7 février 2023
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Palestiniens, Israéliens : le fossé

Il devait rencontrer plus tard dans la semaine François Hollande et le Président du Sénat.
Le 5, toujours à Paris, il donnait une conférence de presse très suivi. Et on avait peine à voir dans ses propos, pourtant prudents, une réelle volonté de paix.
Le 6 Chaïm Amsallem, avocat et député du Shas depuis avril, qui appartient à 3 comités et 11 lobbies parlementaires, s’exprimait à Paris au nom du gouvernement israélien devant une dizaine de journalistes. Faisant preuve, pour sa part, d’un véritable désir de paix.
Et, pour qui voulait entendre, les différences dans les propos tenus étaient significatives.

Ahmad Qorei qualifiera ses rencontres avec le Président de la République ou autres personnalités de « chaleureuses et constructives. » Son message aura été que « la cause palestinienne perde son importance sur le plan international pour ne devenir qu’une cause humanitaire, alors que celle-ci est un élément clef sur le plan international. »
Il dresse un constat véridique en partie véridique sur la situation dans les Territoires palestiniens, « les conditions sont très dangereuses, sur le plan humain, politique et économique. Il y a une grève générale des 70.000 ou 100.000 fonctionnaires qui ne sont pas payés, ce qui est essentiel à l’économie palestinienne et des commerçants. »

Petite nuance, le nombre de fonctionnaires est évalué à 152.000 par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, O.N.G. anti-israélienne, qui estime que 6 personnes en moyenne dépendent de chaque fonctionnaire, soit un quart de la population palestinienne qu’elle estime à 3 million 600.000. Il faut noter que le Fonds Monétaire International a jugé cette proportion de fonctionnaires pléthorique. Fonctionnaires payés par des fonds venus d’Europe, des Etats-Unis et à un degré bien moindre par certains pays arabes.
Or, ce flot d’argent a cessé de couler, et Ahmad Qorei évite soigneusement de rappeler pour quelle raison les bailleurs de fond d’une Autorité qui vit très largement des subsides venus de l’étranger, ce qui en fait une assistée, ont décidé de ne plus payer : à savoir l’élection du Hamas, l’organisation clairement terroriste, qui a revendiqué maint attentat contre des civils israéliens, aujourd’hui au pouvoir.

Étonnamment, Ahmad Qorei, tout en affirmant que la victoire du Hamas a été démocratique, déclare dans le même temps que: « le Fatah a eu plus de voix mais elles ont été éparpillées… »

Par ailleurs, comme le souligne Chaïm Amsallem, avant le retrait de Gaza « 150.000 Palestiniens étaient employés par des Israéliens et sont maintenant à la rue. » Et c’est de Gaza que sont tirées régulièrement des roquettes Qassam sur le Sud d’Israël, en dépit du retrait israélien, ce qui démontre ce que sont les intentions réelles du Hamas fortement implantés dans cette région. D’où un blocus israélien pour tenter d’empêcher l’entrée d’armes supplémentaires dans la Bande de Gaza et le déplacement du soldat Gilad Shalit kidnappé. Blocus qui, toutefois, est levé pour laisser entrer vivres, médicaments, fuel ou gasoil. Ce que Ahmed Qorei s’est bien gardé de préciser.
Et c’est de Gaza, également, qu’est partie l’équipe qui a enlevé le soldat Gilad Shalit en territoire israélien. Et là où il est détenu depuis le 26 juin et dont on est sans nouvelles.

