6 février 2023
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Législatives : l’étranglement silencieux

Ce calcul est, de toutes façons, très hasardeux, car rien n’assure que les électeurs seront cohérents dans leur choix et ils pourraient fort bien rectifier ce choix en envoyant à l’assemblée une majorité hostile au nouveau président élu. Passons cependant sur ce point et admettont une cohérence éventuelle.

Encore faut-il que le Président nouvellement élu puisse présenter à la députation des personnes présumées favorables à sa politique future. Or, les futurs députés éventuels doivent se déclarer pour le 27 mai : c’est évidemment une prime manifeste pour la « bande des deux » au détriment des moyens et petits candidats à l’élection présidentielle.

En effet, le deuxième tour de cette élection présidentielle est le 6 mai : c’est à cette date que sera connu le nom du futur Président de la république. J’ignore quand aura lieu la passation des pouvoirs mais il est probable qu’il y aura encore quelques jours de battement avant cette passation des pouvoirs.

Il en résulte qu’en fait le nouveau Président n’aura aucune possibilité ni aucun temps disponible, avant le 27 mai, pour peser sur le choix dans toutes les circonscriptions de députés éventuels prêts à porter ses couleurs.

Il faut, dans un délai ridicule, sélectionner des personnes désireuses de se présenter, ayant les qualités voulues, avec, le cas échéant, des moyens financiers. En outre, il est nécessaire de mener des négociations, quelle que soit la sévérité de jugement qu’appelent ces pratiques parfois détestables. Une circonstance s’ajoute ; pour un parti, s’il renonce à présenter un candidat dans une circonscription, il perd une partie de sa richesse puisque le financement public est calculé sur le nombre de voix obtenues au premier tour. Ce mécanisme, parmi tant d’autres, d’enrichissement personnel des politiques est littéralement odieux.

Seuls les « grands » partis à la disposition des « grands » candidats de la bande des deux sont capables en temps utile de proposer une liste couvrant toutes les circonscriptions. Ils ne manquent pas, au demeurant, depuis des mois de plancher sur le problème. Si nous n’en entendons pas beaucoup parler, c’est tout simplement que la presse et les médias sont absorbés uniquement par l’élection majeure, celle de la Présidence de la république.

A contrario, un nouveau candidat à l’élection présidentielle ou un « petit » candidat n’a aucune chance, s’il est élu au poste suprême, d’arriver à promouvoir une liste de futurs députés, ceci pour disposer dans l’assemblée d’une majorité pouvant l’aider dans la réalisation de son programme. Déjà épuisé par la lutte qu’il aura du mener pour franchir tous les barrages organisés contre lui, il se trouvera devant une assemblée hétécoclite et plutot hostile. Une nouvelle cohabitation est inévitable.

C’est tellement vrai que l’un des arguments qu’agitent sans cesse les « grands » candidats à l’élection présidentielle est d’accuser leurs concurrents de n’avoir aucune chance de pouvoir gouverner puisqu’ils se trouveront devant des assemblées qui leur seront a priori hostiles. Le chiffon rouge de cette nouvelle cohabitation est donc agitée avec tous les inconvénients d’un immobilisme politique.

Nous sommes bien devant un étranglement silencieux de toute forme d’opposition.

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