3 février 2023
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Mahomet et les juifs

Le 11 février 624, une révélation divine enjoint à Mahomet et à ses disciples de modifier la prière rituelle : elle se fera désormais en se tournant non plus vers Jérusalem mais vers la pierre noire de la Kaaba (2), le sanctuaire des idolâtres de La Mecque.

Au printemps 624, à l’approche d’une caravane particulièrement riche en provenance de Syrie, Mahomet décide de l’attaquer. Mais ses plans sont déjoués par un espion.

Les Mecquois du clan des riches Koraishites dépêchent une armée au secours de leur caravane. C’est la bataille du puits de Badr, qui voit la victoire des musulmans malgré leur infériorité numérique. À son retour triomphal de la bataille de Badr, Mahomet ordonne l’exécution de deux prisonniers mecquois qui s’étaient montrés particulièrement virulents à l’égard du Prophète et de ses disciples.

Mahomet remarque par ailleurs que les juifs de Médine se sont tenus à l’écart de la bataille. Son dépit à leur égard n’en devient que plus grand. C’est ainsi que de nouvelles révélations divines l’amènent à remodeler le calendrier. Elles précisent en particulier que le jeûne musulman se pratiquera pendant le mois de ramadan, celui durant lequel se déroula la bataille de Badr. Les interdits alimentaires exprimés dans les révélations faites au Prophète restent quand à eux assez semblables à ceux des juifs.

Le fossé se creuse entre les juifs de Médine et la communauté des croyants. Trahisons, violences et médisances alimentent la zizanie, malgré le code de bonne conduite établi lors de l’arrivée de Mahomet.

Peu après la bataille de Badr, un incident met le feu aux poudres. Une ou plusieurs musulmanes sont molestées au marché par des juifs de la tribu des Banu-Kainuka. Échauffourée, meurtres de part et d’autre. Le chef de la tribu mise en cause refuse de payer l’amende réglementaire aux parents des victimes musulmanes. La tribu est assiégée par le Prophète et ses disciples et, au bout de deux semaines, contrainte de leur livrer ses immenses biens et d’émigrer.

Un peu plus tard, le 21 mars 625, lors de la fameuse bataille d’Ohod entre Mecquois et Médinois, la deuxième tribu juive, celle des Banu-Nadhir, se voit reprocher de soutenir les habitants de La Mecque. Elle est chassée vers le nord après un long siège et une violente bataille contre les musulmans.

Tandis que les musulmans poursuivent la guerre contre les Koraishites de La Mecque, Mahomet s’irrite de plus en plus du manque de soutien des juifs de Médine à son égard. La crise arrive à son terme en 627, après la « bataille du fossé » qui met une dernière fois aux prises Mecquois et musulmans de Médine.

Sorti vainqueur du siège, Mahomet décide d’en finir avec les juifs de la troisième et dernière tribu de Médine, les Banu-Kuraiza, qu’il accuse (ce qui est vrai) d’avoir soutenu les assaillants. Sur son ordre, les musulmans décapitent 600 à 700 hommes et les ensevelissent dans une grande fosse de la place du marché de Médine. Ils se partagent les biens de la tribu, ainsi que les femmes et les enfants.

Notes


(1) L’islam se range de façon incontestable parmi les trois grandes religions monothéistes (fondées sur la foi en un Dieu unique), aux côtés du judaïsme et du christianisme. Mais ce n’est pas, comme on le prétend parfois, une «religion du Livre» (le Livre en question étant la Bible). Selon l’islam, la Révélation divine tient en quatre livres successifs: la Torah de Moïse, les Psaumes de David, les Évangiles de Jésus, enfin le Coran de Dieu lui-même. Chaque livre complète… et annule les précédents.
Le seul livre que l’islam considère donc comme valide est le Coran. Celui-ci évoque les grandes figures de la Bible, Abraham, Moïse et même Jésus et Marie, mais dans des termes qui n’ont rien à voir avec le texte biblique. «Dans l’islam, le corpus biblique est totalement remanié pour lui faire dire autre chose que son sens initial. La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie», rappelle le philosophe René Girard (La Vie, n°3039, 27 novembre 2003, page 50).

(2) Kaaba : le mot signifie en arabe construction cubique. Il a la même origine que le mot grec kubos, dé à jouer, qui a donné cube en français. La Kaaba a fini par désigner un édifice sacré, à la Mecque, dans la péninsule arabe, qui renferme une pierre noire d’origine mystérieuse (probablement une météorite).

Avant la prédication de Mahomet, la Kaaba contenait aussi plusieurs idoles dont une représentation du dieu Allah et de ses trois filles, al-Uzza, al-Lat et Manat (qualifiées parfois de déesses sublimes).

Selon les musulmans orthodoxes, qui révèrent toujours la pierre noire, la Kaaba aurait été initialement construite par des anges puis reconstruite par Adam, par son fils Seth, ensuite par Abraham et son fils Ismaël,… C’est un édifice de 13 mètres de long, 12 de large et 17 de haut au centre d’un enclos bordé de portiques, le Masjid al-Haram, ou mosquée sacrée. C’est autour de lui que se déroule le pèlerinage annuel des musulmans et c’est vers lui que les musulmans se tournent pour la prière, depuis le 11 février 624.


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