29 janvier 2023
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Cohérences

Au moment où la Chine et l’Inde s’engagent dans un vigoureux programme nucléaire, où les Américains et les Anglais vont construire de nouvelles centrales, va-t-on faire le chemin inverse et de surcroît priver notre industrie de l’exportation de nos compétences ? Songez que l’usage du nucléaire nous fait aujourd’hui économiser chaque année 18 milliards d’euros sur la facture pétrolière (18 milliards, c’est le double du budget que nous consacrons à nos universités !).

On nous dit qu’on substituera au nucléaire des énergies nouvelles. Mais lesquelles ?

Le solaire ? On ne sait pas faire de centrales, même si cette source sera utile à l’échelle des habitations.

La géothermie ? Hors des territoires d’outre-mer, elle ne sera jamais une source d’énergie électrique première, même autour des volcans d’Auvergne.

La biomasse ? C’est une énergie chère, à faible rendement, qui dégage du CO2 et dont le qualificatif d’énergie propre est abusif.

Reste l’éolienne, aujourd’hui populaire, malgré son coût élevé et la détérioration visuelle et sonore qu’elle inflige à l’environnement. Imaginez-vous le TGV Paris-Marseille alimenté par des éoliennes et s’arrêtant soudainement à Montélimar ou à Valence pour cause de panne de mistral ?

Bien qu’il y ait encore des problèmes à résoudre dans l’énergie nucléaire pour le retraitement des déchets, c’est aujourd’hui la source d’énergie la plus écologique. Le nucléaire va nous permettre d’accélérer l’indispensable mutation automobile vers les véhicules électriques ou hybrides en permettant de recharger les batteries sans rien polluer.

Loin de vouloir diminuer le nucléaire, il faut au contraire le développer vigoureusement, intensifier les recherches tant en ce qui concerne les destructions des déchets à vie longue que la maîtrise de la technologie des surgénérateurs.

Seconde grande question, celle des OGM. Notre industrie agroalimentaire est notre second poste d’exportation. Notre agriculture est l’une des plus actives du monde et nous avons raison de la défendre à l’OMC.

Mais aujourd’hui cette agriculture utilise massivement engrais, insecticides et pesticides et consomme beaucoup d’eau. Si l’on veut avoir une agriculture qui produise des aliments sans adjuvants chimiques, mais qui reste compétitive, il faut obligatoirement faire appel à des OGM. C’est le seul moyen d’éviter d’utiliser pesticides et insecticides, de cultiver du maïs qui consomme moins d’eau et résiste à la sécheresse, et qui permettra, à terme, de diminuer l’usage des engrais. La vraie agriculture propre passe par les OGM ! Le monde entier développe cette agriculture OGM, qui représente aujourd’hui 20 % de la production mondiale. Allons-nous continuer à les interdire, nous qui avons été les pionniers dans cette technologie ?

Si on généralisait la culture appelée improprement bio, la baisse des rendements qu’elle implique aurait pour conséquence non seulement la perte de compétitivité de notre agriculture, mais induirait à l’échelle mondiale une destruction obligatoire de la forêt. Si nous avions le niveau de productivité de 1950 (une culture prétendument bio), il faudrait défricher 24 millions de kilomètres carrés de forêts pour répondre aux besoins alimentaires actuels. Cette superficie correspond à l’essentiel des zones sauvages d’Europe et des Etats-Unis !

Voilà les réalités.

La réponse aux défis écologiques, c’est le nucléaire et les OGM, c’est là que se trouve l’essor de notre industrie et de notre agriculture, et donc de notre croissance. Ceux qui ont signé – sans le lire – l’irresponsable pacte dit écologique de M. Hulot doivent dire clairement qu’ils ne l’appliqueront pas*.

* Lire l’excellent livre de Cécile Philippe, « C’est trop tard pour la Terre », Lattès.

© Le Point

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