pures raisons démagogiques et électorales.

Les parents qui n’osent pas dire à leurs enfants « nous vous avons sacrifiés » . Eux aussi cherchent à masquer leur responsabilité , mais comme ils aiment leurs enfants bien que les ayant sacrifiés , ils les accompagnent dans leurs cris d’angoisse et de colère .
Ils manifestent eux aussi leurs craintes , leur désarroi , leur culpabilité devant ces enfants qu’ils n’ont pas su protéger .

Enfin la dernière , intimement liée par de nombreux facteurs aux deux premières :

LA CRISE DE L’IMMIGRATION et DE L’INTEGRATION

Les émeutes de Novembre ont révélé un malaise profond des cités , un abandon total de l’autorité , une démission des parents , une incompréhension ou plus exactement une volonté de masquer le problème causé par une immigration totalement incontrôlée , qui a donné naissance à une jeunesse incontrôlable quasiment analphabète . Certains d’entre eux se réfugient dans la religion et dans l’intégrisme islamique comme d’autres dans la drogue ainsi que le fait remarquer la sociologue Dounia Bouzar dans son dernier livre Quelle éducation face au radicalisme religieux (Dunod) .

La crainte exacerbée concernant les manifestations anti-CPE , est bien que celles-ci ne débouchent sur un nouveau Novembre 2005 .
L’immigration est un sujet tabou en France . Il l’est resté car la droite craint que la vérité sur les chiffres , que ce soit celui des naissances françaises ou des coûts qui lui sont liés , ne précipite les français dans les bras du Front National .
Alors plutôt qu’oser aborder les problèmes de front , avec de vrais chiffres , de vrais coûts , de vraies mesures destinées à endiguer les dérives , on les cache , on masque la vérité , on travestit les chiffres .
Mais cela ne résout pas le problème de l’immigration et encore moins le problème de l’intégration des enfants de cette immigration .
Comme les politiques refusaient la réalité des chiffres , qu’ils refusaient de les rendre publics , ils n’ont jamais pu mettre en face les moyens nécessaires à contrôler cette immigration , à former les enfants qui en sont issus et qui souffrent déjà au départ de graves déficits sociaux culturels , du fait de parents déplacés , de mères analphabètes , d’us et coutumes totalement différents . Pour pouvoir résoudre un problème , il faut d’abord et avant tout accepter d’en faire le constat , dans la crudité des chiffres tels qu’ils sont et non tels que l’on aimerait qu’ils soient .

Aujourd’hui , nous en sommes toujours au même point .

Nous avons refusé d’aborder toutes les mesures qui auraient pu faciliter la gestion de cette crise comme la suspension des allocations familiales , l’interdiction réelle et les sanctions contre la polygamie . Nous avons refusé de voir que cette immigration était essentiellement allocataire et assistée et nos politiques pensent une fois de plus que le meilleur moyen de cacher cette réalité déplaisante est de refuser de parler des allocations et surtout de ne pas les supprimer , ce qui pourrait jeter encore plus de gens dans la rue ..

Et comme ces jeunes issus de l’immigration sont encore plus en colère que ceux qui manifestent dans les rues , ils essaient de profiter des circonstances . Les cibles sont faciles , les rassemblements propices aux rackets et aux vols divers… donc ils cassent , volent , pillent et tapent sur ceux qui les empêchent d’agir ,contribuant ainsi à accroître encore plus le sentiment d’angoisse précédemment décrit car les étudiants ont eu la sensation que ces jeunes casseurs allaient provoquer des « interdictions » d’un droit pour eux élémentaire qui est celui de la manifestation .

Alors oui , nous sommes sans doute à une véritable croisée des chemins , deux sur trois de ces crises s’expriment en même temps , sans pour autant savoir identifier leurs causes et leurs malaises respectifs ..

Mais ces crises sont en train de se rencontrer et pourraient bien entraîner une explosion totale que l’on appelle en général : « guerre civile » .


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


%d blogueurs aiment cette page :