3 février 2023
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Des signes ostensibles d’appartenance idéologique…

Des associations privées, fortement médiatisées, n’hésitent pas à s’infiltrer dans le milieu scolaire et à usurper le langage de la «désobéissance civique» pour imposer leur idéologie, au point de nous faire presque oublier que, chaque année, des milliers d’enfants français sont contraints de changer d’école parce que leurs parents ont déménagé, ont été mutés ou ont divorcé, sans que cela provoque l’émoi général. Un esprit malicieux ajouterait que notre système scolaire n’est malheureusement pas d’un niveau d’excellence tel que l’obligation de le quitter pour un autre engendre un préjudice irréparable.

S’il est normal, en démocratie, que les citoyens puissent avoir des opinions divergentes sur les sujets politiques, on sait que les fonctionnaires sont légalement astreints à un strict devoir de neutralité dans l’exercice de leur métier. On s’étonnerait que M. le Ministre ne réagisse pas plus fréquemment comme il en a le devoir, au nom des règles du service public, si la complaisance des pouvoirs pour les idéologues du système ne s’était illustrée en d’autres temps, notamment en période électorale. Il n’est pas rare que des enseignants soutiennent ouvertement face à leurs élèves telle ou telle « cause » politique. J’ai vu aussi des collègues syndiqués traquer les «moutons noirs» qui n’avaient pas fait grève comme eux, qui n’avaient pas défilé comme eux en scandant des slogans à la gloire de Che Guevara. Pour mémoire, on rappellera qu’au temps de Jules Ferry un professeur pouvait être sévèrement sanctionné s’il avait montré des signes d’anticléricalisme militant !

On souhaiterait donc que le pluralisme des convictions soit mieux respecté aujourd’hui, et que les associations, les syndicats, les chefs d’établissements restent à leur place, dans leurs fonctions respectives. Bien des professeurs de grand mérite avec lesquels j’ai eu la chance de sympathiser étaient scandalisés qu’on leur dise quotidiennement ce qu’ils doivent penser, contre quelles réformes ils doivent se mobiliser ou pour quel parti ils doivent voter. Je ne suis pas seul à espérer voir un jour l’Education nationale délivrée de ses groupes de pression dont l’arrogance étonne souvent nos concitoyens les moins avertis.

NB : Ce texte a été proposé il y a deux mois à la « tribune libre » d’une revue d’enseignants qui malheureusement n’a pas souhaité le publier.

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