Pour Ahmad Qorei, « il n’est pas question de le relâcher sans qu’il y ait échange et de faire un cadeau [sic] à Israël… » Et d’exiger « la libération de 5 catégories de prisonniers palestiniens : les enfants [ sans préciser d’âge, or de très jeunes gens ont été arrêtés alors qu’ils avaient été transformés en bombes humaines ], les femmes, les prisonniers faits avant Oslo, les prisonniers politiques et les malades. » Paradoxal pour qui affirmait par ailleurs que les Palestiniens sont soucieux « de légalité internationale… »

Réponse de Chaïm Amsallem : « Chaque soldat est un monde entier. Nous sommes prêts à faire des sacrifices pour obtenir la paix et faire libérer nos prisonniers, pas à nous couper la tête. » Et du retrait de Gaza il dit : « pour faire un pas vers la paix nous avons déraciné des milliers de familles. On a vu le résultat : la montée du Hamas et nos villes du sud qui sont bombardées. Nous avons cédé des endroits qui étaient de petits bijoux et qu’est-ce qu’ils en ont fait ? Les Palestiniens sont gérés par des incapables et le malheur des Palestiniens ce sont leurs dirigeants qui ont toujours raté les occasions qui leur ont été données. Gaza était un laboratoire permettant de voir ce qu’ils pouvaient faire. Et on l’a vu. »

Ahmad Qorei évoquait les efforts faits pour former un gouvernement d’union nationale avec Fatah et Hamas. Qui ne pourrait être mis en place que si 3 conditions sont respectées : « le respect de la légalité internationale, à savoir les résolutions du Conseil de Sécurité et une solution basée sur deux Etats, une légalité arabe, à savoir le Plan de paix du sommet arabe de 2002 [ qui prévoit le retrait israélien jusqu’aux frontières de 1967, qui ne peut être appliqué totalement en raison des
réalités sur le terrain 30 ans plus tard, et l’application de la résolution 194 de 1948, qui demande « le retour des réfugiés qui veulent rentrer chez eux et vivre en paix avec leurs voisins », (c’est-à-dire un très petit nombre d’entre eux, étant donné que, en soutenant le terrorisme, la majorité des Palestiniens ont démontré qu’ils n’ont aucune volonté de « vivre en paix »…). Et enfin « la légalité palestinienne, donc le respect des accords passés entre l’OLP et le gouvernement israélien. »

L’ancien Premier ministre admettra que cet accord d’union n’est pas fait et « que l’on ne peut qu’espérer »…Il avait d’ailleurs évoqué par ailleurs « le conflit entre le Fatah et le Hamas. »
Par ailleurs, il réclame « le droit au retour ». Il précisera : « d’où ils viennent ». La fin d’Israël, donc? « Cela fera partie des discussions…» Il oublie ce que spécifiait la résolution 194…
Et de prôner le respect de la Feuille de Route. Il oublie que celle-ci prévoyait comme condition première « l’arrêt du terrorisme… »

Constat de Chaïm Amsallem : « Nous avons déraciné des milliers de familles à Gaza, ce qui devait être un premier pas vers la paix, car nous voulons la paix et le calme. Ehoud Olmert voulait aller plus loin…ils ont bombardé nos villes… » qui ajoute : « nous essayons de dialoguer mais nous ne voyons pas vraiment avec ui dialoguer… »
Quant à la « Guerre du Liban, » Ahmed Qorei y voit « une leçon importante pour tous qui a enterré la théorie sécuritaire d’Israël…pour la première fois il y a eu la guerre à l’intérieur d’Israël qui doit en tirer les leçons. »

Chaïm Amsallem, pour sa part, attribue le manque de vigilance qui a entraîné des erreurs d’Israël dans la conduite de cette guerre au fait que « nous avons tendance à croire que les autres aussi veulent la paix et pendant six ans [ retrait unilatéral israélien du Sud du Liban ] nous avons voulu croire qu’il y avait peut-être un Nouveau Moyen-Orient. »
Et du Liban, de l’Iran et Koffi Annan le député israélien dira : « Pendant un certain temps le Hezbollah comptait 45 % d’Iraniens, semble-t-il. Et l’Iran veut détruire Israël. On se demande dans quel monde on vit. Le monde est hypocrite. Et l’ONU a un oeil ouvert, l’autre fermé… »


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