3 février 2023
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Le « plus grand squat de France » , terrain de manoeuvre de la nouvelle gauche

Oui mais.

Oui, mais le CROUS du temps de la gestion socialiste a laissé filé l’habitat dans un laxisme sans nom. Progressivement, associations tiers-mondistes aidant, les lieux déjà dégradés, furent l’enjeu d’occupation larvée par des familles qui avaient terminé leurs études depuis belle lurette et refusé de rentrer au pays qui avait payé leurs études. Puis ce fut les amis, les épouses, les enfants, les filières, les jumelages (Cachan a une prédilection pour le Mali) et les copains irréguliers des copains réguliers.

Le CROUS finit par se ressaisir et demander l’expulsion par voie de Justice. Jugement fut rendu il y a trois ans. Mais l’exécution n’eut jamais lieu. Les organisations de gauche et alter solidaires s’y opposaient et le Maire qui les courtisent discrètement via des groupes locaux comme « Décidons Notre Ville » ( !), s’en fit un relais efficace et discret auprès du Préfet grâce à son mandat de parlementaire.

Ainsi se mettait en place un des terrains de manouvre de la nouvelle gauche dont les objectifs sont clairs : flatter l’extrême gauche et gonfler les rangs de l’extrême droite pour diviser la droite et le centre. Politique efficace puisqu’elle permit lors des dernières élections municipales de maintenir une gauche institutionnelle usée et incapable de penser l’avenir de la ville de quelques 175 voix seulement dans un fief moletto – communiste depuis près d’un siècle.

L’épisode récent dont le Maire, curieusement absent dans un premier temps alors qu’il avait forcément été informé par le Préfet, a donné toute la mesure de l’hypocrisie d’une nomenklatura qui fait profession d’être bien-pensant.

Certains expulsés avaient refusé les logements du Préfet et voulaient rejoindre le campement sous toile qui s’improvisait devant l’ancien squat. Quelle horreur pour l’image de la Ville alors qu’un quartier neuf se construit à proximité où édiles et amis risquent de se retrouver. Ainsi, la Ville a volontairement ouvert le gymnase Belle-Image pour encourager leur refus sans revêtir les formes les plus provocatrices !

Comble de l’hypocrisie ! Peu après, le 22 août, le Maire réclamait au Préfet que les familles hébergées au gymnase soient relogées « avant la soirée ». Il était temps de s’apercevoir que ce gymnase n’était pas adapté à un tel accueil et surtout que le maintien en ces lieux contraindrait la Ville à accueillir ensuite ces enfants dans les écoles de la Ville voire à loger leur famille. C’est pourquoi, revirement, le Maire déclarait que ces familles ne sauraient passer une nuit de plus dans les lieux et demandait de fait au Préfet de prendre les dispositions pour que ces familles acceptent les logements de l’Etat. Or, les avoir accueillies ainsi, c’était les avoir encouragé dans leur refus de ces logements ! Aurait-il fallu à nouveau les expulser faute d’avoir laissé l’Etat agir ? Le Préfet se contentait de rappeler l’offre faite et en fixait logiquement le terme !

Pour se dédouaner, le député et Maire, alors absent, avait délégué une adjointe qui réclamait partout « qu’on les loge » (au niveau régional !!!) De quoi ce haut fonctionnaire, vice-présidente par ailleurs de la communauté urbaine et bénéficiant depuis 17 ans d’un logement social, avait-t-elle peur tandis que, dans le même temps, tant de citoyens réguliers, plongés dans une pauvreté croissante, attendent au guichet d’un habitat social mal réparti ? Etait-elle disposée à leur donner son propre logement ?

Là, cet aspect apparemment anecdotique touche en fait le fond d’un vrai problème. Cachan compte environ 35% de logements sociaux pour une population dont le niveau de revenus dépasse la moyenne. En fait, ces logements hébergent une grande partie de l’électorat socialiste à qui est ainsi versée une rente discrète. Ainsi, il faut toujours plus de logements sociaux au point qu’un élu déclarait qu’environ 80% de la population pourrait (devrait ?) disposer d’un logement social. Il ne s’agit évidemment pas d’expulser les non ayant droits mais peut-être de dissuader le maintien en proposant des formules de rachat ou de transition de sorte que la mixité sociale ne soit pas qu’un mot vide de sens mais une réalité. Ce à quoi s’oppose la gauche vertueuse ! Mais sa nomenklatura habite les nouvelles tranches sociales tandis que les anciennes tranches plongent dans un désert sociétal toujours plus grand. Cachan est typique de cette situation alors que la ville n’appartient pas aux banlieues en très grande difficulté. Cela illustre l’étendue du malaise social et comment fonctionne son recyclage.

Lors des dernières élections, la liste que je conduisais avait longuement évoqué les relations entre la ville et les résidences universitaires dévoyées de leur finalité. Nous proposions de corriger l’erreur d’urbanisme des années 50. L’enclave universitaire, en gelant une grande surface au cour de notre cité, avait condamné Cachan à vivre sans unité. Au surplus, le Crous avait géré de manière imprévoyante ses logements. Nous avions alors compris qu’il fallait séparer le Campus universitaire strictement pédagogique des bâtiments gérés par le Crous en rendant cette parcelle à sa vocation résidentielle et en l’ouvrant sur la Ville. Le Maire a refusé cette option. La ville a de plus accepté des constructions nouvelles qui rendent désormais cette voie peu praticable.

Gestion maladroite et hypocrisie politicienne se mêlent.

Le plus grave est que les enfants derrière lesquels avancent certaines organisations dites solidaires sont en fait les premières victimes de cette impéritie. Que ces enfants soient nés pour monnayer la misère de leurs parents ou scolarisés dans des conditions précaires au détriment d’autres enfants qui subissent chaque jour un peu plus la violence qu’engendrent des politiques locales menées sans vraie humanité ni compassion, ce sont de toute façon des vies brisées et le germe de plus en plus de délinquance comme fruit de leur instrumentalisation par cette nouvelle gauche.

Attiser le vote d’extrême droite tout en cajolant les brigades volantes de la nouvelle gauche : voilà qui explique peut-être pourquoi il a fallu attendre trois ans pour qu’une décision de justice soit appliquée en été à l’avant-veille d’élections !

Le Maire socialiste agit comme s’il était étranger aux décisions qui ont conduit à cette situation et s’en prend à l’Etat, dénonçant l’inhumanité de ses adversaires et distribuant des leçons de morale alentour. Ainsi va la machine à bien penser.

Cachan, hameau homonyme volontaire de Cachant en Perse, synonyme de poésie et de rose, ainsi baptisée à la suite des documents légués par les Templiers aux Hospitaliers de Saint-Jean, voit son nom traîné dans une boue qu’il ne méritait pas. Ceci ne fait que préfigurer ce qui peut advenir de toute commune qui accepterait complaisamment de devenir le terrain de manouvre de cette nouvelle gauche qu’aucune candidate, quelque soit son discours, ne parviendra demain, une fois élue, à endiguer.

Patrice HERNU
Président du groupe UMP-UDF de Cachan
Président de France Bleue et France durable
22 août 2006

patrice.hernu@free.fr

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