28 janvier 2023
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Bras de fer entre le Fatah et le Hamas

Abbas va annoncer qu’il aura recours à des élections anticipées présidentielles et législatives mais laissera la porte ouverte” à la formation d’un gouvernement d’union nationale avec le Hamas, a précisé Khalida Jarar, du Comité exécutif de l’OLP.

Le Hamas a immédiatement rejeté l’appel à un scrutin anticipé en le qualifiant de “coup contre la démocratie”. “L’OLP n’est pas compétente pour décider sur quelque question palestinienne que ce soit (…), le Comité exécutif de l’OLP ne représente que lui-même et ses priorités”, a déclaré Ahmed Youssef, un proche conseiller du Premier ministre Ismaïl Haniyeh, à la chaîne qatarie arabophone Al-Jazeera. Le député Khalil Al-Hayya, à la tête du bloc parlementaire du changement et de la réforme affilié au Hamas, a annoncé que son mouvement présentera son propre candidat à des élections présidentielles anticipées si le président de l’Autorité palestinienne optait pour une telle option : « Si Abbas voyait les élections présidentielles comme le seul moyen pour sortir de l’impasse politique actuelle dans l’arène palestinienne, alors que cela se fasse ». Hayya a affirmé dans un communiqué de presse qu’Abbas avait remporté la précédente élection présidentielle car il n’y avait pas de réel compétiteur face à lui.

Les participants à la réunion de samedi 9 décembre ont toutefois expliqué qu’Abbas n’avait pas fixé de date-butoir pour la tenue de cet éventuel scrutin anticipé, un responsable proche du président évoquant une date d’ici quatre à cinq mois, si un gouvernement d’union nationale n’a pas vu le jour d’ici là. Le parlement et le gouvernement actuels resteraient en place jusqu’au scrutin, selon ce responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

En effet, appeler à de nouvelles élections serait très risqué pour Abbas, qui mettrait ainsi sa propre candidature en jeu. Il n’y a en outre aucune certitude que le Fatah fasse mieux dans un scrutin législatif qu’en janvier dernier, les sondages prédisant une nouvelle victoire du Hamas comme en janvier dernier.

Conscient du risque que représente ce choix pour le président Abbas, les dirigeants du Hamas semblent avoir opté pour le chantage. Ainsi, le vice Premier ministre de l’Autorité palestinienne et le ministre de l’éducation Nasser Al-Din Al-Shaer a affirmé que les Palestiniens devaient bloquer les tentatives malveillantes par certaines figures insatisfaites de la formation d’un gouvernement d’unité dans l’arène palestinienne. Shaer a appelé Abbas à retourner au dialogue national au point où il s’est arrêté, en ajoutant que le gouvernement du Hamas soutenait et soutient toujours la formation d’un gouvernement de coalition de tout l’éventail politique palestinien.

Cependant, toute tentative d’accord à ce sujet est bloquée par le refus du Hamas de reconnaître Israël, de reconnaître les accords signés par l’Autorité palestinienne par le passé et de renoncer au terrorisme, trois exigences de la communauté internationale pour une reprise de leur aide financière. Et les canaux discrets avec l’Egypte, le Qatar et l’Arabie saoudite qui avaient été activés pour relancer la négociation sur ce sujet se sont tous soldés par un échec.

Actuellement en visite à Téhéran, Haniyeh a de nouveau déclaré que son cabinet ne reconnaîtra jamais Israël.

A l’université de Téhéran, il a prononcé un discours enflammé devant des milliers de jeunes :

« Le fanfaron du monde [les Etats-Unis] et les sionistes veulent que nous acceptions le vol des terres palestiniennes, que nous arrêtions le Djihad et que nous reconnaissions les accords signés autrefois avec l’ennemi sioniste (…) ; cela ne se réalisera jamais. Nous continuerons le Djihad jusqu’à libération de Jérusalem ».

Au cours de sa visite, le chef du Hamas le Premier ministre palestinien a qualifié l’Iran d’« assise stratégique » des Palestiniens.

Face à ce blocage, il est certain que le président Abbas n’a d’autre choix que d’envisager la tenue d’élections anticipées ou de trancher entre le Fatah et le Hamas par voie de référendum. Dans les deux cas, c’est sa propre responsabilité qui est engagée, au risque de perdre son fauteuil.

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